À Ottawa, les conservateurs veulent scruter les dépenses technologiques des libéraux

Les libéraux se sont défendus d’allégations de dépenses partisanes lors des dernières périodes de questions avant le congé estival, à la fin juin.
Photo: Adrian Wyld Archives La Presse canadienne Les libéraux se sont défendus d’allégations de dépenses partisanes lors des dernières périodes de questions avant le congé estival, à la fin juin.

L’opposition officielle à Ottawa demande au comité de la Chambre des communes sur l’éthique de se réunir d’urgence cet été pour déterminer si des députés libéraux ont enfreint les règles en utilisant de l’argent public pour se payer les services d’entreprises qui gèrent la « Libéraliste », leur base de données recueillies à des fins partisanes.

Les députés conservateurs Michael Barrett, Jacques Gourde et Colin Carrie, tout comme la députée du Bloc québécois Marie-Hélène Gaudreau, ont signé conjointement une lettre alléguant que 95 % des députés libéraux ont versé plus de 30 000 $ à Data Sciences, une compagnie montréalaise derrière les activités numériques de la campagne libérale. Ces fonds proviennent du budget de fonctionnement de leurs bureaux.

Ces élus demandent au président du Comité permanent de l’accès à l’information, de la protection des renseignements personnels et de l’éthique de convoquer une réunion d’urgence pour « discuter de l’utilisation des députés libéraux de l’argent des contribuables pour subventionner leurs activités politiques ».

Allégations de dépenses partisanes

Le quotidien The Globe and Mail a rapporté lundi qu’en plus de Data Sciences, la firme américaine NGP VAN aurait reçu un million de dollars du bureau de recherche du Parti libéral et de députés individuels pour des services à leurs bureaux de circonscription. Cette entreprise détient le logiciel utilisé sous licence pour faire fonctionner la base de données partisane du Parti libéral du Canada.

Une vérification faite par Le Devoir permet de confirmer que de nombreux députés libéraux ont versé des sommes à NGP VAN en 2020. Dans certains cas, plusieurs centaines de dollars ont été déboursées pour l’achat de « services professionnels de communication » ou encore pour l’obtention d’un logiciel sous licence.

Les libéraux se sont défendus de ces allégations de dépenses partisanes lors des dernières périodes de question avant le congé estival, à la fin juin. « La technologie qui est évoquée ici est utilisée par le député pour aider à gérer le travail de circonscription, et c’est tout », avait répondu en Chambre le chef du gouvernement, Pablo Rodriguez.

Le 22 juin, le premier ministre Justin Trudeau a aussi défendu ces dépenses, arguant que « les députés font un travail important pour répondre aux problèmes de leurs constituants, et cette base de données est utilisée exclusivement pour ces enjeux de la circonscription ». Il a assuré que toutes les règles ont été suivies, tant dans l’attribution du contrat que dans l’utilisation de la technologie.

Au début du mois de juin, Radio-Canada a révélé que le gouvernement libéral a cessé d’utiliser la « Libéraliste » dans le processus de sélection des juges. Et ce, même si le gouvernement a longtemps défendu cette pratique.

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