Erin O’Toole permettra un vote libre sur l’avortement

Le caucus conservateur compte 50 élus pro-vie parmi ses 120 députés — soit 40% de l’équipe.
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Le caucus conservateur compte 50 élus pro-vie parmi ses 120 députés — soit 40% de l’équipe.

Le chef conservateur permettra à ses troupes de voter comme elles le souhaitent sur un projet de loi déposé par l’une de ses députés et portant sur l’avortement. Une décision qui a réjoui l’un des principaux groupes pro-vie du Canada.

La députée de Saskatchewan, Cathay Wagantall, a déposé un projet de loi d’initiative parlementaire l’an dernier qui érigerait en infraction criminelle le fait, pour un médecin, de pratiquer un avortement s’il sait qu’il « est fondé uniquement sur le sexe génétique de l’enfant ». Les médecins pratiquant un avortement sexo-sélectif seraient passibles d’une peine de prison d’un maximum de cinq ans.

Le projet de loi C-233 devait être débattu une première fois en fin de journée mercredi. Le groupe pro-vie Right Now a annoncé en matinée que le bureau du chef conservateur, Erin O’Tool, lui a garanti que tous les députés du parti pourront voter librement le moment venu, probablement à la mi-mai. Une information confirmée à l’interne au Parti conservateur.

Le cofondateur et président de Right Now, Scott Hayward, a remercié le chef O’Toole de respecter ainsi sa promesse de permettre des votes libres sur les questions de conscience. « Cet engagement d’Erin [O’Toole] auprès des militants pro-vie du Parti conservateur du Canada pendant la course à la chefferie représentait l’une des différences principales entre sa candidature et celle de Peter MacKay », a rappelé M. Hayward, dont les militants et d’autres aux mêmes convictions ont contribué à l’élection de M. O’Toole l’an dernier. L’organisme Right Now œuvre à faire élire des députés et à recruter des adjoints politiques pro-vie à Ottawa.

M. Hayward s’est cependant désolé du fait que M. O’Toole — lui-même pro-choix — n’a pas l’intention d’appuyer C-233. Lors de la course à la chefferie, le chef avait promis de ne jamais voter pour une interdiction de l’avortement.

Le PCC sur la défensive à nouveau

Le caucus conservateur compte 50 élus pro-vie parmi ses 120 députés — soit 40 % de l’équipe. Ceux-ci demeurent grandement minoritaires au sein de la Chambre des communes, qui rassemble 338 députés. Le projet de loi de Mme Wagantall, qui avait été déposé sous le leadership de l’ancien chef, Andrew Scheer, sera donc probablement défait malgré le vote des conservateurs pro-vie. Mais l’exercice attirera de nouvelles critiques pour le parti et son chef.

Le premier ministre Justin Trudeau a d’ailleurs profité de la période des questions mercredi pour reprocher aux conservateurs d’avoir autorisé le dépôt d’un projet de loi sur l’avortement par l’une de leurs députés. « Nous allons toujours défendre les droits des femmes, tandis que les politiciens conservateurs essaient de les restreindre », a dit M. Trudeau.

À la veille du congrès du Parti conservateur, le mois dernier, les militants pro-vie avaient essayé de mettre en avant des résolutions afin de faire modifier la position du parti sur l’avortement. Ces démarches de la Campaign Life Coalition avaient été écartées par le parti avant de pouvoir être débattues. Mais là encore, les rivaux politiques des conservateurs en avaient profité pour dénoncer ces positions de la frange sociale du PC.

L’avortement sexo-sélectif de fœtus féminins est souvent dénoncé par les groupes pro-vie. Le phénomène se pratique en Inde, en Chine et en Corée. Au début des années 2000, une étude avait démontré que la pratique avait peut-être été importée au Canada par les ressortissants de ces pays.

À voir en vidéo