Joe Biden et Justin Trudeau ont eu leur première discussion au téléphone vendredi

Le premier appel téléphonique du 46e président américain, Joe Biden, avec un dirigeant étranger a eu lieu vendredi avec le premier ministre Justin Trudeau.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Le premier appel téléphonique du 46e président américain, Joe Biden, avec un dirigeant étranger a eu lieu vendredi avec le premier ministre Justin Trudeau.

L’administration de Joe Biden a beaucoup en commun avec le Canada, a déclaré vendredi Justin Trudeau, tandis qu’il appelait les gens à regarder au-delà de la décision du nouveau président américain d’abandonner l’autorisation du projet d’oléoduc Keystone XL.

Les deux pays ont un grand potentiel de partenariat à l’ère Biden, en particulier lorsqu’il s’agit d’une vision commune de la lutte contre le changement climatique tout en alimentant la croissance économique, a déclaré le premier ministre.

« Ce ne sera pas toujours un alignement parfait avec les États-Unis ; c’est le cas avec n’importe quel président », a-t-il affirmé lors d’un point de presse devant sa résidence de Rideau Cottage.

« Dans une situation où nous sommes beaucoup plus alignés — sur des valeurs, sur des priorités, sur le travail qui doit être fait pour donner des opportunités à tout le monde pendant que nous construisons un avenir meilleur — j’ai très hâte de travailler avec le président Biden. »

Si la décision de Joe Biden de bloquer le projet d’expansion du pipeline Keystone XL était censée sonner le glas des relations entre le Canada et les États-Unis, la liste d’appels du nouveau président semblait indiquer le contraire.

Le premier appel téléphonique du 46e président avec un dirigeant étranger a eu lieu vendredi avec le premier ministre Trudeau.

Le projet Keystone XL, proposé pour la première fois en 2008, a rebondi à la Maison-Blanche au fil des ans : il a été bloqué tout au long des deux mandats de Barack Obama avant d’être carrément annulé en 2015, puis ressuscité à deux reprises par M. Trump.

M. Trudeau a salué les autres initiatives de Biden, notamment le retour dans l’accord de Paris, un moratoire sur le forage pétrolier et gazier dans l’Arctique et l’annulation de l’interdiction d’entrée au pays pour les ressortissants de certains pays à majorité musulmane.

En vérité, personne au sein du gouvernement libéral n’a laissé entendre que la décision était susceptible d’entraver les négociations sur d’autres grandes priorités canado-américaines, comme l’obtention d’exemptions aux dispositions « Buy American » promises par M. Biden.

Il a fallu au Canada près d’un an pour négocier des dérogations à des règles similaires en 2010, lorsque l’administration de Barack Obama se préparait à dépenser plus de 800 milliards $ pour se remettre de la Grande Récession.

Le plan de M. Biden, visant à s’assurer que les Américains sont les premiers bénéficiaires des efforts du gouvernement pour se remettre de la pandémie de COVID-19, inclura également un bureau « Buy American » opérant directement depuis la Maison-Blanche.

Il comprendra aussi des décrets pour appliquer, élargir et resserrer davantage les dispositions, une stratégie pour rendre les produits américains plus compétitifs et élargir la liste des « matériaux critiques » qui doivent être fabriqués aux États-Unis.

La nouvelle administration héritera également d’une querelle alimentée par M. Trump entre les producteurs laitiers américains et canadiens, avec toutes les caractéristiques du différend sur le bois d’œuvre.