Ottawa annoncera bientôt des mesures additionnelles pour décourager les voyages

Pour l’instant, une quarantaine de deux semaines est obligatoire pour tous les voyageurs qui reviennent de l’étranger et des pénalités sévères sont prévues pour les contrevenants.
Photo: Justin Tang La Presse canadienne Pour l’instant, une quarantaine de deux semaines est obligatoire pour tous les voyageurs qui reviennent de l’étranger et des pénalités sévères sont prévues pour les contrevenants.

Le gouvernement fédéral compte présenter des mesures additionnelles pour décourager les Canadiens de voyager dans les prochains jours. Des délais qui pourraient être attribuables à des discussions qui sont en cours avec la nouvelle administration aux États-Unis.

« Nous sommes en discussion avec eux [les Américains] et nous allons continuer de travailler avec eux pour créer une symétrie […]. Des lacunes existent parce que les Américains n’avaient pas imposé de restrictions sur les vols internationaux entrant aux États-Unis », a révélé le ministre fédéral de la Sécurité publique, Bill Blair, lors d’une conférence de presse virtuelle vendredi.

« Donc nous allons travailler avec les Américains pour développer de nouvelles mesures réciproques qui pourront davantage protéger les Canadiens également », a poursuivi le ministre Blair.

Le premier ministre Justin Trudeau a été pressé par les premiers ministres des provinces, lors de son appel avec eux la veille, pour imposer de nouvelles mesures plus contraignantes aux Canadiens qui cherchent à s’évader dans le Sud pendant la semaine de relâche, ce printemps.

Ces craintes sont exacerbées par le fait que de nouveaux variants de COVID-19 plus contagieux ont commencé à faire leur apparition au Canada. En date de vendredi, 31 cas du variant du Royaume-Uni et trois cas du variant d’Afrique du Sud avaient été détectés au Canada.

Le premier ministre du Québec, François Legault, a notamment conseillé à M. Trudeau d’imposer une quarantaine obligatoire supervisée à l’hôtel aux frais des voyageurs qui arrivent de l’étranger, une mesure qui est déjà en vigueur en Nouvelle-Zélande. Québec songe à le faire si Ottawa ne va pas de l’avant.

« C’est une possibilité qu’on est en train de regarder », a répondu M. Trudeau lorsque la question lui a été posée par un journaliste, vendredi.

« Comme j’ai dit aux premiers ministres (jeudi soir), on est en train de regarder toutes sortes de nouvelles mesures qu’on pourrait amener pour assurer qu’on est en train de protéger les Canadiens et décourager les voyages non essentiels », a-t-il ajouté.

Son ministre des Affaires intergouvernementales, Dominic LeBlanc — qui n’a pas pris part à l’appel de jeudi avec les premiers ministres provinciaux, trop occupé à réagir à la démission de la gouverneure générale Julie Payette — a soutenu que le gouvernement fédéral aurait « probablement des précisions à donner dans les prochains jours ». Il a dit que le conseil des ministres discute « activement » de quelques options.

Le premier ministre canadien a averti que ces nouvelles mesures pourraient être annoncées sans préavis et « rendre beaucoup plus difficile le retour vers le Canada ».

Pour l’instant, une quarantaine de deux semaines est obligatoire pour tous les voyageurs qui reviennent de l’étranger et des pénalités sévères sont prévues pour les contrevenants. Les voyageurs sont aussi tenus, depuis le 7 janvier, de présenter un test de dépistage de COVID-19 négatif moins de 72 heures avant leur départ.

Cette mesure la plus récente a déjà forcé de nombreux voyageurs à annuler leurs plans de voyage.

Depuis jeudi, deux ministres fédéraux se sont réjouis publiquement que 50 000 réservations de voyages avaient été annulées depuis l’instauration du test négatif obligatoire. Transports Canada n’a pas voulu confirmer ce chiffre ; une porte-parole a indiqué à La Presse canadienne que cette information, pourtant dévoilée par deux ministres, est « commercialement sensible ».

Vendredi, la ministre fédérale de la Santé, Patty Hajdu, a tout de même tenu à remercier ces nombreuses personnes qui ont fait une croix sur leurs voyages.

« Je veux remercier les Canadiens qui ont annulé leurs plans (de voyage), qui ont entendu les préoccupations non seulement du gouvernement, mais aussi de tous les Canadiens qui disent : s’il vous plaît […] restez à la maison. […] Ça démontre que les gens comprennent que c’est une situation délicate dans laquelle le Canada se trouve et que les gens nous écoutent », a-t-elle dit.

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