Les stratégies du Québec et de l’Ontario s’équivalent, estime Trudeau

Le premier ministre du Canada, qui réside à un jet de pierre de la frontière entre le Québec et l’Ontario, n’a exprimé aucune préférence entre le couvre-feu québécois et l’ordre de rester à la maison du premier ministre ontarien, Doug Ford.

« L’important, c’est de réduire les contacts, de rester à la maison ou d’avoir un couvre-feu, de limiter les déplacements, d’éviter les rassemblements. Ce sont tous des moyens de réussir à réduire nos contacts. […] Je pense que ce but de réduire les contacts, c’est partagé par les gouvernements à travers le pays », a diplomatiquement répondu Justin Trudeau, lorsqu’il lui a été demandé de dire quelle était la meilleure approche provinciale pour lutter contre la COVID-19, lors d’un point de presse vendredi.

Depuis jeudi, l’Ontario exhorte ses citoyens à rester à la maison en tout temps, sauf pour des déplacements essentiels et une longue liste d’exceptions qui comprend par exemple les promenades et les rencontres extérieures de cinq personnes ou moins. Lors de l’annonce de cet « ordre de rester à la maison », le premier ministre ontarien, Doug Ford, s’est lancé dans une attaque en règle contre l’idée d’imposer un couvre-feu comme au Québec, une approche qu’il juge trop restrictive.

L’important, c’est de réduire les contacts


« Après 20 h, vous voyez ce qui se passe au Québec, les routes sont vides. Je n’ai jamais été pour le couvre-feu [parce que] c’est un sévère, sévère confinement », a expliqué Doug Ford mardi, tout en soulignant que sa province n’était jamais allée aussi loin en matière « d’État policier ».

Depuis le 9 janvier, il est interdit de circuler à l’extérieur au Québec la nuit, entre 20 h et 5 h, sauf pour des déplacements essentiels. Ceux qui bravent cet interdit s’exposent à des amendes allant de 1000 $ à 6000 $.

Des mesures strictes efficaces

Les autorités de santé fédérales se sont dites favorables à l’instauration de mesures sanitaires plus restrictives, au moment de présenter le plus récent bilan qui témoigne de hausses importantes des infections à la COVID-19, imputables aux rassemblements durant les Fêtes. Sans une baisse du nombre de contacts, la situation sanitaire pourrait devenir hors de contrôle au pays, en particulier en Ontario et au Québec, avertissent les responsables.

« Si les mesures de santé publique ne sont pas intensifiées, nous ne serons pas en mesure de freiner suffisamment le taux de croissance épidémique », prévient le Dr Howard Njoo, sous-administrateur en chef de la Santé publique fédérale.

Des comparaisons internationales font dire au médecin que les confinements plus stricts fonctionnent, avec pour exemple la France, qui a réussi à faire baisser son nombre d’infections à l’automne. Ce pays imposera d’ailleurs, dès samedi, un couvre-feu dès 18 h sur l’ensemble de son territoire. Au contraire, un assouplissement des règles en Irlande a causé une catastrophe sanitaire, selon les données présentées par la Santé publique.

Il est à noter que l’effet du couvre-feu, au Québec, et de l’ordre de rester à la maison, en Ontario, est trop récent pour avoir eu le temps de donner des résultats.

« J’espère pour le Québec que le couvre-feu et les autres mesures fonctionnent », a laissé tomber le Dr Njoo, qui souligne avoir remarqué que les responsables de la santé publique et le personnel du réseau de la santé québécois sont découragés et épuisés.

Jusqu’à maintenant, 689 000 cas de COVID-19 ont été déclarés au Canada, dont 23 cas du nouveau variant rapporté pour la première fois au Royaume-Uni, et 2 cas du variant détecté en Afrique du Sud.

Prévisions de la progression de la COVID-19 au Canada

Source: Agence de la santé publique du Canada
En date du 6 janvier 2021 | Méthodes: Anderson SC et al. 2020. Estimating the impact of COVID-19 control measures using a Bayesian model of physical distancing.