Grève au port de Montréal: le Québec et l’Ontario demandent l’intervention du fédéral

Photo: Jacques Nadeau Le Devoir

Les gouvernements du Québec et de l’Ontario demandent au gouvernement fédéral d’« intervenir » afin que le conflit au port de Montréal « se règle ».

Des ministres des deux gouvernements viennent d’adresser une lettre conjointe au gouvernement fédéral à cet effet, après des sorties publiques de représentants d’associations d’employeurs.

Une grève générale et illimitée a été déclenchée le 10 août par le syndicat des 1125 débardeurs, rattaché au Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), affilié à la FTQ.

Dans leur lettre conjointe, les ministres se disent « extrêmement préoccupés », puisque 19 000 emplois « directs, indirects et induits » dépendent du port de Montréal. Ils rappellent qu’on en est à « une étape cruciale de la relance économique » après le plus fort de la crise du coronavirus.

Interrogé à ce sujet lundi à Montréal, alors qu’il participait à une conférence de presse sur un autre thème, le ministre québécois du Travail et de l’Emploi, Jean Boulet, s’est bien gardé de s’immiscer dans la gestion des relations de travail au palier fédéral — puisque le port de Montréal relève du gouvernement fédéral.

« Ça demeure une pression amicale » sur le fédéral, a-t-il lancé, en ajoutant que si le conflit continuait, il était quand même « important de souligner ce que ça peut avoir comme conséquences ».

« Dans le respect des juridictions » fédérales et provinciales, « je n’ai pas l’intention de dicter quand et comment intervenir », a-t-il réitéré.

Néanmoins, le ministre Boulet a redit son inquiétude à l’égard des répercussions de cette grève dans une infrastructure aussi stratégique que le port, par lequel transitent des denrées alimentaires, des matières premières, des équipements et autres.

Le ministre Boulet dit être en contact constant avec son homologue fédérale, Filomena Tassi. La semaine dernière, celle-ci a semblé fermer la porte à une loi spéciale, pour le moment, en affirmant que la solution passe par une négociation entre les parties patronale et syndicale. Les services de médiation du gouvernement fédéral sont disponibles, avait-elle réitéré.

Lundi, Mme Tassi a essentiellement livré le même message dans une déclaration écrite.

« Notre gouvernement croit au processus de négociation collective, car nous savons que les meilleures ententes sont conclues à la table de négociation, et nous nous attendons à ce que les deux parties continuent de travailler ensemble pour parvenir rapidement à une entente », a-t-elle de nouveau affirmé.

Le gouvernement fédéral se trouve dans une situation délicate, puisque la Cour suprême a statué, dans un arrêt historique rendu en 2015, la protection constitutionnelle dont jouit le droit de grève au Canada.

Le premier vote de grève du syndicat des débardeurs date de décembre 2018. Ce n’est cependant que récemment que ceux-ci ont pu l’exercer, à la suite d’un jugement du Conseil canadien des relations industrielles touchant les services essentiels à assurer durant la grève. Ce tribunal quasi-judiciaire avait tenu plusieurs journées d’audiences, durant des mois, à la demande de l’Association des employeurs maritimes, avant de statuer sur ces services essentiels.

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