Andrew Furey devient premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador

Andrew Furey, un chirurgien orthopédiste, l’a emporté face à son unique rival, l’ex-fonctionnaire John Abbott.
Photo: Paul Daly La Presse canadienne Andrew Furey, un chirurgien orthopédiste, l’a emporté face à son unique rival, l’ex-fonctionnaire John Abbott.

Andrew Furey, un médecin issu d’une famille de politiciens qui n’était pas lui-même député, devient le nouveau premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, au moment où la province encaisse les contrecoups de la pandémie et de la chute des prix du pétrole.

M. Furey est sorti vainqueur de la course à la direction du parti libéral provincial, lundi, devenant de facto le premier ministre désigné de la province. Le chirurgien orthopédiste l’a emporté face à son unique rival, l’ex-fonctionnaire John Abbott, qui préside la section provinciale de l’Association canadienne pour la santé mentale.

Même s’il n’avait jamais occupé de poste électif auparavant, l’homme de 45 ans est un visage connu à Terre-Neuve-et-Labrador en raison de ses œuvres caritatives et des attaches politiques de sa famille.

Son père George Furey est l’actuel président du Sénat du Canada et son oncle Chuck Furey a été ministre provincial.

Andrew Furey est lui-même reconnu pour avoir fondé l’organisme à but non lucratif Team Broken Earth à la suite du séisme de 2010 en Haïti et pour avoir mis sur pied la fondation pour la santé mentale A Dollar A Day avec l’homme d’affaires Brendan Paddick et le musicien Alan Doyle.

Le père de trois enfants bénéficiait de l’appui du caucus libéral.

L’« assemblée de couronnement » au Centre des congrès de Saint-Jean est restée sobre lundi soir. Seulement 50 personnes étaient admises en raison des restrictions sanitaires, dont les responsables du parti, des médias et d’autres membres du personnel. Chaque candidat avait droit à cinq invités.

Le premier ministre sortant Dwight Ball s’est pour sa part adressé à ses partisans et aux Terre-Neuviens depuis Deer Lake, sur la côte ouest de l’île.

Dans son discours de victoire, M. Furey a appelé la population à se tenir unie face aux temps durs à venir. De « décisions difficiles » devront être prises, a-t-il prévenu, sans toutefois en préciser la nature.

Il a évoqué la situation financière difficile dont il héritera en tant que 14e premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador. La province a affiché un déficit de 2,1 milliards $ dans sa mise à jour économique du mois dernier, en hausse de 1,35 milliard $ par rapport au budget de l’an dernier.

M. Furey devra également faire face à une éventuelle augmentation des tarifs d’électricité en raison des dépassements de coûts du barrage de Muskrat Falls, en plus des difficultés de l’industrie des hydrocarbures extracôtiers qui peine à attirer les projets d’exploration.

M. Furey a laissé savoir que des négociations le soutien financier de la province par Ottawa constituent une autre de ses priorités.

Dwight Ball avait annoncé sa démission en février dernier, mais la course pour nommer son remplaçant a été suspendue en mars en raison de la pandémie, alors que la province déclarait l’état d’urgence en matière de santé publique.

Les élections ont repris en juin, après la levée de certaines restrictions sur les rassemblements.

Selon des responsables du parti, plus de 21 000 membres et sympathisants libéraux ont voté par téléphone ou en ligne. Selon le système de points qui comptabilise le nombre de districts remportés, M. Furley a doublé le score de M. Abbott.

Avant même le dévoilement des résultats, ce dernier a toutefois réclamé un audit indépendant du scrutin. M. Abbott affirme qu’il ne conteste pas son issue, mais que son équipe est préoccupée par plusieurs lacunes dans le processus de vote, comme le fait que certains électeurs inscrits n’auraient pas reçu leur numéro d’identification personnel et qu’ils n’auraient pas pu accéder à une ligne d’aide.

« Quand on élit le premier ministre de la province, il faut avoir un processus impeccable », a-t-il avancé.

Le Parti libéral a soutenu que ces problèmes « étaient isolés et prévisibles, et qu’ils ont été gérés dès qu’ils sont apparus ».

Le premier ministre canadien Justin Trudeau a félicité M. Furey pour sa victoire dans un communiqué transmis lundi soir.

« J’ai hâte de travailler de près avec le Dr Furey pour garder nos communautés en santé et en sécurité alors que nous relançons l’économie de manière sécuritaire au cours des prochains mois », a-t-il déclaré.

Justin Trudeau a également remercié Dwight Ball pour sa collaboration au cours des dernières années.

Celui qui avait été réélu l’an dernier à la tête d’un gouvernement minoritaire a dit vouloir continuer à représenter le district de Humber-Gros Morne jusqu’aux prochaines élections.

Une fois que M. Furey aura été assermenté, il devra, en vertu de la loi, déclencher des élections générales d’ici un an.

Les deux candidats avaient déclaré qu’ils n’étaient pas pressés de déclencher un scrutin avant la fin de 2020 ; ils voulaient consulter d’abord les deux autres chefs de parti à l’Assemblée législative avant de choisir une date.

M. Furey a déclaré lundi qu’il compte pour sa part prendre « le premier siège disponible ».

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