Le comité à l’éthique des Communes veut aussi enquêter sur l’affaire UNIS

Le commissaire fédéral à l'éthique a ouvert des enquêtes sur le premier ministre Justin Trudeau et le ministre Bill Morneau (sur la photo) dans cette affaire, afin de déterminer s’ils ont violé la Loi sur les conflits d’intérêts.
Photo: Cole Burston La Presse canadienne Le commissaire fédéral à l'éthique a ouvert des enquêtes sur le premier ministre Justin Trudeau et le ministre Bill Morneau (sur la photo) dans cette affaire, afin de déterminer s’ils ont violé la Loi sur les conflits d’intérêts.

Le comité de l’éthique de la Chambre des communes a reporté à la semaine prochaine sa décision d’exiger ou non certains documents dans le cadre de son analyse de la façon dont l’organisme UNIS s’est vu confier la responsabilité d’un vaste programme fédéral de bénévolat étudiant.

Les conservateurs du comité ont réclamé vendredi que l’organisme fournisse tous les documents liés aux allocutions rémunérées prononcées par des membres de la famille du premier ministre Justin Trudeau. Les libéraux ont quant à eux estimé que ce n’était pas le rôle du comité de s’immiscer dans une enquête que le commissaire fédéral à l’éthique mène déjà.

L’organisme à but non lucratif UNIS (« WE Charity » en anglais) a abandonné la gestion du programme de 912 millions de dollars il y a deux semaines, en pleine controverse liée aux centaines de milliers de dollars qu’il a versées à des membres de la famille Trudeau pour leur participation à des événements.

Le contrat a été attribué à UNIS sans appel d’offres. M. Trudeau a admis qu’il aurait dû se retirer du processus d’octroi du contrat, mais qu’il ne l’a pas fait. Le ministre des Finances Bill Morneau, dont l’une des filles travaille pour une branche de l’organisation, a dit la même chose.

À lire aussi

Une affaire de famille, la chronique de Konrad Yakabuski

Les conservateurs du Comité permanent de l’accès à l’information, de la protection des renseignements personnels et de l’éthique des Communes ont demandé vendredi d’obtenir toute la documentation liée aux discours prononcés par M. Trudeau, sa femme, sa mère ou son frère dans des événements organisés par UNIS.

Les conservateurs estiment que le comité doit comprendre dans quelle mesure les règles du gouvernement sur les conflits d’intérêts ont été respectées. Pour eux, l’accord conclu avec UNIS représente un cas très concret en la matière.

« Faisons un peu la lumière là-dessus », a déclaré le député conservateur ontarien Michael Barrett, porte-parole de son parti en matière d’éthique, au début de la réunion.

Selon UNIS, la mère de M. Trudeau, Margaret, connue pour son militantisme en matière de santé mentale, est la principale personne de l’entourage du premier ministre qui a été rétribuée pour des discours entre 2016 et 2020. Justin Trudeau n’a jamais été payé pour des discours, affirme l’organisme.

La députée libérale québécoise Brenda Shanahan a fait valoir que le comité n’est pas un organisme d’enquête. Il supervise en grande partie le travail de personnes telles que le commissaire fédéral à l’éthique Mario Dion, a-t-elle dit, mais ne mène pas d’enquêtes lui-même.

Le commissaire Dion a ouvert des enquêtes sur le premier ministre et le ministre des Finances dans cette affaire, afin de déterminer s’ils ont violé la Loi sur les conflits d’intérêts.

Mme Shanahan a estimé que c’était ainsi que l’enquête devrait être menée, plutôt que de voir un comité des Communes fouiller dans les finances de la famille Trudeau.

« Est-ce vraiment là que nous voulons aller ? Enquêter sur tout le monde en public ? Quand d’autres outils sont disponibles ? », a-t-elle demandé.

D’autres libéraux membres du comité, comme Greg Fergus et Élisabeth Brière, lui ont fait écho, en insistant sur le fait que le comité n’a un rôle à jouer que si le commissaire à l’éthique ne peut pas agir.

Le député néo-démocrate Charlie Angus les a accusés de faire de l’obstruction et de ne pas le faire conformément aux règles parlementaires.

À voir en vidéo