L’écrasement d’un hélicoptère militaire canadien fait un mort et cinq disparus

Les efforts de recherche des victimes sont compliqués parce que l’hélicoptère s’est abîmé dans une mer de 3000 mètres de profondeur, a expliqué jeudi le chef d’état-major de la Défense, le général Jonathan Vance.
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Les efforts de recherche des victimes sont compliqués parce que l’hélicoptère s’est abîmé dans une mer de 3000 mètres de profondeur, a expliqué jeudi le chef d’état-major de la Défense, le général Jonathan Vance.

L’écrasement d’un hélicoptère militaire canadien en Europe a fait une victime et cinq disparus, dont notamment un Québécois. « Ils sont tous des héros », s’est désolé Justin Trudeau.

Les six membres des Forces armées canadiennes prenaient part à un exercice d’entraînement au sein d’une mission de l’OTAN mercredi lorsque leur hélicoptère Cyclone s’est écrasé en mer Ionienne, près des côtes de la Grèce. « Dans les prochains jours, beaucoup de questions se poseront quant à savoir comment cette tragédie est survenue. Je peux vous assurer que nous trouverons les réponses, en temps voulu », a précisé le premier ministre en confirmant l’accident jeudi.

Le corps d’une première victime a été retrouvé en mer, celui de la sous-lieutenante Abbigail Cowbrough, 23 ans, de Toronto. Parmi les cinq disparus se trouve le capitaine Maxime Miron-Morin, un officier de systèmes de combat aérien originaire de Trois-Rivières. Les autres disparus sont Brenden Ian MacDonald, un pilote de New Glasgow en Nouvelle-Écosse ; Kevin Hagen, un pilote de Nanaimo en Colombie-Britannique ; Matthew Pyke, officier de guerre navale de Truro en Nouvelle-Écosse ; et Matthew Cousins, un opérateur de détecteurs électroniques aéroportés de Guelph en Ontario.

Écrasement

L’hélicoptère Cyclone avait quitté Halifax, en janvier, à bord du navire NCSM Fredericton pour aller prêter main-forte aux alliés de l’OTAN en Europe.

En fin d’après-midi mercredi, heure locale, le navire canadien et l’hélicoptère participaient à un exercice d’entraînement conjoint avec des navires italien et turc. Alors que le Cyclone était en route pour revenir sur le NCSM Fredericton, l’équipage du navire a perdu contact avec celui de l’appareil et l’hélicoptère s’est écrasé en mer quelques minutes plus tard. Au moment de toucher l’eau, des fusées éclairantes ont été relâchées automatiquement.

Le ministre de la Défense Harjit Sajjan a parlé d’un « accident ». Le chef d’état-major de la Défense, le général Jonathan Vance, a indiqué que l’équipage du Cyclone ne menait pas d’opération ciblée ou de surveillance contre un navire ennemi. « On ne peut rien exclure, mais je suis convaincu, d’un point de vue de situation militaire, que [l’appareil] n’a pas été la cible d’un contact ou été abattu. »

L’armée canadienne poursuit ses recherches pour retrouver les cinq disparus, avec l’aide de l’Italie, de la Grèce, des États-Unis et de la Turquie. Les efforts sont compliqués par l’éparpillement des débris et parce que l’hélicoptère s’est abîmé dans une mer de 3000 mètres de profondeur, a expliqué le général Vance.

L’enregistreur de vol et celui du poste de pilotage ont été retrouvés. Ils seront rapatriés au Canada pour être analysés. Une équipe d’enquête de sécurité de vols devait quant à elle partir pour l’Europe jeudi ou vendredi pour aller enquêter sur les circonstances de l’écrasement.

Le navire NCSM Fredericton avait quitté Halifax en janvier dernier pour une mission de six mois. Le Canada se trouve dans la région dans le cadre de son Opération Reassurance, qui vise à assurer une présence militaire visible en Méditerranée en soutien à l’OTAN qui tente de renforcer sa défense collective en Europe centrale et en Europe de l’Est et de repousser la Russie.

La flotte clouée au sol

Le reste de la flotte d’hélicoptères CH-148 a été mis en « pause opérationnelle » temporaire le temps que l’aviation royale canadienne vérifie tous les appareils. Mais le général Vance a expliqué que c’était aussi pour permettre aux compatriotes des disparus « d’avoir un moment pour penser et se souvenir de leurs camarades ».

Malgré l’accident, le général Vance a assuré qu’il avait pleine confiance en sa flotte de Cyclones. « Je n’ai aucune préoccupation quant à la performance de ces hélicoptères. Ils fonctionnent merveilleusement. »

L’achat de la flotte d’hélicoptères Cyclone avait été truffé de problèmes de développement, de retards et de dépassements de coûts. Le Canada devait à l’origine recevoir 28 appareils du fabricant Sikorsky en 2008, mais le premier hélicoptère n’a été livré qu’en 2015 et il y manquait de l’équipement et des logiciels essentiels. À ce jour, seuls 18 appareils ont été reçus.

Avec Hélène Buzzetti