De 4000 à 44 000 Canadiens mourront de la COVID-19

La pandémie de COVID-19 pourrait faire jusqu’à 44 000 morts au Canada d’ici l’automne. Mais si Ottawa n’écarte pas la possibilité que la
COVID-19 puisse infecter jusqu’à 10 % de la population, le gouvernement mise sur un scénario beaucoup plus optimiste de seulement 1 % de taux d’infection.

La Santé publique fédérale a révélé à son tour jeudi les scénarios de propagation de la maladie qu’elle envisage et révélé que la première vague d’infections pourrait se terminer cet été. D’autres nouvelles vagues sont cependant à prévoir et pourraient s’étirer jusqu’à la fin de l’année. Ce qui fait dire à Justin Trudeau qu’un retour à la normale devra attendre l’élaboration d’un vaccin, possiblement dans un an.

Les autorités médicales du Canada ont présenté les quatre scénarios qu’elles jugent les plus probables, si le Canada continue de maîtriser la propagation de la pandémie grâce aux mesures de distanciation sociale élevées qui sont en place.

Ces quatre scénarios prévoient des taux d’infection de 1 %, 2,5 %, 5 % et 10 %. Les pronostics pour la population sont aussi variés que ces projections.

Ainsi, si 1 % de la population contracte la COVID-19, cela se traduira par 375 800 cas au pays et 4400 décès. Si le taux d’infection atteint 2,5 %, cela équivaudra à 934 000 cas et 11 000 décès. S’il est de 5 %, il y aura 1,88 million de malades et 22 000 décès.

La normalité comme elle était avant ne pourra pas revenir tant qu’il n’y aura pas de vaccin — et ça, ça pourrait être dans un an, un an et demi, on ne sait pas exactement

Enfin, si le Canada connaît un taux d’infection de 10 %, alors 3,758 millions de Canadiens tomberont malades et 44 000 personnes mourront.

À plus court terme, la Direction de la santé publique prédit entre 22 580 et 31 850 cas de COVID-19 d’ici le 16 avril, ce qui pourrait se traduire par 500 à 700 décès.

Invités à préciser lequel des quatre scénarios semble le plus probable, les directeurs de la santé publique ont refusé de le prédire. Ils ont toutefois systématiquement évoqué celui d’un taux d’infection de seulement 1 % de la population. « On est vraiment au début de la courbe épidémique du pays et si on continue, tout le monde avec nosmeilleurs efforts, on a de bonnes chances d’avoir le meilleur scénario de 1 % de taux d’infection », a fait valoir le sous-administrateur en chef de la santé publique, le Dr Howard Njoo. « Mais c’est trop tôt pour prévoir exactement ce qui va se passer », a-t-il pris soin d’ajouter.

C’est que plusieurs variables n’ont pas encore été étudiées plus à fond par les scientifiques canadiens et internationaux. On ne sait pas encore quel sera le taux de propagation du coronavirus par des personnes asymptomatiques, puisqu’on vient tout juste de constater qu’elles peuvent être contagieuses sans le savoir. Et les autorités ignorent encore si des personnes guéries de la COVID-19 pourront l’attraper une deuxième fois.

Cela dit, l’administratrice en chef de la santé publique estime qu’il est tout à fait envisageable de s’en tenir à un taux d’infection de 1 %. « Je ne dirais pas que c’est le plus probable, car on ne le sait pas encore. Je dirais que c’est le taux ambitieux que l’on vise », a fait valoir la Dre Theresa Tam.

En vertu de ce scénario, il y aurait 29 200 hospitalisations au Canada d’ici l’automne et 9200 personnes auraient besoin d’être admises aux unités de soins intensifs de leur province.

Tandis qu’Ottawa s’est permis de faire des projections jusqu’à la fin de la première vague de pandémie, dans six mois — lesquelles varient énormément d’un taux d’infection de 1 % à 10 % —, le gouvernement québécois s’est contenté de faire connaître ses propres scénarios uniquement jusqu’à la fin du mois d’avril.

Le directeur de la santé publique du Québec, Horacio Arruda, a déclaré en début de semaine que faire des projections au-delà du 30 avril revenait à « jouer à JoJo Savard ».

L’attente d’un vaccin

Malgré les mesures sévères qui ont été prises pour maîtriser rapidement la pandémie au pays, la Santé publique fédérale prédit de possibles nouvelles vagues de transmission jusqu’à l’hiver prochain. Du coup, les mesures de confinement devront se prolonger afin de tenter de les contrôler, préviennent les autorités.

« La normalité comme elle était avant ne pourra pas revenir tant qu’il n’y aura pas de vaccin — et ça, ça pourrait être dans un an, un an et demi, on ne sait pas exactement. […] Il va falloir qu’on continue d’être vigilants, c’est certain », a reconnu Justin Trudeau.

Le premier ministre a cependant donné une lueur d’espoir aux Canadiens qui en ont déjà marre d’être enfermés chez eux. Certaines mesures pourront être relâchées à la suite de la première vague de l’épidémie, afin de permettre une reprise de l’activité économique. Elles devront ensuite être ramenées, au cas par cas à l’échelle locale, lorsque de nouvelles vagues feront leur apparition.

« Il va y avoir des choses qu’on ne va pas pouvoir faire. Mais il va y avoir beaucoup plus de choses qu’on va pouvoir faire si, et seulement si, on passe à travers les prochains quelques mois de la bonne façon. Et c’est pour ça qu’on va devoir rester dans cette phase pendant encore un bout de temps. »

Est-ce à dire que les importantes mesures d’aide économique versées aux Canadiens et aux entreprises devront se poursuivre jusqu’à l’hiver prochain ? « Quel que soit le temps que ça prendra, nous allons toujours être là pour appuyer les Canadiens qui en ont besoin », a indiqué le premier ministre.

L’administratrice en chef de la santé publique fédérale n’a pas voulu confirmer trop tôt que le Canada est en train d’atteindre le fameux plateau de la courbe de propagation du virus. Mais la Dre Theresa Tam a observé que le taux d’infection semble commencer à ralentir.

La rapidité à laquelle le nombre de cas double au pays est en train de passer de trois à cinq jours.

Scénarios provinciaux

Au Québec, les autorités de la santé publique ont prédit que le pic de la pandémie devrait être atteint vers le 18 avril et que la COVID-19 pourrait faire entre 1263 et 8860 décès d’ici le 30 avril.

En Alberta, le premier ministre, Jason Kenney, a rapporté que le coronavirus pourrait infecter entre 800 000 et un million d’Albertains et causer la mort de 400 à 6600 personnes.

En Ontario, les autorités de la santé publique ont évalué qu’il pourrait y avoir 80 000 cas d’infection d’ici la fin du mois et 1600 décès.

4 commentaires
  • Réal Gingras - Inscrit 10 avril 2020 07 h 21

    une nouvelle ère

    Il faut mentionner que les scientifiques s’entendent sur une nouvelle étape de l’évolution suite à ce que Justin Trudeau nous annonce dans cet article.
    Nous utiliserons donc, pour notre démonstration, l'échelle des temps géologiques qui est un système de classement chronologique utilisé pour dater les événements survenus durant l’histoire de la Terre.

    Cette classification commence avec le Précambrien il y a 5 milliards d’années dans laquelle on retrouve l’Hadéen puis l’Archéen -4 milliards d’années et ainsi de suite (…)(Cambrien-500 millions, Ordovicien-450 millions, Silurien-430 millions, Dévonien-380 millions, Permien-270 millions, etc)(…) jusqu’à la dernière évolution géologique; l’époque géochronologique Holocène (-12 000 ans) dans laquelle nous retrouvons, grosso modo, les étages stratigraphiques suivants: le Grennlandien (-11 000 ans), le Northgrippien (-8 200 ans) et le Meghalayen (-4 200 ans). L’holocène coïncide avec l’apparition, chez l’humain, de l’agriculture et de la sédentarisation.

    Tenant compte de la tendance évolutive géologique, qu’on pourrait maintenant appeler viro-géologique, les scientifiques nous disent que nous entrons maintenant dans l’époque viro-géochronologique Égocène ou Wificène (les scientifiques débattent sur l’appellation à donner), étage stratigraphique Covidien. Le Covidien coïncide avec la période du numérique, de la distanciation sociale, de l’hyper sédentarisation à la maison et du confinement.
    Cette période devrait s’étendre, contrairement à ce que nous dit notre premier ministre,
    sur au moins 3 000 ans.:-)

    Source pour la chronologie exacte : https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89chelle_des_temps_g%C3%A9ologiques

  • Bernard LEIFFET - Abonné 10 avril 2020 08 h 47

    Pourquoi ne pas prendre tous les moyens pour sortir d'un melting-pot indigeste?

    Maintenant que les discours des uns et des autres reprennent dans l'essentiel les mêmes éléments, il serait temps d'envisager quelques pistes permettant aux citoyens de pouvoir faire quelques travaux concernant l'entretien des maisons et des terrains. À moins de rester confiné à l'intérieur à cause des moustiques qui viendront bientôt, nettoyer le terrain, préparer le jardin, les plates-bandes et tailler des arbres, voilà quelques travaux de quoi occuper les 70 ans et plus! Bref, il ne faut pas lâcher et y aller progressivement! Comme d'autres retraités, avec mon épouse, nous nous préparons, ayant chacun son plaisir, pour elle le jardin et pour moi une plantation d'arbres indigènes et introduits au Québec.
    Vivre en région éloignée, comme en Gaspésie, est idéal pour faire de telles activités mais, il faut aussi se procurer (outre les semences déjà en pots) des plants de serre et aller chercher des commandes d'arbustes et d'arbres effectuées bien avant la pandémie! Évidemment, pour cela il faut aller au sud où la temérature est plus clémente!
    Les confinements régionaux viendront-ils à bout de nous anéantir sur place? Face à dilemme, il me semble qu'en autant que la distance entre personnes soit respectée, que les pépinières, les jardineries et autres magasins du genre, pourraient offrir leurs produits sans problème, d'autant plus quand il s'agit de commandes déjà effectuées. Le gouvernement devra prendre des dispositions pour permettre des déplacements, en dehors des régions contaminées, comme Montréal), en utilisant des codes faciles à contrôler (1ere lettre du nom de famille, lettre ou chiffre d'une plaque d'immatriculation, etc.).. En effet, faire venir par transporteur de tels marchandises est hors de prix et qu'on le veuille ou nom, en région nombreux sont les gens qui ont encore des puits dont il faut assurer le fonctionnement!
    Bref, arrêtons de prendre la population pour des nouilles, il faut bouger pour vivre!

  • Raynald Blais - Abonné 10 avril 2020 10 h 15

    D'un autre côté

    Avant l’arrivée de l’épidémie, le système de libre marché, après dix ans depuis la dernière, était déjà gros d’une crise. Il ne pouvait plus absorber davantage de marchandises et soutenir le taux de profit. Produire continuellement des surplus engorge le marché et oblige les capitalistes à les détruire par la guerre ou la crise économique. La crise de surproduction résolu, la production et le commerce peuvent reprendre ensuite leur cycle jusqu’à la prochaine.
    La pandémie s’est présentée juste au bon moment. Elle aura été la cause officielle de la crise économique qui nous pendait au bout du nez. Il y a même un avantage pour la classe dominante à ce que ce soit une pandémie, responsable de la crise. Le facteur sanitaire en s’ajoutant à l’économique permet de respecter l’inégalité de traitement entre les humains et les marchandises avec leur accord forcé. C’est une question de vie ou de mort. Les humains ne seront libérés du confinement qu’à mesure où ils commenceront à produire, transporter ou commercialiser les marchandises pour un marché nouvellement décongestionné.

  • Pierre Samuel - Abonné 10 avril 2020 10 h 31

    @ M. Gingras :

    Que vous ayez raison ou non....bravo pour l'encouragement ! Ne lâchez surtout pas !