Court blocage à Montréal, les ministres optimistes face aux négociations

Des manifestants se sont présentés vendredi à Smithers, en Colombie-Britannique, là où se déroulent les négociations. 
Photo: Jonathan Hayward La Presse canadienne Des manifestants se sont présentés vendredi à Smithers, en Colombie-Britannique, là où se déroulent les négociations. 

Les ministres impliqués dans les pourparlers avec les chefs héréditaires des Wet’suwet’en affirment demeurer optimistes sur la possibilité de parvenir à sortir de l’impasse dans le conflit sur le gazoduc Coastal GasLink qui a entraîné de nombreuses manifestations et le blocage de voies ferroviaires à travers le pays. 

La ministre fédérale des Relations Couronne-Autochtones, Carolyn Bennett, et le ministre des Relations avec les Autochtones de la Colombie-Britannique, Scott Fraser, reconnaissent que les discussions sont complexes et traitent de questions difficiles, mais qu’elles progressent dans le respect.

Lors d’une conférence de presse, samedi, Carolyn Bennett a qualifié de « très bon signe » le fait que les conversations se poursuivent.

Un des chefs héréditaires wet'suwet'en, Na’moks, a reconnu avoir été peu satisfait des premières propositions d’entente, mais disait qu’aujourd’hui était un autre jour. « Je suis toujours optimiste, notre nation est toujours optimiste, a-t-il fait valoir. Je crois qu’on peut progresser, mais ce sont toute leur culture et leurs politiques qui doivent changer. »

Les négociations ont commencé jeudi après-midi dans le nord de la Colombie-Britannique et se sont poursuivies jusque tard dans la nuit de vendredi. Une autre mise à jour de la progression des travaux est attendue plus tard samedi.

Certains chefs héréditaires des Wet’suwet’en sont opposés à la construction d’un gazoduc sur leur territoire ancestral. Un enjeu qui a déclenché une série de manifestations de solidarité et des blocus ferroviaires à travers le pays.

Des manifestants ont perturbé les services de transport par train de marchandises et de voyageurs au cours des trois dernières semaines et les forces de l’ordre ont récemment entrepris de démanteler certains barrages.

 

Blocage à Montréal

Par ailleurs, des manifestants se sont installés en fin d’après-midi sur les rails du CP dans l’arrondissement Rosemont-Petite Patrie. Selon les organisateurs, leur présence s’inscrit dans le cadre de la Nuit blanche. Elle vise à «réaffirmer la souveraineté territoriale wet’suwet’en et dénoncer le projet de pipeline Coastal Gaslink».

Le Service de police de la Ville de Montréal a indiqué avoir été appelé à porter assistance aux policiers du CP vers 17 h 10 en raison de la présence d’une vingtaine de manifestants. Selon le SPVM, ces derniers auraient apporté des «débris» et ont manifesté pacifiquement jusqu’à 19 h, avant d’aller marcher dans les rues de Montréal. Peu avant 17 h, les manifestants déclaraient dans un communiqué de presse être plus d’une centaine.

Sur le territoire mohawk de Kahnawake, au Québec, une demi-douzaine de manifestants bloquaient toujours samedi après-midi la voie ferroviaire du Canadien Pacifique en attendant de connaître les résultats des négociations en cours en Colombie-Britannique.

«La barricade demeurera en place jusqu’à ce que les chefs wet’suwet’sen nous disent qu’ils sont satisfaits des négociations, a déclaré Kenneth Deer, secrétaire de la nation mohawk à Kahnawake. Ce qui se déroule présentement en Colombie-Britannique aurait pu s’amorcer il y a trois semaines. C’est inquiétant qu’il ait fallu attendre tout ce temps.» Selon lui, la communauté est «encouragée» par la progression des pourparlers. 

Les manifestations de solidarité et les blocus ont été déclenchés par la décision de la GRC, le 6 février, de faire respecter une injonction sur le territoire des Wet’suwet’en, dans le nord de la Colombie-Britannique, visant à libérer l’accès au chantier de construction du gazoduc Coastal GasLink.

Les Wet’suwet’en sont régis à la fois par un système de chefs héréditaires et par des conseils de bande élus. La majorité de ces conseils ont approuvé le projet de gazoduc, mais certains chefs héréditaires s’opposent à ce qu’il traverse le territoire ancestral.

Le conflit englobe également d’autres problèmes de longue date jamais résolus concernant les droits fonciers et les titres de propriété, dont la question de savoir qui a le droit de négocier avec les gouvernements et les entreprises. Même chose pour le fait que ces terres ne font l’objet d’aucun traité et restent non cédées. Une affaire judiciaire datant de 1997 a reconnu l’autorité aux chefs héréditaires et le droit exclusif des peuples Wet’suwet’en sur leurs terres, mais sans en préciser les limites.