Andrew Scheer accuse le NPD de renier ses principes en matière d’éthique

Selon Andrew Scheer, les 100 premiers jours d’un gouvernement libéral réélu seraient passés à négocier une coalition avec le NPD.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Selon Andrew Scheer, les 100 premiers jours d’un gouvernement libéral réélu seraient passés à négocier une coalition avec le NPD.

Après avoir dirigé ses attaques vers les libéraux et les bloquistes dans les derniers jours, Andrew Scheer a maintenant les néodémocrates dans sa mire.

De passage à Essex, dans le sud de l’Ontario, le chef conservateur a accusé le Nouveau Parti démocratique (NPD) d’avoir renié ses principes éthiques afin de pouvoir jouer un rôle dans un futur gouvernement libéral.

« Le NPD a combattu aux côtés du Parti conservateur contre la corruption de Justin Trudeau dans le scandale SNC-Lavalin. Mais maintenant, on sait ce qui les anime vraiment [what they’re made of] », a déclaré M. Scheer en anglais, mercredi.

Le chef néodémocrate Jagmeet Singh avait ouvert la porte à l’idée d’une coalition avec les libéraux, avant de la refermer.

Qu’importe, M. Scheer a continué de taper sur ce clou. À son avis, les 100 premiers jours d’un gouvernement libéral réélu seraient passés à négocier une coalition avec le NPD.

Le chef conservateur a annoncé qu’un gouvernement Scheer imposerait des amendes allant jusqu’à 20 000 $ pour les infractions à la Loi sur les conflits d’intérêts.

Il compte également augmenter les pouvoirs de surveillance du commissaire à l’éthique et du commissaire au lobbying.

Il visait le chef libéral Justin Trudeau, qui a été blâmé à deux reprises par le commissaire à l’éthique au cours de son mandat. La première fois, pour ses vacances sur l’île privée de l’Aga Khan et la deuxième, pour son ingérence dans l’affaire SNC-Lavalin.

Les quelque 400 partisans conservateurs réunis dans un aréna, mercredi midi, ont fortement réagi à chaque fois que M. Scheer accusait M. Trudeau d’avoir été un « premier ministre corrompu ». La foule a aussi hué les journalistes à au moins deux reprises pour leurs questions.

Citoyenneté et passeport

Après avoir ignoré les demandes de La Presse canadienne à ce sujet pendant 11 jours, M. Scheer a finalement dit si, oui ou non, il a voyagé avec un passeport américain lorsqu’il est allé aux États-Unis.

La réponse : non. « Je n’ai pas eu de passeport américain en tant qu’adulte ; je ne l’ai pas renouvelé comme adulte. J’ai seulement voyagé avec mon passeport canadien. J’ai toujours fourni les documents nécessaires. Et quand j’étais dans un voyage officiel du gouvernement, comme président de la Chambre des communes, j’avais un passeport spécial. Mais pour les voyages personnels, j’avais le passeport bleu, régulier. »

Un membre du public a alors lancé que « Trudeau est à moitié cubain », une théorie de la conspiration qui lui a valu les remontrances du chef conservateur. « Restons civils, restons sur les enjeux. N’allons pas là », a dit M. Scheer à l’homme.

Plus tôt dans la campagne, le chef conservateur a confirmé qu’il a la double citoyenneté canadienne et américaine, grâce à son père qui est né aux États-Unis. Ses parents en ont fait la demande quand il était un jeune enfant. Il a enclenché le processus pour renoncer à sa citoyenneté américaine au mois d’août.

Pas d’hypocrisie sur l’avortement

M. Scheer avait commencé la journée dans un Tim Hortons de Saint-Jérôme, où une foule nettement moins imposante l’attendait. Il a échangé des poignées de mains avec surtout des bénévoles et des employés politiques dépêchés sur place.

Il était accompagné de sa candidate conservatrice dans Rivière-du-Nord, Sylvie Fréchette, qui s’était fait remarquer pour avoir relayé une contradiction entre son chef et le lieutenant politique du Québec, Alain Rayes, quant à la position du parti sur le droit à l’avortement.

L’ex-médaillée olympique a voulu mettre le couvercle sur ce débat qui avait marqué le lancement de sa campagne.

Mme Fréchette dit qu’il y a des divergences d’opinions à ce sujet dans tous les partis. Elle ajoute qu’au Parti conservateur, « on laisse tout le monde s’exprimer, mais on ne laissera pas tout le monde faire reculer le parti ». À son avis, c’est une preuve que le parti n’est pas « hypocrite ».

La candidate avait affirmé en entrevue avec Radio-Canada que les députés d’arrière-ban de son parti ne pourraient pas présenter des projets de loi ou des motions pour restreindre le droit à l’avortement.

Or, cette position allait à l’encontre de la position officielle des conservateurs, qui ont tenté à quelques reprises dans les dernières années de rouvrir ce débat.

Après le passage de son chef à Saint-Jérôme, Mme Fréchette a affirmé de vive voix qu’il y a eu « confusion ». Elle dit avoir répété les paroles d’Alain Rayes, le lieutenant politique du chef Andrew Scheer au Québec, mais M. Rayes s’était « trompé ».

M. Scheer a par la suite répété à de nombreuses reprises qu’il allait voter contre toute initiative parlementaire qui tenterait d’ouvrir le débat sur le droit à l’avortement, même s’il est personnellement « pro-vie ».