Le Bloc québécois détaille sa proposition de taxe carbone

La taxe carbone fédérale s’élève présentement à 20$ la tonne. Le gouvernement de Justin Trudeau prévoyait une augmentation graduelle de cette tarification de 10$ par an pour atteindre 50$ en 2022.
Photo: Jason Franson La Presse canadienne La taxe carbone fédérale s’élève présentement à 20$ la tonne. Le gouvernement de Justin Trudeau prévoyait une augmentation graduelle de cette tarification de 10$ par an pour atteindre 50$ en 2022.

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a détaillé dimanche sa proposition pour transformer la péréquation en une « bourse d’excellence » pour les provinces peu polluantes.

Le Bloc québécois avait déjà brièvement présenté cette idée de réforme fiscale au lancement de sa campagne électorale, le week-end dernier.

De passage à Trois-Rivières, dimanche après-midi, M. Blanchet a approfondi sa proposition, qui consiste à taxer sévèrement les émissions de gaz à effet de serre dans les provinces qui polluent plus que la moyenne nationale, comme l’Alberta et la Saskatchewan, puis à verser le fruit de cette taxe aux provinces ayant une meilleure performance environnementale, comme le Québec.

Ces dernières seraient par ailleurs exemptées de la taxe carbone.

Ces nouveaux transferts viendraient pratiquement remplacer l’actuel système de péréquation, qui provient de l’impôt sur le revenu et que le chef bloquiste désigne comme un « chèque d’assistance ».

« L’Alberta et M. Kenney prétendent payer de la péréquation au Québec. Aujourd’hui, ce n’est pas vrai. J’ai une bonne nouvelle pour M. Kenney : ça va le devenir ! », a lancé M. Blanchet dimanche après-midi.

« Il va payer parce qu’il s’entête à exploiter une forme d’énergie qui est la plus polluante de toutes les formes d’hydrocarbures présentement exploitées sur la planète », a-t-il enchaîné.

Puissant incitatif

Le mécanisme fédéral de péréquation vise à permettre à toutes les provinces d’offrir des services de qualité équivalente, sans égard à leur assiette fiscale. En vertu de la formule actuelle, certaines provinces plus riches contribuent au programme, tandis que d’autres, comme le Québec et les provinces de l’Atlantique, sont bénéficiaires.

« On est convaincus que si on récupère nos billes et si on gère nous-mêmes notre argent, le rendement qu’on va générer avec notre propre argent va être largement suffisant pour compenser la prétention de bénéfice de la péréquation », a fait valoir M. Blanchet.

Le chef bloquiste y voit l’occasion de créer un puissant incitatif pour les provinces à entreprendre sérieusement un virage écologiste, tout en baissant les impôts de tous les Canadiens.

Pour ce faire, il estime que la taxe carbone devrait être portée à 102 $ la tonne d’ici 2030. Selon les calculs du directeur parlementaire du budget, il s’agit de la hauteur à laquelle devrait s’élever la taxe carbone pour que le Canada respecte ses cibles en vertu de l’accord de Paris.

Or, ces calculs supposaient que la tarification s’applique dans toutes les provinces et territoires et ne prévoyaient donc pas une exemption pour les petits émetteurs.

La taxe carbone fédérale s’élève présentement à 20 $ la tonne. Le gouvernement de Justin Trudeau prévoyait une augmentation graduelle de cette tarification de 10 $ par an pour atteindre 50 $ en 2022.

« Entendons-nous, ce n’est pas le Québec qui est dépendant du pétrole de l’Ouest. C’est l’Ouest qui est dépendant du pétrole de l’Ouest », prétend M. Blanchet.

Selon un rapport de la Chaire de gestion du secteur de l’énergie de HEC Montréal, fondé sur des données de Statistique Canada, près de 53 pour cent pour cent des approvisionnements en pétrole provenaient de l’Ouest canadien en date du mois de juin 2018, au Québec. Quelque 40 pour cent provenaient des États-Unis.