Les libéraux feront appel au directeur du budget... plus tard

Les libéraux attendront la présentation du cadre financier de leur plateforme pour dévoiler les évaluations fiscales de leur promesses électorales.
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Les libéraux attendront la présentation du cadre financier de leur plateforme pour dévoiler les évaluations fiscales de leur promesses électorales.

Justin Trudeau a élargi le mandat du directeur parlementaire du budget afin que ce dernier évalue de façon indépendante les promesses électorales des partis politiques. Mais le chef libéral compte se prévaloir de ce nouveau service seulement en partie.

Le bureau du directeur parlementaire du budget (DPB) examine pour la première fois cette année les promesses que lui soumettent les formations politiques. Le Parti conservateur a fait évaluer jusqu’à présent chacun de ses sept engagements, le Nouveau Parti démocratique, trois. Mais le Parti libéral n’a pas encore joint d’évaluations du DPB à ses annonces électorales.

Pourtant, il y a quatre ans, Justin Trudeau a fait campagne en promettant de doter le DPB de ces nouveaux pouvoirs. « Ainsi, dès les prochaines élections fédérales, la population pourra se fier à une source crédible et neutre pour comparer le plan financier de chacun des partis », indiquait sa plateforme électorale de 2015. Un projet de loi a suivi en 2017 pour légiférer le changement.

« Je peux vous assurer que nous avons travaillé et nous continuons de travailler avec le DPB sur les coûts de notre plateforme », a affirmé M. Trudeau mercredi, de passage à Fredericton. « Nous allons publier une plateforme entièrement chiffrée, une plateforme responsable, dans les prochaines semaines. Y compris tout le travail qu’aura fait le DPB sur des mesures spécifiques. »

Nous allons publier une plateforme entièrement chiffrée, une plateforme responsable, dans les prochaines semaines. Y compris tout le travail qu’aura fait le DPB sur des mesures spécifiques

Le directeur parlementaire du budget sera ainsi invité à évaluer « certaines propositions électorales » des libéraux, soit celles qui engendreront les plus grosses dépenses.

Les libéraux attendront en outre la présentation du cadre financier de leur plateforme dans quelques semaines pour dévoiler ces évaluations fiscales, plutôt que de les publier au fur et à mesure qu’ils annoncent leurs promesses au quotidien. Le parti explique que certaines mesures sont liées, entraînant parfois des dépenses, mais d’autres fois des revenus. Les libéraux préfèrent qu’elles ne soient pas examinées séparément.

Un bilan « terrible »

Andrew Scheer, en revanche, a joint l’évaluation du DPB à chacun des communiqués de presse détaillant ses promesses.

« Nous estimons qu’il est préférable pour les Canadiens d’inclure l’évaluation budgétaire au moment de faire l’annonce, pour qu’ils puissent avoir les détails immédiatement », a fait valoir M. Scheer. « Manifestement, les libéraux ont un terrible bilan financier dont ils ont honte. Je crois que c’est pour cette raison qu’ils ne participent pas au processus qu’ils ont eux-mêmes créé », a dit le chef conservateur. Son parti avait au départ refusé de soumettre ses promesses au DPB, invoquant le risque qu’elles soient ébruitées par des employés — au public ou aux rivaux politiques — avant que M. Scheer n’ait l’occasion de les rendre publiques.

Le directeur parlementaire du budget, Yves Giroux, évalue les coûts ou les revenus des mesures que lui soumettent les partis. Lorsque ces promesses sont annoncées aux électeurs, il publie son évaluation sur le site Internet du DPB.

Les libéraux ont jusqu’à présent promis pour 4,5 milliards de nouvelles mesures annuelles — des évaluations fournies par le Parti libéral pour la dernière année d’un mandat de quatre ans.

Les conservateurs ont, quant à eux, fait des annonces qui totaliseront 8 milliards par année en 2023-2024, selon le DPB, et promis de retrancher 1,5 milliard en passant au peigne fin les subventions versées par Ottawa aux grandes entreprises.

Le Nouveau Parti démocratique a fait une série de promesses qui atteindraient 1,4 milliard annuellement dans quatre ans. Le parti estime qu’il tirerait en revanche des milliards en revenus — 6,7 milliards par année en 2023-2024 — en taxant la fortune accumulée des Canadiens les plus riches.

Le Bloc québécois attend de dévoiler son cadre financier au complet, comme les libéraux, et le document aura été soumis au directeur parlementaire du budget. Le chef Yves-François Blanchet a noté, à l’instar du Parti libéral, que les dépenses et revenus tirés de leurs promesses doivent être pris dans leur ensemble. « C’est un calcul qui va être présenté de façon globale », a-t-il expliqué.

Le Parti vert n’a pas encore non plus chiffré ses promesses. La cheffe Elizabeth May a indiqué mardi, en présentant sa plateforme, que ce serait fait bientôt, lorsque le DPB aura terminé d’évaluer ses engagements.

Le PLC promet de l’aide aux aînés

C’est au tour des aînés d’avoir droit aux promesses du Parti libéral. Justin Trudeau s’est engagé à augmenter de 10 % les prestations de la Sécurité de la vieillesse après l’âge de 75 ans. Une hausse qui pourrait offrir jusqu’à 729 $ de plus aux aînés par année. Les libéraux promettent également de bonifier de 25 % (jusqu’à plus de 2000 $ de plus par année) la prestation de survivant du Régime de pension du Canada et du Régime de rentes du Québec, en collaborant pour ce faire avec les provinces. Le Parti libéral évalue que la bonification de la Sécurité de la vieillesse coûtera 1,6 milliard en 2020-2021 et 2,56 milliards en 2023-2024.