Maxime Bernier plaide qu’il pourrait remporter cinq circonscriptions

Le chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier
Photo: Justin Tang Archives La Presse canadienne Le chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier

Maxime Bernier ne désespère pas d’être invité aux débats des chefs dans deux mois. Le chef du Parti populaire du Canada a présenté de nouveaux arguments pour convaincre la Commission aux débats des chefs de lui faire une place, en plaidant qu’il estime avoir des chances de remporter cinq circonscriptions cet automne.

La Commission aux débats annonçait il y a dix jours que, pour l’instant, les joutes oratoires de la campagne électorale ne compteraient que les chefs du Parti libéral, du Parti conservateur, du Nouveau Parti démocratique, du Parti vert et du Bloc québécois. La présence de Maxime Bernier, quant à elle, n’a pas encore été tranchée, car la commission voulait d’abord obtenir plus de données sur ses chances de victoire.

M. Bernier réplique, dans une lettre adressée au commissaire David Johnston vendredi, en citant cinq circonscriptions où le PPC présente un candidat vedette avec, selon lui, « un avantage que les autres n’ont pas ». Le parti ne fournit toutefois pas de sondages publics ou internes pour appuyer cette affirmation — telle que la commission l’invitait à le faire —, arguant qu’en tant que nouvelle organisation, il n’a pas les ressources pour ce faire.

Maxime Bernier prédit néanmoins qu’il a de bonnes chances d’être réélu chez lui en Beauce. Il l’a d’abord été avec 59 % des voix en 2015, sous la bannière conservatrice. Mais un sondage Mainstreet mené le 5 août le place maintenant à égalité statistique avec son rival conservateur (28,7 % pour M. Bernier contre 27,7 % pour l’ancien maire Richard Lehoux).

Le Parti populaire a en outre dans sa mire la circonscription d’Etobicoke-Nord, dans le Grand Toronto, avec sa candidate Renata Ford, la veuve de l’ancien maire de Toronto Rob Ford. Elle affrontera cependant la ministre libérale sortante Kirsty Duncan, qui a remporté 62 % des voix en 2015.

L’ancien ministre conservateur Steven Fletcher portera les couleurs du PPC dans la région de Winnipeg, à Charleswood–St. James–Assiniboia–Headingley. Il a perdu le siège en 2015, aux mains du libéral Doug Eyolfson, qui a récolté 52 %.

L’ex-député conservateur Corneliu Chisu briguera quant à lui l’élection dans Pickering-Uxbridge en Ontario, où il s’est incliné lui aussi en 2015 derrière la libérale Jennifer O’Connell, qui a gagné avec 50 %.

Dans le nord de l’Ontario, à Nipissing-Timiskaming, le PPC a recruté Mark King, que le Parti conservateur a exclu de ses candidats en juillet. Le libéral Anthony Rota y a été réélu avec 52 % des votes il y a quatre ans.

La Commission aux débats annoncera le 16 septembre la liste définitive des participants. Pour se qualifier à être invités, les chefs doivent répondre à deux des trois critères suivants : compter au moins un député élu sous leur bannière ; présenter des candidats dans au moins 90 % des 338 circonscriptions ; et avoir obtenu au moins 4 % des votes au Canada ou « avoir une chance légitime de remporter des sièges ». Le PPC répond au second critère et tente de convaincre la commission qu’il respectera le troisième aussi. Les derniers sondages nationaux accordent 3 % des intentions de vote au PPC.

Dans sa missive au commissaire Johnston, Maxime Bernier plaide en outre qu’il jouit d’une couverture médiatique canadienne qui surpasse celle d’Elizabeth May du Parti vert (1,5 fois supérieure) et celle d’Yves-François Blanchet du Bloc québécois (25 fois supérieure). « Cette visibilité dans les médias est une preuve évidente de l’extraordinaire intérêt que suscite le Parti populaire du Canada et de son impact sur la scène politique canadienne et dans les débats politiques », fait valoir M. Bernier.