Le français pour être citoyen canadien au Québec, réclame le Bloc québécois

Le chef intérimaire du Bloc québécois, Mario Beaulieu
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Le chef intérimaire du Bloc québécois, Mario Beaulieu

François Legault n’est plus le seul à réclamer que les nouveaux arrivants québécois maîtrisent le français. Le Bloc québécois est du même avis et y est allé d’un projet de loi en ce sens à Ottawa, afin d’exiger que les nouveaux citoyens connaissent le français — et non plus l’une ou l’autre des deux langues officielles — pour s’établir au Québec.

« Ce n’est pas plus coercitif que ce qui existe déjà, parce qu’on exige déjà la connaissance d’une des deux langues officielles pour avoir la citoyenneté canadienne », fait valoir au Devoir le chef intérimaire du Bloc, Mario Beaulieu, qui a déposé un projet de loi d’initiative parlementaire à Ottawa cette semaine. Sa proposition modifierait la Loi sur la citoyenneté afin de préciser que c’est une connaissance suffisante de la langue française qui serait exigée pour les demandeurs qui résident habituellement au Québec.

« C’est une préoccupation pour beaucoup de Québécois, la francisation des nouveaux arrivants », argue M. Beaulieu, qui estime que sa proposition législative « serait un incitatif pour augmenter la motivation à apprendre le français ».

Le chef bloquiste martèle qu’il veut ainsi défendre l’opinion d’une majorité de Québécois. « Ce n’est pas parce que la CAQ a amené ça comme projet qu’on fait ça, insiste-t-il, mais parce que c’est un consensus au Québec. »

Le bureau du ministre fédéral de l’Immigration, Ahmed Hussen, a affirmé vendredi prendre acte du projet de loi et qu’il prendrait le temps de l’étudier et d’en commenter les détails. « Notre gouvernement est déterminé à appuyer et à renforcer la vitalité des communautés francophones du Canada en augmentant le nombre de nouveaux arrivants francophones », a ajouté un porte-parole.

En coulisses, on note toutefois que le gouvernement « appuie les communautés linguistiques minoritaires à travers le pays — ce qui inclut les anglophones au Québec ». Les projets de loi d’initiative parlementaire parviennent rarement à obtenir l’aval d’une majorité des élus et sénateurs fédéraux. La proposition bloquiste semble elle aussi vouée à l’échec, si le gouvernement de Justin Trudeau ne l’appuie pas.

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a promis en campagne électorale d’exiger que les nouveaux arrivants au Québec réussissent un test de valeurs ainsi qu’un test de français.

Mario Beaulieu note qu’un sondage Léger révélait en avril dernier que 73 % de ses répondants estimaient que « la connaissance minimale du français devrait être une condition obligatoire pour demeurer au Québec ». Le coup de sonde avait été mené pour le Mouvement national des Québécois.

« Je pense qu’il faut faire tout ce qui est possible pour qu’on arrive à franciser davantage les nouveaux arrivants au Québec. Et ce n’est qu’une bonne chose, parce que ça va permettre d’augmenter le taux de rétention des nouveaux arrivants et permettre une meilleure intégration en milieu de travail », affirme Mario Beaulieu.

Son projet de loi, déposé cette semaine, devrait être étudié en deuxième lecture selon lui à la fin novembre ou au début du mois de décembre.