Ottawa: Nicola Di Iorio, député en mission secrète

Nicola Di Iorio s’était fait connaître pour sa croisade contre la conduite avec les facultés affaiblies.
Photo: Facebook Nicola Di Iorio s’était fait connaître pour sa croisade contre la conduite avec les facultés affaiblies.

Le député libéral fédéral Nicola Di Iorio réplique à ses détracteurs. Son absence de la Chambre des communes est non seulement autorisée, mais requise par le premier ministre lui-même, qui lui a confié une mission dont il ne peut cependant rien dire.

« Le premier ministre m’adresse [sic] des responsabilités qui, pour le moment, requièrent, justifient et autorisent mon absence de la Chambre », a écrit le député de Saint-Léonard–Saint-Michel sur sa page Facebook vendredi.

En entrevue avec Le Devoir, M. Di Iorio renchérit : « Ça se fait évidemment avec le plein acquiescement de mon whip et de mon chef. Mon chef me confie des tâches qui requièrent mes connaissances, mes aptitudes, mon expertise, mon savoir-faire, [mes contacts avec] les groupes avec qui j’ai interagi. Je fais ce travail-là et ça fait en sorte que je ne peux pas être à deux places en même temps. » Il assure qu’il n’a « pas pris l’initiative » de s’absenter.

Le bureau du premier ministre Justin Trudeau n’a pas infirmé cette thèse, déclarant par écrit qu’« il a été convenu qu’il resterait afin d’assurer la transition dans sa circonscription et travailler sur certains mandats spécifiques en lien avec ses intérêts et son expertise ».

Une source a indiqué au Devoir que le mandat serait lié à la sécurité routière. M. Di Iorio s’était fait connaître pour sa croisade contre la conduite avec les facultés affaiblies.

Le mystère plane sur l’avenir du député montréalais. En avril dernier, il avait annoncé qu’il quittait la politique pour des raisons personnelles et familiales. Mais bien qu’il ait fait son discours d’adieu en juin, il n’avait pas donné son avis de départ officiel à la Chambre des communes. Puis, en septembre, il a déclaré qu’il reconsidérait sa décision. Il a indiqué qu’il se donnait un mois pour approfondir sa réflexion. Le mois s’est écoulé et il n’a toujours pas annoncé son intention. Reste-t-il ? Part-il ? Il n’a pas encore tranché.

« Ça va être rapide. J’ai presque terminé le cheminement que je faisais », a-t-il dit au Devoir.

Absences

M. Di Iorio n’a été vu à aucune des 30 journées pendant lesquelles le Parlement a siégé cet automne. Les règles prévoient une pénalité de 120 $ pour chaque absence quotidienne au-delà de la limite des 20 permises. Les journées de maladie ne sont pas comptabilisées dans ce calcul. Le député doit remplir une fiche de présence à la fin de chaque mois, mais cette fiche n’est pas publique.

M. Di Iorio a par ailleurs réfuté la thèse ayant circulé cette semaine selon laquelle il est revenu sur sa démission après avoir réalisé qu’il n’aurait pas le droit de désigner son successeur. « C’est faux, c’est faux, c’est faux. Vous ai-je dit que c’est faux ? Je ne veux pas choisir mon successeur. »

Oui, admet-il, des gens lui ont manifesté leur intérêt de se porter candidats et il a relayé certains noms au Parti libéral du Canada, mais sans plus, assure-t-il.

M. Di Iorio affirme qu’après l’annonce de son départ, des gens de sa circonscription lui ont demandé de rester et que c’est ce qui l’a ébranlé.