Steven Fletcher rejoint Maxime Bernier

Le Parti conservateur est «brisé», selon Steven Fletcher.
Photo: Fred Chartrand La Presse canadienne Le Parti conservateur est «brisé», selon Steven Fletcher.

Le nouveau parti de Maxime Bernier continue de s’attirer des appuis en les puisant au sein de son ancien parti. L’ex-ministre conservateur Steven Fletcher songe à se porter candidat pour le Parti populaire du Canada, après avoir déchiré sa carte de membre de son ancienne formation.

« Le Parti conservateur est brisé », tranche M. Fletcher en entretien avec Le Devoir. L’ancien ministre conservateur se dit « très déçu » du travail du nouveau chef Andrew Scheer. À tel point qu’il annonçait mercredi s’être défait de sa carte de membre du Parti conservateur.

M. Fletcher déplore, sur son site Web, que le parti d’Andrew Scheer appuie un Accord de Paris sur le climat « mal conçu et impossible à mettre en oeuvre », qu’il dirige le PCC en vertu des sondages et de groupes d’intérêts et qu’il ait été prêt à « sacrifier le libre-échange avec les États-Unis et le Mexique » pour protéger le « cartel du lait » — le qualificatif qu’accole Maxime Bernier au système de gestion de l’offre. Steven Fletcher reproche en outre à M. Scheer de ne pas avoir dénoncé la taxe carbone que compte mettre en oeuvre le Manitoba. M. Fletcher, lui, l’a critiquée et c’est pour cette raison, selon lui, que le Parti conservateur fédéral a rejeté cet été sa candidature à l’investiture de son ancienne circonscription de Winnipeg.

« Les conservateurs ont gâché leurs chances de gagner des sièges à Winnipeg », plaide Steven Fletcher en entrevue au Devoir. Le politicien manitobain, qui est maintenant député provincial, a néanmoins l’intention de se porter candidat aux prochaines élections fédérales, assure-t-il. Portera-t-il alors les couleurs du Parti populaire en 2019 ? « On précipite un peu les choses », répond-il, avant d’avancer cependant que « le seul gars qui peut gagner des sièges à Winnipeg, qui n’est pas un libéral, c’est Maxime Bernier ». D’ici là, Steven Fletcher affirme qu’il se procurera une carte de membre du Parti populaire du Canada. Le mois dernier, l’ancien député de Québec Luc Harvey confiait aussi au Devoir qu’il songeait à se porter candidat pour le parti de Maxime Bernier.

Bernier officialise le PPC

Mercredi matin, Maxime Bernier déposait ses documents officiels aux bureaux d’Élections Canada afin que sa formation puisse être formellement enregistrée. Une première étape qui permettra ensuite de présenter des candidats aux élections partielles à venir.

M. Bernier s’est réjoui d’avoir rassemblé près de 22 500 membres qui ont créé ensemble 39 associations de circonscription (dont aucune ne se trouve au Québec, selon le décompte de Maxime Bernier). Le PPC a récolté 350 000 $ depuis la fin d’août.

« On a plus de membres que le Parti vert du Canada, qui existe depuis plus de 30 ans. Le Parti conservateur a 100 000 membres. On a presque le quart, en un mois. Ça démontre qu’il y a un engouement pour les idées de ce parti », a affirmé M. Bernier.

Quant aux électeurs qui n’en sont pas convaincus, le Beauceron leur a fait valoir qu’il n’avait pas changé. « J’ai seulement changé de véhicule. J’étais dans une Lada et maintenant je suis dans une Mercedes ou dans une Ferrari. »