Michaëlle Jean ne jette pas l’éponge

Michaëlle Jean
Photo: Eric Feferberg Archives Agence France-Presse Michaëlle Jean

La crise de succession qui agite l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) est-elle vraiment réglée ? Justin Trudeau et François Legault devaient arriver aujourd’hui, mercredi, à Erevan au XVIIe Sommet de l’OIF dans un climat nettement apaisé depuis que le sort de sa secrétaire générale Michaëlle Jean, lâchée la veille par le Québec et le Canada, semble réglé. À moins d’un imprévu, c’est donc la Rwandaise Louise Mushikiwabo qui devrait lui succéder et prendre, dès vendredi, les rênes de l’Organisation qui regroupe 54 pays membres et 30 observateurs.

Pourtant, la crise ne semble pas tout à fait terminée puisque, publiquement du moins, Michaëlle Jean refuse de jeter l’éponge. Pas question pour elle d’annoncer le retrait de sa candidature d’ici l’ouverture du Sommet, nous a confirmé son porte-parole, Bertin Leblanc. « On veut un débat. Michaëlle Jean va défendre son bilan. Car un consensus suppose un débat qui doit se faire dans les règles. […] Nul ne doute que cette discussion aura lieu entre les chefs d’État et de gouvernement à huis clos. »

Du côté de la ministre fédérale de la Francophonie, Mélanie Joly, le « débat » semble pourtant réglé. « Mme Jean prend ses décisions, tranche l’attachée de presse de la ministre, Sandra Aube. Le Canada a fait le choix de se rallier au consensus [autour de Louise Mushikiwabo]. On est ici pour parler des enjeux de la Francophonie, de démocratie, d’éducation, de la langue française. On pense que le Sommet doit être centré sur ces enjeux, pas sur des questions personnelles. »

Depuis 48 heures, Michaëlle Jean refuse de répondre aux questions des journalistes. C’est pourtant tout sourire que, dans la matinée de mercredi, elle a inauguré le Forum économique du Sommet aux côtés du président arménien, Armen Sarkissian. La secrétaire générale en sursis a profité de la présence d’environ 200 personnes liées aux technologies nouvelles pour mettre en avant son bilan et se féliciter que « depuis quatre ans, la Francophonie économique est devenue une réalité ». Mais, dans les coulisses du Sommet, le sort de Michaëlle Jean ne fait guère de doute. « C’est plié, comme disent les Français », nous dit un diplomate.