Un Parti populaire pour les gens ordinaires

Le député indépendant a jeté les bases du parti dont il sera le chef en expliquant avoir arrêté son choix sur ce nom parce qu’il est « temps de remettre le pouvoir entre les mains des gens ».
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Le député indépendant a jeté les bases du parti dont il sera le chef en expliquant avoir arrêté son choix sur ce nom parce qu’il est « temps de remettre le pouvoir entre les mains des gens ».

Le ton avait été donné lors de sa démission du Parti conservateur ; Maxime Bernier a renchéri en présentant officiellement sa nouvelle formation, le Parti populaire du Canada. Le temps de la rectitude politique est terminé, a-t-il clamé. L’élu beauceron veut débattre d’immigration et défendre ses convictions libertariennes sans se soucier des bien-pensants qui jugent ces sujets tabous.

« Pendant trop longtemps, la politique canadienne a été prise en otage par des groupes de pression, des cartels, des lobbies, des organisations internationales, par les intérêts d’entreprises ou de syndicats, et les intérêts de politiciens et bureaucrates d’Ottawa déconnectés des citoyens ordinaires », a martelé l’ancien député conservateur en dévoilant le nom et le logo de sa nouvelle formation (The People’s Party en anglais). Les « anciens partis » s’adonnent à du « racolage pour cibler divers groupes », a-t-il dénoncé, et ce faisant divisent les Canadiens « en petites tribus ».

Maxime Bernier en a notamment contre le « multiculturalisme à l’extrême » et le « culte de la diversité à tout prix » des libéraux de Justin Trudeau. Le député beauceron voudrait revoir les niveaux d’immigration du Canada (à 250 000 arrivées plutôt que 300 000), miser davantage sur l’immigration économique et s’assurer que les nouveaux arrivants « partagent nos valeurs ». M. Bernier n’a pas pu citer de cas problèmes. Il n’a pas non plus précisé de quelle façon il filtrerait les futurs immigrants. « C’est une bonne question. Soyons ouverts et ayons ces discussions. »

Ces propos, que Maxime Bernier avait aussi tenus plus tôt cet été, lui ont valu d’être traité de raciste ou de populiste. S’il rejette le premier reproche, il n’a rien contre le second. « Il y a plusieurs sortes de populisme. […] Je n’essaie pas de faire de la politique en exploitant des extrêmes de la société. Ce que je fais, je fais de la politique, peut-être, de populisme intelligent basé sur des réformes sérieuses, des réformes nécessaires au Canada, basées sur des politiques publiques sérieuses et bien “songées” », a-t-il plaidé, en assurant qu’il n’accepterait pas dans ses rangs des citoyens antisémites ou opposés à toute forme d’immigration. Mais le débat se fera, a-t-il insisté, en citant un sondageAngus Reiddu mois d’août qui démontrait que 49 % des Canadiens veulent que les cibles d’immigration fédérales soient réduites.

Conservateurs « hypocrites »

Maxime Bernier reprend en outre les idées politiques de sa plateforme lors de la campagne à la chefferie du Parti conservateur : abolition de la gestion de l’offre, fin des subventions aux entreprises, révision de la formule de péréquation, réduction de la taille de l’État. Des enjeux qu’il accuse son ancien parti de ne pas défendre — même si plusieurs élus y croient — de peur de perdre des appuis au sein de l’électorat.

« Je n’ai pas besoin de conservateurs comme ça, qui sont hypocrites », a-t-il affirmé lorsque les journalistes ont noté qu’aucun de ses anciens collègues n’était présent vendredi pour appuyer sa nouvelle formation. M. Bernier a lui aussi suivi la ligne de parti et défendu la gestion de l’offre lorsqu’il était ministre au gouvernement de Stephen Harper. « Moi, c’est fini de la politique comme ça », assure-t-il désormais. Et même si ses positions dérangent, le député libertarien estime qu’il saura convaincre les électeurs en leur expliquant leur bien-fondé. « Si une idée n’est pas populaire aujourd’hui, ça ne veut pas dire que cette idée-là n’est pas juste et vraie. »

Plusieurs conservateurs — dont Brian Mulroney — ont accusé leur ex-collègue, à la suite de son départ, de nuire au mouvement politique en divisant le vote de droite. « Les vrais champions de la droite, les gens qui savent comment gérer l’État, qui ont une expérience gagnante, comme les Jason Kenney, les Doug Ford, les Stephen Harper, ils sont avec nous », a fait valoir Gérard Deltell àRadio-Canada.

Maxime Bernier affirme avoir récolté 140 000 $ depuis qu’il a claqué la porte du Parti conservateur, il y a trois semaines, et avoir reçu 5000 courriels de citoyens intéressés par son parti. Il espère présenter 338 candidats au scrutin de l’an prochain et même briguer certaines des élections partielles à venir.

6 commentaires
  • Gilles Bonin - Abonné 14 septembre 2018 23 h 51

    Le PPC?

    Le PPC: Parti Populaire du Canada ou Plus de Parti Du Canada?

    • Christiane Gervais - Abonnée 15 septembre 2018 10 h 22

      "Monde ordinaire" et "vrai monde" sont des expressions utilisées par des élues et élus populistes, de gauche et de droite, qui sont les seuls à se penser extraordinaires!

  • Steve Brown - Abonné 15 septembre 2018 05 h 33

    Pour vraiment, mais vraiment aider le Canada et le peuple Canadien..

    M. Bernier devrait s'éloigner de la politique fédérale, et ce, pour aider les Canadiens.
    Pourquoi ne pas fonder un parti au québec, là où se trouvent ses racines et économiser ainsi ses sous.

    Steve Brown
    Lévis

  • Yves Légaré - Abonné 15 septembre 2018 08 h 20

    Parti populaire

    Comme c'est bizarre : un parti d'extrème droite avec un nom associé aux pires dictatures communistes ?
    Expliquez-moi, s.v.p.

  • André Ouellet - Abonné 15 septembre 2018 09 h 48

    M. Bernier

    Quelle perte d'énergie dépensée pour rien.Il aurait du se présenter comme député indépendant.Ses expériences passées aux Communes nous sembles pas si extraordinaires et,je me demande commet il peut réussir cette action.

  • Jean-Guy Aubé - Abonné 15 septembre 2018 16 h 41

    le titre de l'article est problématique

    Le titre de l'article ressemble à un slogan électoral. Un autre titre aurait permis au journaliste de maintenir une certaine distance. Pour ce qui est d'un parti pan canadien ou non, dans l'optique de M. Bernier, il sait qu'il a une base dans l'ouest canadien favorable a cette offre politique, donc c'est pertinent de faire un parti pan canadien. C'est au Québec, en raison de notre attachement à la gestion de l'offre, que M. Bernier risque de perdre des appuis.