Une voie de contournement se précise à Lac-Mégantic

Les risques en ce qui concerne la pente, entre Nantes et Lac-Mégantic, où le train impliqué dans la tragédie s’est mis en branle, sont toujours présents.
Photo: André St-Amant La Presse canadienne Les risques en ce qui concerne la pente, entre Nantes et Lac-Mégantic, où le train impliqué dans la tragédie s’est mis en branle, sont toujours présents.

Quelques jours après son cri du coeur réclamant l’éloignement des trains du centre-ville de Lac-Mégantic, la mairesse Julie Morin estime avoir reçu la confirmation du fédéral que la voie de contournement sera bel et bien construite.

Le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, a annoncé mardi matin depuis Israël qu’Ottawa va accorder « un montant substantiel pour la construction d’une voie de contournement à Lac-Mégantic ».

« Ça fait presque cinq ans qu’on se bat pour la voie de contournement et, aujourd’hui, on peut enfin avoir l’espoir dont on avait besoin, soit de savoir qu’on va avoir cette voie-là et surtout qu’on va pouvoir penser à un développement pour notre centre-ville », s’est réjouie Mme Morin.

Invité à préciser si cette annonce confirmait la faisabilité de la voie de contournement, le cabinet du ministre Garneau n’a pas donné suite aux messages du Devoir.

Mais, la mairesse de Lac-Mégantic estime avoir reçu « la réponse » qu’attendaient les Méganticois. Elle a la certitude que le statu quo vient d’être écarté, même si les études sur les options possibles ne sont pas encore terminées.

« Il n’y a pas une voie de contournement seulement pour aider au rétablissement psychologique de la population. Il y a vraiment un enjeu réel de sécurité », a-t-elle souligné.

« Émue », Mme Morin a rappelé qu’actuellement les convois ferroviaires passent toujours au même endroit où ont péri 47 personnes dans la nuit du 5 au 6 juillet 2013.

On veut assurer notre sécurité, mais on ne veut pas non plus pelleter les problèmes dans la cour des voisins

 

Les risques en ce qui concerne la pente, entre Nantes et Lac-Mégantic, où le train impliqué dans la tragédie s’est mis en branle, sont toujours présents.

« Il reste toujours le danger du point de vue de la géographie des terrains et des matières dangereuses qui passent deux à trois fois par jour dans notre centre-ville », a-t-elle indiqué.

La mairesse se dit consciente que malgré l’engagement fédéral, dans le meilleur des scénarios, la voie de contournement serait construite au plus tôt en 2022.

« Dans l’échéancier, on [a toujours parlé] de 2021-2022 […] Mais je vous dirais qu’au moins, on peut avoir l’assurance qu’on peut aller de l’avant avec ce projet-là », a-t-elle dit.

Partage des coûts

Selon la mairesse Morin, les tracés actuellement à l’étude sont estimés à environ 130 millions. Pour l’instant, le montant que consacrera Ottawa au projet n’a pas été dévoilé.

« Il reste encore du travail à faire avec le gouvernement du Québec sur le partage des coûts et avec les municipalités pour finaliser le tracé, c’est pourquoi le montant précis de la contribution fédérale reste à confirmer », a fait valoir le ministre Garneau.

Il a indiqué que son objectif est d’annoncer ces détails avant le cinquième anniversaire de la tragédie, en juillet prochain.

Le député libéral de Mégantic, Ghislain Bolduc, a confirmé que Québec aussi participera au financement du projet.

« La part de Québec, c’est une partie qui est moins de la moitié du coût de la voie de contournement. On n’a jamais défini de chiffre », a-t-il indiqué.

Parmi les autres éléments à considérer, les résultats des consultations du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE). Celui-ci a indiqué dans son rapport que la population était beaucoup plus partagée sur la construction de la voie de contournement.

« Quand on sort le train du centre-ville de Lac-Mégantic, il y aura des impacts sur nos municipalités voisines et, ce matin, les premières personnes auxquelles j’ai parlé, c’est vraiment le maire de Frontenac et le maire de Nantes », a dit Mme Morin. « Oui, on veut assurer notre sécurité, mais on ne veut pas non plus pelleter les problèmes dans la cour des voisins », a-t-elle assuré.

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