Michael Chong aussi veut d’une taxe sur le carbone

Michael Chong
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Michael Chong

Les conservateurs ont beau dénoncer à grands cris la taxe sur le carbone du gouvernement Trudeau, l’un de leurs aspirants-chefs, lui, reprend la promesse libérale. Michael Chong se défend d’imiter Justin Trudeau puisqu’il promet des baisses d’impôt grâce à sa taxe sur le carbone. Mais reste qu’il promet à son tour de tarifer le carbone au pays, et ce, à un prix bien plus élevé que les libéraux.

L’ex-ministre ontarien se démarque du lot des candidats à la chefferie conservatrice en incarnant la frange plus progressiste du mouvement politique. À l’instar du chef progressiste-conservateur ontarien Patrick Brown, Michael Chong appuie l’imposition d’une tarification du carbone. À son avis, le fédéral devrait se doter d’une taxe augmentant de 10 $ la tonne annuellement, pour atteindre 130 $ la tonne en 2030.

Une telle taxe sur le carbone n’est-elle pas pourtant taboue chez les conservateurs que tente de courtiser Michael Chong ? « Ce que j’ai entendu de la part de membres conservateurs partout au pays, c’est qu’ils veulent que le parti renoue avec les principes conservateurs. Mon plan débute avec une baisse d’impôt. C’est un principe conservateur », s’est défendu le député ontarien, en martelant que sa proposition n’avait rien à voir avec celle des libéraux. Car bien que Justin Trudeau ait affirmé que les revenus de sa taxe sur le carbone resteraient entre les mains des provinces, M. Chong promet de son côté que les recettes reviendront aux contribuables grâce à des baisses d’impôt.

Le gouvernement Trudeau prévoit de tarifer le carbone à 10 $ la tonne dès 2018 et de bonifier annuellement le tarif pour atteindre 50 $ en 2022. Les libéraux imposeront ce prix aux provinces qui refusent de le faire. Michael Chong ferait pareil, a-t-il affirmé en présentant son plan économique et environnemental mercredi.

La taxe sur le carbone de Michael Chong s’appliquerait aux secteurs domestiques et du transport, tandis qu’il reviendrait aux provinces de faire de même dans les secteurs pétroliers, électriques et autres. Les recettes annuelles de la taxe de M. Chong — prévues à 18 milliards à terme — serviraient à réduire les impôts. Les provinces seraient encouragées à imiter le fédéral grâce à un incitatif qui leur donnerait droit à un transfert équivalent à 10 % des réductions d’impôt offertes par la province.

Les conservateurs ne peuvent faire fi du débat climatique, de l’avis de Michael Chong. « Notre capacité à gagner ou non l’élection en 2019 dépendra en grande partie de notre façon de présenter cette politique », estime-t-il.

Moins d’impôt

Du côté de la fiscalité, Michael Chong réduirait, comme son rival dans la course à la chefferie Maxime Bernier, le nombre de paliers d’imposition de cinq à deux. Tous deux promettent d’imposer les revenus de plus de 15 000 $ à 15 %. M. Chong imposerait ensuite à 29 % les revenus de plus de 137 000 $, tandis que M. Bernier imposerait à 25 % les revenus de plus de 100 000 $.

Quant aux entreprises, les deux candidats abaisseraient le taux d’imposition de 15 % à 10 %.
 

Qui sont les candidats et les potentiels aspirants-chefs ?

 

Lisa Raitt candidate

L’ancienne ministre Lisa Raitt a confirmé qu’elle serait de la course à la succession de Stephen Harper. Se présentant comme une enfant de famille pauvre du Cap-Breton, Mme Raitt plaide qu’elle saura tenir tête à Justin Trudeau en étant une leader « qui connaît les réalités auxquelles font face les Canadiens » et qu’elle « travaillera d’abord à créer des opportunités pour tous ». « Je serai ce chef », dit-elle dans un français cassé. Mme Raitt annoncera officiellement sa candidature ce jeudi.