Steven Blaney réclame une « diversité d’opinion » des magistrats

Le candidat à la chefferie du Parti conservateur Steven Blaney
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Le candidat à la chefferie du Parti conservateur Steven Blaney

Steven Blaney souhaite lui aussi une Cour suprême plus empreinte de diversité. Mais cette diversité, le candidat à la chefferie conservatrice aimerait la voir dans « l’opinion » des magistrats sur la Charte des droits et libertés. Et qu’importe certains de leurs jugements, Steven Blaney aurait recours à la disposition de dérogation s’il le faut pour légiférer.

Pour la deuxième fois en deux semaines, le député de Lévis a fait campagne en promettant de se soustraire aux décisions du plus haut tribunal du pays. Lundi, c’était pour ressusciter un projet de loi qui mettrait fin au temps de détention qui compte pour double pendant qu’un contrevenant attend son procès et sa sentence. Cette loi conservatrice a été jugée inconstitutionnelle par la Cour suprême au printemps dernier. Steven Blaney a également promis la semaine dernière d’avoir recours à la disposition de dérogation pour interdire le visage voilé au moment du vote, du serment de citoyenneté et dans toute la fonction publique fédérale.

Déséquilibre

« Présentement, comme les parlementaires ont hésité à utiliser les dispositions [de dérogation] de la Charte, on assiste à un déséquilibre entre les piliers de notre système politique », a dénoncé Steven Blaney lundi matin. « Il m’apparaît important maintenant, si vous me permettez l’expression, que nous, les parlementaires, nous mettions nos culottes et que nous assumions les responsabilités qui nous ont été confiées par les élus du peuple. »

Le conservateur s’inquiète par ailleurs que le banc du plus haut tribunal du pays ne témoigne pas de la « diversité des opinions au sein de la magistrature quant à la manière dont la Charte des droits et libertés doit être appliquée ». M. Blaney n’a pas voulu préciser sa pensée ni faire de reproches précis aux juges en poste. « On l’a vu par le passé, à plusieurs reprises, parfois il y a des dissidences. Donc c’est important qu’on assure cette diversité-là, comme on retrouve une diversité au sein de nos institutions politiques. On voit au Parlement différents courants politiques », a fini par avancer Steven Blaney. Son ancien chef Stephen Harper avait parlé en 2006 des « cours nommées par les libéraux ».

Les futures nominations à la Cour suprême seraient, en vertu de son plan politique, supervisées par le travail d’un comité parlementaire qui interrogerait les magistrats nommés afin de « valider [leurs] compétences et [leurs] jugements ».

1 commentaire
  • Jean-François Trottier - Abonné 1 novembre 2016 09 h 34

    Selon qu'on est au pouvoir ou dans l'opposition...

    M. Blaney, comme en général les conservateurs, tente de faire ressembler le plus possible le Canada au USA.
    Chez nos voisins on connaît l'affiliation des juges, du chef du FBI, des shérifs de comté... et de fait chacun d'eux est affilié si non inféodé. Ici les fonctionnaires et les juges sont considérés comme neutres et ont le devoir d'agir comme tels.
    S'il parle de diversité, alors il faudra nommer un juge vert, deux juges NPD, et aussi bien sûr un juge indépendantiste! À moins que les indépendantistes ne soient des électeurs de seconde classe ?
    Je suppose que la question devra lui être posée. Quel sera le premier juge indépendantiste que M. Blaney nommera quand il sera PM ?

    D'autre part, il dit au départ qu'il ne tiendra aucun compte des jugements de la Cour Suprême. Alors en fin de compte, de quoi il se mêle ? Il trouve ça inportant et en parle, ou bien il s'en fout et on passe à autre chose. Voilà une bonne occasion de se taire.

    Tout ça ne fait pas très "homme d'État". Disons, gueulard d'arrière-ban?