Chefferie du PCC: Michael Chong présente sa vision d’une réforme démocratique

Michael Chong, à Ottawa, en février dernier
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Michael Chong, à Ottawa, en février dernier

Le verdict des électeurs ou celui de militants politiques ne suffit pas pour choisir le premier ministre du pays, de l’avis d’un candidat à la chefferie conservatrice. Michael Chong estime que les députés fédéraux devraient avoir le dernier mot quand vient le temps de choisir un nouveau gouvernement ou un premier ministre héritant du pouvoir en cours de mandat.

Le député ontarien dévoilera ce lundi sa proposition de réforme démocratique, dans le cadre de la course à la chefferie du Parti conservateur. En entrevue avec Le Devoir la semaine dernière, à la suite d’une autre annonce à caractère économique, Michael Chong avait dénoncé qu’un simple membre du gouvernement au pouvoir puisse devenir chef du pouvoir exécutif en mi-mandat. L’ex-ministre Chong exigerait, s’il est élu chef conservateur, un vote de confiance des élus fédéraux — tous partis confondus — à la suite du remplacement d’un premier ministre qui quitterait ses fonctions entre deux élections. Des cas comme ceux de Paul Martin, qui a hérité du poste de premier ministre en 2003 après le départ de Jean Chrétien, ou comme Kim Campbell qui a dirigé brièvement le pays en 1993 après la démission de Brian Mulroney.

En vertu de la proposition de Michael Chong, une fois le choix d’un nouveau chef permanent effectué par le parti au pouvoir, la Chambre des communes aurait ensuite à entériner cette décision lors d’un vote de confiance.

Même chose, d’ailleurs, après une élection générale. Michael Chong obligerait la reprise des travaux du Parlement au plus tard deux semaines après le jour du scrutin et forcerait le nouveau gouvernement à se soumettre alors à un vote de confiance des élus fédéraux.

Michael Chong est ce député qui avait déposé un projet de loi de réforme démocratique adopté en 2014 et permettant aux caucus de tenir un vote secret pour destituer leur chef. Le député conservateur avait aussi suggéré, sans pour autant tenter de légiférer à ce sujet, que les chefs de parti ne puissent pas imposer leur veto aux questions posées en Chambre par les élus, ni au choix de candidats électoraux.

Une coalition n’est pas le démon

L’aspirant-chef conservateur s’inscrit par ailleurs en faux contre la position de ses collègues, car il estime qu’une coalition de partis d’opposition devrait pouvoir former un gouvernement et que ce dernier devrait être reconnu. L’ancien premier ministre Stephen Harper a failli être renversé par une coalition en 2008 et le Parti conservateur brandissait depuis sans relâche la menace d’une telle coalition pour convaincre les électeurs de lui accorder une majorité.

La course conservatrice compte maintenant sept candidats officiellement inscrits : Michael Chong, Maxime Bernier, Kellie Leitch, Deepak Obhrai, Andrew Scheer et Brad Trost et Steven Blaney (voir ci-contre).

L’ancien ministre Chris Alexander affirme avoir déposé son bulletin de candidature la semaine dernière.

1 commentaire
  • Jacques Patenaude - Abonné 24 octobre 2016 14 h 03

    Le gouvernement responsable

    Bien bonne idée que la sienne à propos du vote de confiance.....sauf que c'est déjà comme cela que fonctionne le parlement. C'est le principe du gouvernement responsable qui a été gagné au milieu du 19 siècle au Canada-unis de l'époque. Probablement que le député ne s'en est pas rendu compte car ce vote surviens toujours lors du discours du trône et n'est qu'une simple formalité lorsque le gouvernement nouvellement élu est majoritaire. En tout temps lorsque le parlement siège la question de confiance peut être posée et donc le gouvernement renversé. Ce qui est arrivé lorsque une coalition s'est formée avec les libéraux et le NPD c'est que le parti conservateur a empêché la chambre de siéger par une astuce et la coalition s'est disloquée avant la reprise des travaux.