Boulerice passe son tour

Alexandre Boulerice
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Alexandre Boulerice

Jamais deux sans trois, dit l’adage. Un troisième candidat possible à la succession de Thomas Mulcair, comme chef du Nouveau Parti démocratique, annonce qu’il ne sera pas de la course. Comme Nathan Cullen avant lui, le député montréalais Alexandre Boulerice renonce à l’aventure, en grande partie à cause de sa jeune et nombreuse famille.

« Depuis le printemps dernier, plusieurs m’ont encouragé à me présenter. Votre enthousiasme est grisant, je vous remercie de votre appui du fond du coeur. Mais on ne plonge pas dans une pareille aventure sans avoir tout bien pesé avant », écrit M. Boulerice dans son communiqué de presse.

Le député, qui n’a pas accordé d’entrevue, y explique que lui et sa conjointe veillent sur une famille reconstituée de quatre enfants. Deux d’entre eux entrent au secondaire cette année tandis que le petit dernier commence sa première année.

« Dans la vraie vie, ça veut dire bien des devoirs, des leçons, des boîtes à lunch et des sorties sportives ou culturelles. Je ne veux pas manquer ça, ni manquer à mes responsabilités d’élu. De plus, ma conjointe a également une carrière très prenante dans le mouvement syndical et je n’ai pas l’intention de lui demander d’être une conjointe d’apparat. »

Le député de Rosemont–La Petite-Patrie n’est que le dernier à décliner la possibilité de remplacer Thomas Mulcair. Le député de la Colombie-Britannique Nathan Cullen a fait de même en juin et, avant lui, la députée défaite d’Halifax Megan Leslie. Encore personne ne dit « présent ». Dans les coulisses, on indique qu’il est presque certain que le député de Rimouski, Guy Caron, se lancera. M. Caron fera connaître sa décision cet automne.

Mulcair expulsé ?

La chefferie sera sur toutes les lèvres la semaine prochaine, alors que le caucus de députés se réunit à Montréal. Des sources soutiennent que le départ de M. Mulcair — qui s’est engagé à rester en poste jusqu’à ce qu’un nouveau leader soit choisi à l’automne 2017 — est réclamé.

« On ne peut plus vendre le parti avec le visage du chef qui s’est fait montrer la porte. Et on ne peut pas attendre un an », dit une source qui cite les sondages faméliques et évoque des problèmes de financement.

Ce mouvement est-il significatif ? Hans Marotte, le vice-président du NPD, ne le croit pas. « J’ai appelé 20 personnes depuis [jeudi], dont 11 députés du Québec, et ce n’est pas du tout l’écho que j’ai. Ça viendrait de quelques anciens députés et de deux ou trois élus actuels qui n’ont pas accepté que Tom reste. »

M. Marotte rappelle qu’au printemps, 42 des 44 élus présents avaient accepté le maintien en poste de M. Mulcair. « Ça faisait largement consensus. » Il demandera que la question soit soulevée au caucus, histoire de crever l’abcès.