Les libéraux fédéraux sont interpellés sur les stages bénévoles

La plupart des entreprises relevant de la compétence fédérale auraient les moyens de payer leurs stagiaires.
Photo: INRS La plupart des entreprises relevant de la compétence fédérale auraient les moyens de payer leurs stagiaires.

Ottawa — Des syndicats et des associations étudiantes demandent à Ottawa d’amender un projet de loi qui permettrait à des entreprises relevant de la compétence fédérale d’embaucher des stagiaires qui ne seraient pas payés pendant quatre mois.

Le projet de loi est hérité du précédent gouvernement conservateur, qui avait mis la table, dans son dernier budget, à une réforme du Code du travail pour protéger davantage les stagiaires contre le bénévolat un peu « obligé ».

Or, ce projet de loi prévoit des échappatoires qui permettraient, dans certains cas, l’embauche de stagiaires qui ne seraient pas rémunérés pendant les quatre premiers mois d’un stage à plein temps — ou pendant la première année d’un stage à temps partiel.

Des syndicats et des associations étudiantes demandent aux libéraux d’éliminer ces provisions.

L’Association canadienne des stagiaires soutient que la proposition créera une échappatoire juridique qui favorisera la précarité chez les jeunes travailleurs.

L’association a publié sur son site une lettre ouverte cinglante à la ministre de l’Emploi, du Développement de la main-d’oeuvre et du Travail, MaryAnn Mihychuk. L’association y annonce qu’elle se retire des consultations sur les stages non rémunérés parce qu’elle ne veut pas discuter d’exploitation de jeunes travailleurs par le biais de stages non rémunérés — à moins que ces stages soient directement liés à la scolarité.

De plus, selon l’association, la plupart des entreprises relevant de la compétence fédérale (communications, transports, banques) ont les moyens de payer leurs stagiaires.

« Des géants comme Bell Média, Via Rail, Air Canada, la Banque TD, Rogers ou Radio-Canada seraient pour ainsi dire encouragés à entretenir un cycle infini d’embauche de stagiaires non rémunérés plutôt que d’afficher des postes », écrit l’association.

La ministre Mihychuk a indiqué que son gouvernement se penche sur ce problème, mais elle encourage les différents intervenants à maintenir le dialogue.