500 000 $ en primes pour des employés de Tony Clement

Bijoux en or, billets pour des parties de hockey, caméscopes, iPod, visites au spa, et même une carte-cadeau pour de l’alcool : ce ne sont que quelques exemples des cadeaux d’une valeur totale d’un demi-million de dollars qu’un ministère fédéral a donnés à certains de ses employés dans les cinq dernières années.

 

Le Secrétariat du Conseil du Trésor, qui compte environ 1900 employés, dépense maintenant plus de 100 000 $ par année pour récompenser son personnel. Ce montant annuel a quadruplé depuis 2006, année d’accession au pouvoir des conservateurs de Stephen Harper.

 

Il a atteint un sommet de 135 000 $ en 2011, l’année lors de laquelle le gouvernement a commencé à faire des compressions dans la fonction publique et les programmes afin d’éradiquer le déficit budgétaire en 2015.

 

Le président du Conseil du Trésor, Tony Clement, a récemment critiqué les avantages sociaux offerts aux fonctionnaires et s’est publiquement engagé à les réduire, ce qui l’a placé en conflit avec les syndicats.

 

Mais des documents internes, obtenus par La Presse canadienne en vertu de la Loi sur l’accès à l’information, révèlent que son ministère est encore plus généreux que les autres, avec son programme appelé « Primes spontanées », qui remet des cadeaux d’une valeur pouvant atteindre 500 $ pièce.

 

Sur la liste, machine à coudre Sears, mini-ordinateur portable, bague Tiffany et GPS Garmin côtoient une variété de cartes-cadeaux pour des spas, des restaurants, des stations d’essence, les magasins Toys “R” Us, Canadian Tire, Tim Hortons et Starbucks.

 

De 10 $ à 500 $

 

La récompense la moins chère est une carte d’achat de 10 $ pour des cafés ou une salle de quilles. À l’opposé, plusieurs employés ont reçu des cartes-cadeaux de 500 $ à dépenser chez Best Buy ou dans les magasins du centre commercial Rideau. Un employé du secteur de la gestion des dépenses a même obtenu une carte de 50 $ à dépenser dans les LCBO, les SAQ ontariennes.

 

Les documents, remis deux mois après la date limite fixée par la Loi sur l’accès à l’information, détaillent les noms des employés, mais pas les raisons qui leur ont valu des centaines primes. Ces programmes de récompenses ont un plafond de 500 $ par article.

 

L’an dernier, la controverse sur les récompenses aux employés avait éclaté lorsqu’un député néodémocrate avait demandé à plusieurs ministères s’ils avaient acheté des billets pour des événements sportifs.

 

Tony Clement avait répondu que le Conseil du Trésor avait acheté à quatre employés des billets pour les Sénateurs d’Ottawa, d’une valeur totale de 1109 $ entre 2009 et 2011. Le ministre a depuis interdit l’achat de billets pour des événements sportifs.

 

Une politique fédérale encourage les récompenses accordées pour le bon travail des employés, mais précise que « la reconnaissance n’a souvent aucun coût associé ».

 

Une demande d’entrevue envoyée à la porte-parole du Conseil du Trésor la semaine dernière est restée sans réponse.

4 commentaires
  • Pierre Labelle - Inscrit 18 novembre 2013 04 h 58

    Pendant ce temps...

    Faites ce que je dis, mais ne faitent pas ce que je fais, c'est cela Tony? Comme si ces fonctionnaires étaient sous-payer, à ce que je sache ils ne travaillent quand même pas au salaire minimum... Pendant ce temps là, des gens comme moi qui ont travaillés plus de 45 ans ont droit à un gros 544$ par mois de pension de vieillesse. Pendant ce même temps là, des centaines de milliers de travailleurs ne gagnent que le salaire minimum, pas de fond de pension, souvent sans syndicat pour les défendrent des abus de certain employeur, alors les primes au rendement faut pas rêver.... À part de ça, c'est quoi cette histoire de prime au rendement, depuis quand des fonctionnaires devraient-être sur-payer pour un travail pour lequel ils sont déjà que trop payer pour certain d'entre eux? Ce sont des privilégiés de la société et ils ne savent même pas, se plaindrent, ça ils savent!

  • Michel Bouchard - Inscrit 18 novembre 2013 10 h 12

    Pendant ce temps...

    Pendant ce temps , le dénonciateurs se font renvoyés ( lire article protection des dénonciateurs dans ce même journal ) et aucun soutien ne leur aient offertes , lire Syvlie Thérrien qui a eu l'audace de dénoncer les quotas du gouvernement en matiere d'assurance-emploi.

  • Leclerc Éric - Inscrit 18 novembre 2013 11 h 02

    L'argent n'a pas d'odeur...

    Tout comme pour les objectifs de recouvrement chez Revenu Québec, les objectifs du conseil du trésor sont clairs et les employés qui sont les plus radicaux et voraces face aux contribuables les plus vulnérables empochent leurs récompenses.

    Et je suis persuadé que pour avoir la chance de gagner ne serait-ce qu'un ipod à 100$ (et malgré leurs salaires et avantages sociaux nettement au-dessus de la moyenne des travailleurs canadiens) que pas mal de fonctionnaires fédéraux utlisent toutes les tactiques possibles pour y arriver; et si ces employés du gouvernement du Canada ne sont pas soumis à une déclaration de service aux citoyens (comme au provincial) ça doit donner lieu à des situations corsées!

  • Carroll Roy - Inscrit 19 novembre 2013 16 h 16

    Bravo monsieur clement...

    Tiens, tiens, des petits cadeaux....

    1/2 million de $$$$, bof y'a rien là.

    Et maintenant, j'espère qu'on enquêtera pour savoir que ces petits cadeaux doivent être déclarés lors de la «déclaration d'impôts». Un moindre mal.

    En tout cas, m. clement, vous l'avez l'affaire.