Sciences et technologie - Un programme fédéral de stages qui coûte cher, selon un rapport

Ottawa – Un programme fédéral qui achète des stages pour des diplômés en sciences et en technologie coûte cher, et ses coûts administratifs s’élèvent jusqu’à 44 cents pour chaque dollar dépensé.


Cette donnée figure parmi les conclusions d’une évaluation provisoire du Programme de stages en recherche-développement industrielle (SRDI), lancé en grande pompe par le gouvernement Harper en 2007. Il dépense actuellement 13,8 millions de dollars en argent des contribuables chaque année.


L’évaluation, qui date d’octobre dernier, a trouvé que les coûts indirects du programme commencent au Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie, l’agence fédérale qui administre le programme par l’entremise de ses Réseaux de centre d’excellence. Le conseil dépense environ six cents pour chaque dollar en administration, ce qui est plus élevé que dans d’autres programmes de l’agence.


Mais les coûts indirects incluent aussi ceux des deux agences non gouvernementales qui s’occupent de la livraison du programme, Mitacs et Connexion Canada, toutes deux des organisations sans but lucratif.


Selon le rapport, les coûts combinés ont atteint 44 cents pour chaque dollar dépensé en stage en 2009-2010, mais les responsables ont fait valoir que le montant avait chuté depuis, pour atteindre 36 cents actuellement.


Le rapport provisoire conclut que « les coûts administratifs sont très élevés comparativement à ceux d’autres programmes » et souligne que les avis sont partagés quant à l’efficacité du programme pour distribuer des stages en recherche et développement.

 

Pertinent, mais onéreux


Le rapport provisoire a été obtenu par La Presse canadienne à l’aide de la Loi à l’accès à l’information. Il avait été préparé par une société de consultants de Vancouver, Ference Weicker Co. Ltd., pour 158 000 $, y compris les frais de voyage.


Le programme de stages pour les diplômés en sciences et technologie a été annoncé dans le budget fédéral de mars 2007 avec le but de financer à terme 1000 places dans des entreprises privées chaque année.


Le programme a été rendu permanent en 2009, et 970 places ont été financées en 2011-2012. Son budget de base était de 6,9 millions annuellement, et on y a ajouté presque 7 millions pour l’année fiscale en cours.


Le programme paie un minimum de 10 000 $ pour chaque stage, d’une durée de quatre à six mois, jusqu’à la moitié des coûts totaux. Les universités, les provinces et les firmes du secteur privées assument le reste des coûts.


L’évaluation donne de bonnes notes au programme pour ce qui est de sa pertinence et de son efficacité, mais remet ses coûts en question. Des critères d’admissibilité au programme pourraient aussi être ajoutés.


Les Réseaux de centres d’excellence consulteront le rapport au cours d’une réunion, le 25 mars, avant de faire des commentaires, a indiqué le porte-parole de l’organisme, André Isabelle, par courriel.


Une porte-parole de Mitacs, Megan Airton-Cindric, a dit que l’organisation vancouvéroise n’avait pas encore vu le rapport et ne pouvait donc pas commenter son contenu. Elle a ajouté que son contrat avec le gouvernement fédéral fixait une limite pour les coûts indirects, et que Mitacs respectait cette limite. La porte-parole n’a pas spécifié quelle était cette limite.