Longueuil gèle ses taxes pour l’an prochain

La mairesse de Longueuil, Sylvie Parent
Photo: Karl Rettino-Parazelli Archives Le Devoir La mairesse de Longueuil, Sylvie Parent

La Ville de Longueuil estime à 30 millions le coût de la pandémie de COVID-19. Mais comme l’ont fait Montréal et Laval, Longueuil propose de geler les taxes de ses contribuables en 2021, ce que lui permet de faire l’aide financière obtenue de Québec et d’Ottawa.

L’administration de Sylvie Parent a présenté mardi un budget de 461,1 millions de dollars, en hausse de 3,1 % par rapport à l’année précédente.

La Ville a pu geler ses taxes grâce à l’aide de 26,9 millions qu’elle a reçue des gouvernements fédéral et provincial pour traverser la crise de la COVID-19. Une part de 7,6 millions de cette aide a été utilisée pour éponger les pertes survenues en 2020 et attribuables à la pandémie. La balance, soit 19,3 millions $, sera appliquée au budget de 2021.

La mairesse Parent a soutenu que cette aide financière permettra à la Ville de maintenir ses services au même niveau pour l’an prochain. « L’aide gouvernementale nous a donné un coup de pouce considérable parce que le défi était immense quand on a commencé l’étude du budget 2021 », a-t-elle reconnu. « On espère que ce sera suffisant pour couvrir les dépenses liées à la COVID. »

Pour une propriété unifamiliale moyenne de 310 000 $, le compte de taxes s’élèvera à 2890 $.

Les revenus de taxes foncières devraient atteindre 344 millions en 2021 et la Ville s’attend notamment à une hausse de ses revenus découlant du développement immobilier, ce qui devrait lui permettre d’encaisser 1,4 million de plus qu’en 2020.

La Ville prévoit toutefois que ses revenus de stationnement, de droits de mutation, d’amendes et d’intérêts baisseront de 5,1 millions l’an prochain.

Plusieurs activités entraîneront des hausses de dépenses l’an prochain, comme la collecte des matières résiduelles et organiques (+3 millions), l’amélioration du déneigement et le renouvellement des contrats (+2,8 millions), la rémunération et le recours à des professionnels pour la gestion du réseau d’aqueducs et d‘égouts (+ 4,7 millions) et la hausse de la quote-part pour les activités de l’agglomération et les transports en commun (+ 4,5 millions).

La Ville, qui a réduit le budget des loisirs, s’attend à ne pas pouvoir ouvrir plusieurs de ses patinoires extérieures cet hiver en raison, notamment, des règles sanitaires interdisant les parties de hockey sur les patinoires extérieures. « Une grande partie des patinoires sont entretenues l’hiver par des organismes qui ont des employés ou des bénévoles. Ceux-ci nous ont dit que, cette année, ils avaient un problème de main-d’œuvre », a expliqué la mairesse. Sans une main-d’œuvre suffisante, il sera difficile de faire respecter les règles sanitaires, a-t-elle ajouté.

Le budget de la Ville de Longueuil sera soumis à l’adoption du conseil municipal mardi soir.

Déficit d’agglomération

Le budget de l’agglomération, qui inclut les villes de Longueuil, Boucherville, Brossard, Saint-Bruno-de-Montarville et Saint-Lambert, a été adopté la semaine dernière. Il atteindra 388,6 millions $, soit une hausse de 3,1 millions par rapport à 2020.

La sécurité publique sera dotée d’un budget de 116,8 millions alors que la sécurité incendie disposera d’un budget de 41,2 millions. La contribution annuelle pour l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) grimpera à 92,6 millions.

L’agglomération a cependant terminé l’année 2020 avec un déficit de 1,6 million, ce qui a forcé les élus à voter pour un budget supplémentaire la semaine dernière afin de boucler l’année financière. La mairesse Parent a admis qu’il faudrait à l’avenir se doter de certaines réserves financières pour faire face aux imprévus. « Personne ne pouvait prévoir la pandémie, mais je pense que chacune des villes avait dans ses propres budgets une certaine réserve pour faire face à la pandémie. L’agglomération en avait très peu, ce qui a fait que nous avons dû prévoir une quote-part spéciale pour l’ensemble des cinq villes. »

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