Un sommet Québec-Ontario pour planifier la relance économique… et relancer les hostilités

Les premiers ministres québécois et ontarien, François Legault et Doug Ford, dirigeront le sommet qui aura lieu mardi et mercredi.
Photo: Chris Young Archives La Presse canadienne Les premiers ministres québécois et ontarien, François Legault et Doug Ford, dirigeront le sommet qui aura lieu mardi et mercredi.

Les premiers ministres de l’Ontario et du Québec, ainsi qu’un assortiment de leurs ministres respectifs, se réuniront mardi et mercredi prochain en banlieue de Toronto pour discuter de la relance économique postpandémie. Il sera question de commerce interprovincial, mais Québec espère surtout y raviver un front commun pour réclamer d’Ottawa plus d’argent pour le système de santé.

« Quand on parle de relance économique et de transferts en santé du gouvernement fédéral vers les provinces, je pense que c’est une bonne chose qu’on s’associe ensemble, a expliqué le premier ministre du Québec, François Legault. Quand on a le Québec et l’Ontario qui demandent d’une voix commune une augmentation des transferts en santé, ça a du poids, qu’on le veuille ou non, pour n’importe quel chef fédéral. »

Les 13 premiers ministres provinciaux et territoriaux doivent se rencontrer pour leur réunion annuelle du Conseil de la fédération les 24 et 25 septembre prochain. Ils discuteront de leur demande pour qu’Ottawa finance davantage la santé. Pourquoi, alors, amorcer cette discussion seulement avec l’Ontario deux semaines plus tôt ? « Je pense que c’est important que le Québec et l’Ontario préparent des positions communes, a expliqué M. Legault. Ensuite, on espère que ces positions seront communes pour l’ensemble des provinces et territoires. »

En 2019, les provinces avaient d’une seule voix réitéré leur demande au gouvernement fédéral qu’il hausse chaque année son transfert destiné à la santé de 5,2 %. Depuis 2017, la hausse est plutôt arrimée au taux de croissance du PIB, avec un taux plancher de 3 %. La différence serait d’environ un milliard de dollars de plus la première année. Mais depuis ce front commun, la pandémie a frappé et Ottawa a dépensé des centaines de milliards de dollars pour maintenir l’économie canadienne à flots. Le gouvernement fédéral s’est engagé à verser 21 milliards additionnels aux provinces pour les aider à gérer la pandémie, dont 2 pour la rentrée scolaire seulement.

Le sommet sera par ailleurs l’occasion de discuter de commerce intérieur. La ministre ontarienne des Transports, Caroline Mulroney, espère pouvoir obtenir pour sa province plus d’accès au marché québécois. « Ce sera une opportunité pour nous de parler d’ouvrir l’accès, faciliter l’accès au marché québécois pour vendre nos produits. C’est une occasion de promouvoir le commerce intérieur », explique-t-elle en entrevue. L’Ontario, comme le Québec, s’est doté pendant la pandémie d’un plan pour favoriser l’achat local : le « panier bleu » québécois est devenu le « fait en Ontario » de l’autre côté de la rivière des Outaouais. Selon Mme Mulroney, il faut bâtir sur ces initiatives « avec les frontières [internationales] qui sont fermées ».

La délégation québécoise au sommet comprendra le ministre des Finances, Éric Girard, celui de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, celui de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon, la présidente du Conseil du Trésor et ministre responsable des infrastructures, Sonia LeBel, et le ministre des Transports, François Bonnardel.


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