Longueuil renonce à construire sa propre usine de biométhanisation

Montréal, qui comptait se doter de cinq usines sur son territoire, a fait face à une explosion des coûts.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Montréal, qui comptait se doter de cinq usines sur son territoire, a fait face à une explosion des coûts.

Craignant une explosion des coûts comme à Montréal, l’agglomération de Longueuil a renoncé à construire sa propre usine de biométhanisation et confiera le traitement des matières organiques des résidents de son territoire à l’usine de Varennes.

L’agglomération de Longueuil a conclu une entente d’une durée de 40 ans avec la Société d’économie mixte de l’est de la couronne sud (SEMECS), qui possède déjà une usine de biométhanisation à Varennes. En activité depuis janvier 2018, cette usine traite les matières organiques de 245 000 résidents sur la Rive-Sud.

La SEMECS est un organisme privé détenu majoritairement par les 27 municipalités des MRC de La Vallée-du-Richelieu, de Marguerite-d’Youville et de Rouville. Elle est gérée avec un partenaire privé, le Consortium Biogaz EG.

L’usine de Varennes devra être agrandie pour desservir les 426 000 résidents de l’agglomération de Longueuil. Celle-ci investira 44 millions dans ce projet d’agrandissement.

En 2010, Laval et Longueuil avaient annoncé leur intention de construire des usines de compostage. Longueuil envisageait d’y consacrer 70 millions.

40 ans
Durée de l’entente conclue par l’agglomération de Longueuil avec la Société d’économie mixte de l’est de la couronne sud

Explosion des coûts

Montréal, qui comptait se doter de cinq usines sur son territoire, a fait face à une explosion des coûts. En novembre dernier, la Ville a dû admettre que le projet coûterait 523 millions, au lieu des 237 millions initialement prévus. C’est que, lors de l’ouverture des soumissions pour trois projets, la Ville a constaté que les prix dépassaient de 50 % ses estimations.

Devant ce constat, Longueuil a évalué d’autres scénarios, dont celui d’un partenariat avec la SEMECS.

« On a fait la comparaison entre les deux possibilités et force a été de constater que, sur le plan financier, c’était beaucoup plus avantageux pour l’agglomération de Longueuil de se tourner vers ce partenaire qui existe et dont la technologie est déjà éprouvée », a expliqué vendredi la mairesse de Longueuil, Sylvie Parent.

Longueuil estime à 150 $ la tonne le coût du traitement des matières organiques. Outre l’investissement initial de 44 millions, l’agglomération participera aux frais d’exploitation de l’usine.

Mais si les coûts devaient dépasser les prévisions, c’est la SEMECS qui assumerait la différence, et non l’agglomération de Longueuil, a assuré le président de la SEMECS et maire de Varennes, Martin Damphousse. Les nouveaux équipements devraient être en activité le 1er janvier 2023 et pourront recevoir les 35 000 tonnes de l’agglomération de Longueuil.

La biométhanisation est un procédé de traitement des matières organiques par digestion anaérobique. À l’heure actuelle, le digestat produit sert d’amendement de sol pour des agriculteurs de la région. Quant aux biogaz, ils sont vendus.

L’entente conclue devra être entérinée par le conseil d’agglomération le 21 février.

Le temps commence à presser pour les municipalités car, en vertu d’une politique gouvernementale, elles devront cesser d’enfouir les matières organiques en 2023, faute de quoi elles devront payer des pénalités.

À Montréal, l’administration Plante évalue toujours la situation et devrait faire connaître ses intentions sous peu. Quant à la Ville de Laval, son projet d’usine est à l’étape de planification.