Ne pas oublier les étudiants à temps partiel

«La mesure annoncée pourrait avoir un effet démotivant pour les étudiants qui travaillent d’arrache-pied entre les études difficiles et un métier éprouvant et au salaire peu reluisant», écrit l'autrice.
Photo: Damien Meyer Agence France-Presse «La mesure annoncée pourrait avoir un effet démotivant pour les étudiants qui travaillent d’arrache-pied entre les études difficiles et un métier éprouvant et au salaire peu reluisant», écrit l'autrice.

Le 25 novembre dernier, le ministre des Finances a annoncé 2,9 milliards de dollars en bourses pour attirer des travailleurs dans six domaines, dont l’éducation et l’enseignement. Cette bourse aurait pour but de « former, requalifier et attirer des travailleurs ». Ce programme de bourses sera offert aux étudiants à temps plein, après chaque session terminée.

Bien que cette initiative soit fort bienvenue, elle me semble incomplète et discriminatoire : une portion importante des futurs enseignants est oubliée — les étudiants à temps partiel. En effet, nous sommes des centaines à vivre une situation semblable. Afin de combler le manque criant de personnel dans notre domaine (enseignement), nous avons choisi d’occuper un contrat à temps plein dans une école en tant qu’enseignants non légalement qualifiés en continuant notre formation à temps partiel. Nous essayons de remédier du mieux que nous le pouvons à cette pénurie d’enseignants tout en étudiant afin d’obtenir notre brevet. Or, nous nous retrouvons fortement désavantagés dans cette situation en comparaison avec les étudiants à temps plein.

Adapter la solution

Évidemment, je comprends qu’une bourse du même montant ne peut être remise aux étudiants à temps partiel. Cependant, il me semble injuste et inéquitable de priver les étudiants à temps partiel d’une bourse adaptée à leur parcours scolaire, au prorata des cours suivis, par exemple. Cette solution semble des plus logiques, et je suis très surprise de voir le manque de soutien de la part du gouvernement.

La mesure annoncée pourrait avoir un effet démotivant pour les étudiants qui travaillent d’arrache-pied entre les études difficiles et un métier éprouvant et au salaire peu reluisant. Il est inévitable que des étudiants qui occupent déjà des postes à temps plein vont les abandonner afin de retourner sur les bancs d’école à temps plein si les conditions de cette bourse ne changent pas. Résultat ? La pénurie n’en sera que plus aiguë. N’oublions pas les vraies victimes dans cette situation : nos élèves, nos enfants. Il me semble insensé de ne pas proposer une bonification des bourses pour tout étudiant suivant un des parcours d’études désignés.

J’appelle les professionnels de l’éducation, les étudiants en éducation et le grand public à prendre conscience de cet enjeu et à se mobiliser. L’assistance gouvernementale aux études ne devrait jamais discriminer des étudiants à cause de leur parcours, encore moins quand ces étudiants aident à pallier la pénurie qui mine le secteur de l’éducation depuis bien des années.

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