Des investissements dans l’enseignement supérieur, ça presse !

«De quoi s’ennuient les étudiants ? J’aimerais répondre que ce sont les cours en présence. Mais ils s’ennuient surtout de ce lieu vivant, enjoué, enrichissant qu’est le cégep où une étape importante de leur vie se déroule.» écrit l'autrice.<br />
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Photo: Michael Monnier Le Devoir «De quoi s’ennuient les étudiants ? J’aimerais répondre que ce sont les cours en présence. Mais ils s’ennuient surtout de ce lieu vivant, enjoué, enrichissant qu’est le cégep où une étape importante de leur vie se déroule.» écrit l'autrice.

 

Dans le contexte de la pandémie, les enseignants du collégial tiennent le fort depuis un an et ontréussi, en un temps record, à adapter leurs cours à l’enseignement à distance. Cela peut sembler simple, mais ce ne l’est pas : la maîtrise des outils technologiques, la formation, le soutien technique auprès des étudiants, peu habitués et anxieux, l’organisation des classes en mode virtuel, l’adaptation du matériel d’enseignement, les travaux d’équipe, les évaluations àdistance, tout cela demande desheures de travail supplémentaire que les profs ont pris, en plus des heures habituelles, durant leurs vacances, leurs fins de semaine, leurs soirées. Personne n’a réclamé que cet investissement de temps supplémentaire soit rémunéré. On afait notre part. Il a fallu équiper tout le monde et, rapidement, nous avons fait le constat que si, dans cette crise, nous, les profs, n’étions pas outillés également, nos étudiants ne l’étaient pas non plus.

On ne le dira jamais assez : la pandémie nous a révélé l’ampleur de la fragilité des services publics. Tous les efforts ont été mis par les professeurs, les employés et la direction pour sauver le parcours scolaire de la majorité des étudiants. Par contre, nous savons mieux que quiconque qu’ils commencent à ressentir les effets de l’isolement. Leur santé mentale vacille et nous en sommes témoins. Qu’en est-il de ceux et celles qui, tout frais sortis du secondaire, ont quitté le navire, incapables de s’adapter à l’enseignement à distance ? Des étudiants en situation de handicap qui n’ont pas pu avoir le soutien nécessaire pour réussir leurs études ? Il n’est pas trop tard pour leur venir en aide.

Notre cégep, nos cégeps, ces navires qu’on réussit à garder à flot, montrent des signes de fatigue depuis longtemps. Quand le gouvernement a annoncé récemment le retour en classe et la mise en place de l’enseignement comodal, nos services informatiques ont dû encore une fois se réorganiser rapidement. Et cela demande du temps. Et au-delà des paroles, il faut des investissements.

Au-delà de la diplomation, il ne faut pas oublier que nos établissements d’enseignement sont aussi des milieux de vie, de création artistique, de recherche, de débats, de services à la collectivité. De quoi s’ennuient les étudiants ? J’aimerais répondre que ce sont les cours en présence. Mais ils s’ennuient surtout de ce lieu vivant, enjoué, enrichissant qu’est le cégep où une étape importante de leur vie se déroule.

Au-delà des palmarès, de la compétition entre institutions, on forme des gens qui retournent sur le marché du travail, des jeunes qui s’apprêtent à entrer dans la vie adulte, qui s’ouvrent sur le monde, qui apprennent les rudiments de leur futur métier. Après un an d’enseignement en non présentiel, il faut s’occuper plus particulièrement de la santé psychologique de ceux-ci, de celles-ci, mais aussi du corps enseignant qui a à cœur sa mission éducative, mais qui sent peu de reconnaissance. Et cela commence à peser lourd dans la balance, sans compter les négociations qui ont été complètementmises de côté par le gouvernement, nous qui sommes sans convention depuis bientôt un an.

La crise sanitaire a eu un impact important sur toute la communauté collégiale. Il faut à la fois avoir les moyens de faire face à cette crise, mais aussi ceux de faire face à sa sortie. Le gouvernement Legault n’avait-il pas dit que l’enseignement supérieur serait une priorité de son gouvernement ? Nous devons dès maintenant nous assurer d’avoir toutes les ressources financières nécessaires pour revenir à une certaine « normalité » après cette difficile période. Le défi sera colossal. Il faut faire des milieux d’enseignement postsecondaire une priorité. C’est toute la communauté qui en profitera.

1 commentaire
  • Jean-Paul Charron-Aubin - Inscrit 20 février 2021 13 h 24

    L'évolutionn savoir viser juste...

    Je ne crois pas que le manque de chaleur humaine joue un rôle quelconque vs l'aprentissage en classe. C'est plutôt la socialisation entre amis(es)qui manque. Bientôt, la présentation de cours universitaire et de cegep en video arriveront et et seront la norme. La disparition de professeurs(es) ce fera au profit de l'aide au devoir et des autre types d'expert afin de mieux gérer chaque cas individuellement vs stress, angoisse de performance etc. Ce changement auras probablement un coût similaire à selui actuel mais il sera fortement mieux précis, facilitant ainsi le problème des retardataires, des moyennes performances et des doués(es). Le retour à une certaine routine facilitera l'apprentissage, minimisant ainsi le stress cumulé. Nous feront place à ce changement, j'en suis sûr, sous peu. L'adaptation préssante aux changements nombreux de nos jeunes vs la mondialisation, la transformations de tant d'emploi ainsi que la certe disparition de certains due à la 5G forceront ce changement. Investir d'avantage afin de demander d'avantage à certains, qui ne fournisse plus tant la demande est forte est inconcevable. La solution de continuitée avec professeur au niveau cégep et universitaire n'est pas une solution de stabilitée, de croissance possible et d'adaptation réaliste. La correction peut ce faire avec des aides au devoir et où des ordinateurs. Cherchons le bien de tous, cessons d'en demander trop aux professeux,aidons les comme ils demandent. Metons nous au modernisme de l'adaptation, bien à vous,