L’urgence climatique existe, elle ne relève pas d’une opinion

«Nous sommes déjà nombreux à signer des pétitions, à manifester, à correspondre avec nos députés, à entamer des grèves et à affronter les lobbys pétroliers en exigeant qu’ils soient tenus pour responsables», écrit l'autrice.
Photo: Guillaume Levasseur Le Devoir «Nous sommes déjà nombreux à signer des pétitions, à manifester, à correspondre avec nos députés, à entamer des grèves et à affronter les lobbys pétroliers en exigeant qu’ils soient tenus pour responsables», écrit l'autrice.

Avant d’aller travailler samedi matin, j’écoute la radio. Une journaliste relate les faits : bien qu’il existe une multitude de facteurs qui contribuent à la hausse en fréquence et en intensité des feux de forêt en Californie en automne, les dérèglements climatiques anthropiques amplifient et multiplient fortement tous ces facteurs de risque. Elle ajoute d’un ton grave que ce n’est qu’un début, et que nous devons nous préparer à vivre de plus en plus de catastrophes météorologiques.

Tout ça, nous l’avons déjà entendu. Pourtant, le commentateur termine l’entrevue, puis, rieur, répond : « Bon, il y a définitivement matière à débattre ! Peut-être que oui, ou peut-être qu’il ne faut pas partir en peur. » Ces paroles sont comme une claque dans la figure ou un seau de glace qu’on me vide sur la tête. Que faudra-t-il subir pour que nous décidions d’agir rationnellement, en écoutant le consensus scientifique ?

Nous connaissons les étapes à suivre pour que la vie sur la Terre puisse fleurir en santé. Nous devons exiger une transition rapide vers la fin de l’extraction de combustibles fossiles et vers l’utilisation d’énergies renouvelables. Nous devons lutter pour redresser les moyens de production afin de réellement contrôler les industries financières et énergétiques qui contribuent consciemment au ravage des écosystèmes. Nous devons financer à long terme le système de santé et la recherche scientifique pour répondre à une demande grandissante de soins équitables et de technologies propres.

Nous devons considérer l’urgence climatique dans une perspective de justice climatique, et agir en tenant compte du fait que les pays qui contribuent le plus aux émissions de gaz à effet de serre sont ceux qui en souffrent le moins et que les populations pauvres exploitées par les industries textiles et agricoles souffrent plus directement de l’instabilité des terres et de leur environnement. Nous devons encourager la démocratisation des sociétés et les processus de décolonisation afin d’assurer le bien-être des peuples, pour qu’ils soient aptes à participer à une relance verte. Nous devons choisir les initiatives agricoles locales. Nous devons investir dans des infrastructures de transport vert, comme l’inauguration de réseaux cyclables et de systèmes de transport en commun accessibles.

Opposons-nous aux coupes forestières dans Lanaudière, sur le territoire des Attikameks, à la construction dangereusement insensée du gazoduc GNL Québec, aux projets de loi comme le 61, qui donneraient à la CAQ le pouvoir d’adopter des résolutions écocidaires. Demandons une relance économique qui repousse toute tentative d’investir dans les secteurs des énergies fossiles, qui se débarrasse des politiques de greenwashing et de langue de bois. Soyons solidaires envers les peuples partout dans le monde qui déclenchent des révolutions sociales pour obtenir une planète universellement riche et verte. Écoutons les scientifiques comme nous les écoutons pour les mesures sanitaires.

Nous sommes déjà nombreux à signer des pétitions, à manifester, à correspondre avec nos députés, à entamer des grèves et à affronter les lobbys pétroliers en exigeant qu’ils soient tenus pour responsables. Il s’agit donc de continuer à se serrer les coudes (même à deux mètres), d’être encore plus nombreux à lutter, de diversifier nos tactiques et de tenir tête à la désinformation, jeunes ou vieux.

J’entends déjà le discours réducteur qui résonne un peu partout face à ces responsabilités : les environnementalistes sont des alarmistes qui poussent leur programme politique socialiste en tenant des discours de peur. Ils sont-tu beaux, les jeunes dans la rue, ils sont donc ben cute, ils ont de la fougue, mais ils exagèrent !

Dire la réalité, ce n’est pas partir en peur, monsieur le commentateur. C’est se tenir droit debout et accepter les changements difficiles que nous devons prendre afin de survivre. C’est se demander sérieusement comment nous allons organiser une transition verte. C’est innover. Cette lutte n’est pas basée sur la peur, sur une idéologie X ou sur l’espoir. Elle est basée sur la recherche scientifique conservatrice. Elle est en vie grâce aux militantes et aux militants qui demandent des actions nécessaires pour éviter le pire, pour pouvoir respirer de l’air propre et avoir la simple possibilité de jouir de la vie et de la nature de façon durable. Nous n’avons plus le choix de bouleverser le système si nous voulons grandir en sécurité, cela ne fait aucun doute. Nous ne voulons pas subir des vagues de famine, des sécheresses, des inondations, une immigration de masse désorganisée et déshumanisante… Nous voulons vivre en communautés écoresponsables qui honorent leur responsabilité envers la génération suivante et qui ne perdent pas de vue leur lien à la Terre.

J’ai 19 ans et je suis fatiguée, comme la grande majorité. Je ne sais pas toujours quoi faire pour aider, mais tout comme je comprends pourquoi je dois porter un masque, je comprends pourquoi j’ai le devoir de m’opposer aux politiques naïves et anti-écologistes. Je suis pour une économie verte qui a du gros bon sens et je ne suis pas la seule.

36 commentaires
  • Guy Laperrière - Abonné 17 septembre 2020 06 h 51

    Guy Laperrière abonné

    Texte percutant et qui vise juste. Bravo!

    • Rose Marquis - Abonnée 17 septembre 2020 08 h 16

      Tout à fait d'accord!

    • Christian Roy - Abonné 17 septembre 2020 11 h 32

      19 ans: c'est l'âge que devrait avoir notre ministre de l'Environnement. Mon vote va à Juliette !

  • Cyril Dionne - Abonné 17 septembre 2020 07 h 43

    Wow!

    Bon, encore une fois, les militants de l’Association générale étudiante du Cégep du Vieux Montréal (AGECVM) nous en remettre.

    Quelles sont-elles les énergies renouvelables? Le solaire utilise des panneaux faits avec du charbon et du quartz qui doit être miné, le tout, cuit avec du charbon. Les éoliennes sont principalement faites de plastique (pétrole), très dispendieuses, intermittentes à 25% du temps au maximum tout comme le solaire, et provoque une pollution sonore, visuelle qui est néfaste à la faune et la flore. La biomasse utilise du charbon pour élever la température de combustion ainsi que de vieux pneus déchiquetés. Est-ce que vous nous parlez de ces énergies vertes et brunes? Seule l’hydroélectricité est verte, renouvelable, peu dispendieuse et disponible en tout temps au Québec.

    La justice climatique. Wow! Tout simplement Wow! Cela mange quoi en hiver?

    Enfin, on est revient à l’essentiel de cette missive. La supposé décolonisation des peuples. De quels peuples parlez-vous? Les réseaux de pistes cyclables et les systèmes de transport en commun accessibles, donc, subventionnés par les gens des régions. Encore une fois, on appelle à une révolution sociale qui dans le délire de certains, nous amenera vers la terre promise d’une planète universellement riche et verte. Wow! Et pas un traite mot sur la surpopulation, le véritable fléau du réchauffement planétaire.

    Mais, ce qui me chicote dans tout cela, c’est la référence à la science. Pour comprendre la science, il faut l’apprendre. Et ce processus ne s’opère pas dans les écoles secondaires que sont les cégeps dans un programme basé sur les sciences sociales et politiques.

    Et la science n’est n’y conservatrice ou progressiste; elle est tout simplement basée sur des faits vérifiables et reproductibles par des pairs. Pour cela, il faut l’apprendre et ce n’est pas en faisant l’école buissonnière lors de manifestations dans la rue. On imagine aussi qu’on veut la gratuite scolaire aussi.

    Misère.

    • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 17 septembre 2020 11 h 40

      Monsieur Dionne, je vous retrouve tel que je vous lis depuis des mois, sinon des années: un ton arrogant, même pas professoral, parce qu'un véritable enseignant n'assomme pas, mais séduit l'étudiant par le sujet dont il parle. Et en plus, vous prétendez parler en tant que scientifique! Voyez-vous je m'interroge moi aussi sur votre formation scientifique? À part de taper sur le clou démographique, on ne trouve pas grand-chose de nouveau dans votre plaidoirie. Je vous suggère la lecture du travail d'un véritable chercheur, Ugo Bardi, et portant sur ces questions dont son dernier opus "Before the Collapse - a Guide to the other Side of Growth" publié chez Springer International Pub en 2020 peut-être que cela nourrira-t-il votre compréhension des phénomènes en jeu, en tout cas cela pourrait vous rendre moins méprisant envers ce cri du cœur d'une femme qui vivra plus que vous les conséquences des crises qui se profilent à l'horizon. Et de grâce, cessez de vous prendre pour un Parangon de la science, un peu de modestie SVP aiderait à vous prendre au sérieux!

    • Marc Therrien - Abonné 17 septembre 2020 12 h 38

      M. Dionne,

      Vous me faites de plus en plus penser au Doc Mailloux. Vous êtes certes doté de beaucoup d'intelligence, mais il semble que l'enfermement dans le personnage que vous vous êtes créé limite l'ampleur et la portée que vous pourriez lui donner.

      Marc Therrien

    • Cyril Dionne - Abonné 17 septembre 2020 14 h 43

      Lorsqu'on veut jouer dans la cour des grands, il faut assumer.

      Ceci dit M. Cotnoir, lorsqu'on démystifie les énergies supposément vertes, on s’aperçoit tout de suite qu’elles sont simplement des mirages au niveau des légendes urbaines. La plupart sont aussi polluantes que celles traditionnelles, dispendieuses, intermittentes, contribuent à l’accroissement des GES, néfastes pour la biodiversité et je pourrais continuer ainsi. Pour la croissance telle qu’exemplifiée par Ugo Bardi, c’est un ouvrage philosophique qui n’a réellement rien à voir la science. Il faudrait que tous sur la planète pratiquent la simplicité volontaire, phénomène qui n’est pas près d’arriver.

    • Loyola Leroux - Abonné 17 septembre 2020 17 h 17

      Monsieur Cotnoir. Nous ne sommes pas sur Facebook avec les ''J'aime''. Je veux lire des arguments, comme ceux de m. Dionne. Je peux etre d'accord ou pas, mais je veux qu'il puisse continuer a écrire, je ne veux pas le censurer comme vous semblez vouloir le faire. Je recherche les concepts et laisse les affects aux réseaus sociaux.

    • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 17 septembre 2020 17 h 29

      Mon propos ne portait pas sur la capacité réelle des énergies renouvelables à se substituer aux sources fossiles d'énergie. Car sur ce point, je crois que nous partageons le même scepticisme. Quant à l'ouvrage de Bardi, il ne s'agit pas tant de philosophie que de la thermodynamique des systèmes dissipatifs et s'avère aussi pertinent que le sont les propos de Prigogine dans le chapitre XVIII de son livre éponyme « Thermondynamique » où il écrit « Dans la nature, les systèmes soumis à des contraintes qui les maintiennent loin
      de l'équilibre sont très nombreux. Ainsi, la terrestre est soumise à un flux d'énergie qui nous vient du Soleil. C'est en gros ce flux qui alimente la vie terrestre. Il est responsable de la situation de notre écosphère, qui est elle aussi un système loin de l'équilibre. Comme nous le verrons dans les sections suivantes, le fait nouveau et fondamental est que loin de l'équilibre les états stationnaires peuvent perdre leur stabilité. Le système passe alors à un autre état accessible. »

      C'est bien devant quoi l'humanité se trouve confrontée et c'est bien là le propos de Bardi: « Alors que nous procédons aveuglément et progressivement dans une direction ou une autre, l'effondrement nous prend souvent par surprise. Nous franchissons ce qu'on appelle une «falaise de Sénèque», qui porte le nom de l'ancien philosophe romain Lucius Annaeus Seneca, qui fut le premier à observer la vérité omniprésente selon laquelle la croissance est lente, mais la ruine est rapide. La science moderne, comme la philosophie ancienne, nous dit que l'effondrement n'est pas un bogue; c'est une caractéristique de l'univers. Comprendre cette réalité vous aidera à voir et à naviguer sur les falaises de la vie de Sénèque, ou ce que Malcolm Gladwell a appelé les «points de basculement». Les efforts pour éviter l'effondrement signifient souvent que la falaise sera encore plus raide lorsque vous la franchirez. ».

    • Françoise Labelle - Abonnée 17 septembre 2020 18 h 07

      Iglou, iglou, iglou, M.Dionne,
      vous ne connaissez pas la réduction de la consommation, genre réduire sa vitesse en respectant les limites de vitesse, réduire la taille du véhicule en proportion inverse à la taille de l'égo, éviter le parade sur Cartier en BM louée, planifier ses sorties, etc.?

      Vous n'êtes vraiment pas au courant de ce qui se fait en Allemagne pour réduire la dépendance au carbone en utilisant l'Internet en temps réel pour coordonner des sources diverses d'énergie (hydo, élolienne, géothermie, biomasse, etc.). L'évolution des batteries se poursuit.

      C'est bon, un peu de nostalgie mais Exxon a été éjecté du Dow. Les saoudiens auraient besoin d'un prix de 70-80$ US le baril pour équilibrer leur budget: il l'offre à 40$. https://www.economist.com/leaders/2020/09/17/is-it-the-end-of-the-oil-age

      Et le télétravail est là pour rester; il vient d'avoir un sérieux coupe de pouce.
      https://www.economist.com/weeklyedition/2020-09-12

    • Cyril Dionne - Abonné 17 septembre 2020 20 h 11

      Chère Mme Françoise Labelle,

      En ces temps incertains de la COVID-19, l’humour que je perçois lorsque je lis vos commentaires, eh bien, ils me font toujours rire. On imagine aussi que la culture scientifique n’est pas un prérequis au Québec, la philosophie, oui.

      Oui, je suis « au courant » de ce qui se passe en Allemagne. Je sais qu’ils ont dépensé plus de 650 milliards de dollars dans les énergies vertes et n’ont pas réussi à rencontrer leurs cibles pour les GES en 2019. Je sais aussi qu’ils utilisent principalement les énergies fossiles (charbon et gaz naturel) pour générer leur électricité. Les éoliennes et les panneaux solaires ne représentent que 34% de leur consommation énergétique. Et on doit accentuer la génération d’énergie des centrales de charbon lorsque les énergies intermittentes (solaire, éolienne, biomasse) ne sont pas au rendez-vous. Pour l’hydroélectricité, elle ne représente que 3,5% de leur production énergétique, mais le charbon, 30% et le gaz naturel, 10,5%. Ajoutez-y le nucléaire, 13% et la biomasse, 9%. Le prix du kWh est de 30 cents en Allemagne. Au Québec, c’est 6 cents.

      Ceci dit, j’ai travaillé dans une centrale nucléaire, en fait la plus grande de la planète (8 réacteurs CANDU). Et elle aussi est un leurre; trop dispendieuse et on fait quoi avec les déchets? Et pour le télétravail, lol, ma maîtrise était justement sur la formation à distance, rôle que j’ai accompli lorsque j’étais conseiller pédagogique en TIC pour un conseil scolaire ontarien.

      Évidemment, si je ne compose pas avec les lubies d’une certaine gauche de l’UQAM, je fais partie de ces déplorables, un rôle que j’assume pleinement avec une certaine fierté. Je ne suis pas un de ces « élus » qui possèdent la Vérité et qui carburent à la couleur de pigmentation des gens, leur orientation sexuelle, leur identité de genre, le tout peuplé d’amis imaginaires.

      Amen.

    • denis deschenes - Abonné 17 septembre 2020 22 h 26

      J'aimerais vous aider avec un petit cours rapide sur l'économie verte.
      Le retour énergétique de la production éolienne ou solaire est aux alentour de 8-10. Je vous explique:

      L'investissement d'une unité d'énergie pour la construction et l'installation du solaire ou l'éolien, procure sur la durée de vie de l'équipement en question, un retour d'environ 8-10 unités énergétiques.
      C'est pour ça qu'on a construit de grand barrage au Québec. Le retour était presque du 100:1. Les barrages sont extrêmement loin des grands centres urbains. Il faut beaucoup de lignes de transport en plus. Ça prend beaucoup de béton, et de métaux. Aujourd'hui, au Québec, ce n'est plus ça. Pour la rivière Romaine, ça m'étonnerait que ça dépasse le 30:1.
      Il a fallu investir des ressources fossiles dans ces exemples, mais c'est rentable.

      Du vent, il y'en a partout sur la planète, des grosses rivières, ce n'est pas le cas. Pour les peuples, qui n'ont pas la possibilité de vivre avec de grosses rivières, faire 10 avec 1 me semble pas mal plus justifié que juste 1:1 qu'offre les ressources fossiles.

      La surconsommation est la source principale des GES. Pas la surpopulation.
      Un indien moyen utilise moins de ressources pétrolières avec 2000$ que le Nord-Américain moyen avec plus de 35 000$ (par année).
      Les chiffres sont là:
      L'Inde, environ 6-7% des GES mondiaux
      Le Canada >2%, pour le 40e de la population de l'Inde.
      Et ça c'est avec la comptabilité du lieu de consommation, pas de celui du lieu de production. (un autre concept mal maitrisé par la majorité). Les occidentaux ont délocalisé les productions les plus intensives en GES vers les pays en voie de dévellopement. On sur-estime les GES des pays en voie de développement, et on sous-estime les nôtres.

    • Cyril Dionne - Abonné 18 septembre 2020 00 h 21

      Bon M. Deschenes, je n’ai jamais entendu parler d’un retour de 8 ou 10 unités sur le retour de l’investissement dans les différentes énergies. Ce que je sais, c’est que le solaire et l’éolien sont subventionnés à la hauteur de 30 à 50% au Canada. Ce sont des énergies intermittentes et on est chanceux qu’ils produisent de l’énergie 25% du temps et c’est pour cela qu’on doit en avoir une autre source disponible à 100% du temps. Souvent, ce sont des centrales au charbon. Et pourtant, ils nous vendent l’énergie au kWh qui n’est disponible que 20% du temps en moyenne. Donc, on paie facilement 4 fois le prix du kWh. Et leur fabrication n’a rien d’écologique. Absolument pas et cela est le plus gros mensonge. En passant, en Ontario, il y avait un contrat avec des éoliennes où on payait à la hauteur de 85 cents le kWh. Doug Ford a mis fin à ce contrat.

      Pour un Indien moyen « qui utilise moins de ressources pétrolières avec 2000$ que le Nord-Américain moyen avec plus de 35 000$ (par année) », eh bien, ce n’est pas volontaire. Lorsqu’ils émigrent au Canada, ils consomment autant que les autres et souvent, même plus. Et lorsque vous dites que « le Canada >2%, pour le 40e de la population de l'Inde », eh bien, peut-être qu’il y a trop de monde sur la planète, ne pensez-vous pas ? Au lieu d’investir dans les politiques vertes, on devrait peut être penser à investir en éducation et dans les politiques du planning familial dans ces pays du tiers monde.

      Enfin, les GES ne sont qu’une infime partie du problème. C’est la biodiversité qui en prend surtout pour son rhume. Et si on se rappelle de la chaîne ou pyramide alimentaire qu’on apprend dans les cours de sciences de 3e année, sans les animaux et les plantes, nous ne sommes plus là.

    • denis deschenes - Abonné 19 septembre 2020 00 h 43

      Que vous n'ayez jamais entendu parler de retour énergétique sur l'investissement me désole. C'est pourtant la prémisse première du développement des énergies vertes, celles-même que vous semblez pourfendre. La base.
      Je vous invite à aller consulter le premier tableau de cette page:
      https://www.hydroquebec.com/a-propos/notre-energie.html
      (le retour est le ratio entre le charbon et le reste)
      D'ailleurs, dans le tableau, l'éolien actuel est 60 fois moins polluant que le charbon. Loin de mon 10 d'hier.

      Vous semblez fort au courant des coût cachés du nucléaire: Déchet à gérer à très long terme.
      Les énergies fossiles sont encore plus subventionnées que celles dites vertes. Le coût écologique relié au réchauffement climatique commence à gruger sérieusement notre qualité de vie (parlez-en aux Californiens présentement), et notre pouvoir d'achat. La partie cachée. Sans compter les allégements fiscaux aux pétrolières, les pipelines subventionés, les déversements, Lac-Mégantic, les sols contaminés oubliés et les 140 000 puits abandonnés en Alberta, entre autre, qu'il faudra bien payer un jour. Le coût d'une ressource naturelle non-renouvellable doit être basée sur le coût de remplacement et son coût écologique, non sur l'offre et la demande.
      L'accumulation de CO2, et le réchauffement climatique résultant est de loin la plus grande menace que l'humanité doit faire face actuellement. Et sans son contrôle, la science prédit que la biodiversité, et tout les écosystèmes en prendront plus que pour leurs rhumes. Vous connaissez très bien la suite, comme moi, depuis notre 3e année.

      Mais je suis heureux de voir que vous être d'accord avec moi, sur le fait que la surpopulation n'est pas la source de tout les problèmes, mais la surconsommation si. Votre exemple de l'indien qui s'occidentalise au Canada est extrêmement probante. Dans un pays surpeuplé, il est relativement frugal, mais devient surconsommateur ici, avec ses rejets en GES qui s'envole.

  • Renée Larouche - Abonnée 17 septembre 2020 09 h 31

    Quel aplomb !

    "Cute" et réalistes ! Merci Juliette de 19 ans pour tant de lucidité. Merci de décrire la Vérité toute crue qu'on ne veut pas voir; nous portons le masque devant les yeux de peur d'avoir à changer nos habitudes destructrices. Ayant dépassé la soixante-dizaine, je vous encourage du fond de mon coeur !

  • Dominique Boucher - Abonné 17 septembre 2020 09 h 44

    Quelques petits problèmes

    «Nous devons exiger une transition rapide vers la fin de l’extraction de combustibles fossiles et vers l’utilisation d’énergies renouvelables.»

    Vous êtes donc en faveur dʼune transition vers lʼhydro-électrique, seule source dʼénergie renouvelable présentement disponible au monde qui soit FIABLE EN TOUT TEMPS et non-émettrice de CO2.

    Une telle transition impliquerait évidemment lʼélectrification des transports. Ce qui nʼest pas sans poser de problèmes. Extrait dʼune étude publiée dans la revue Nature en novembre 2019: «Nos résultats montrent qu'une électrification de masse des poids lourds en plus des véhicules légers augmenterait considérablement la demande de lithium et imposerait une pression supplémentaire sur l'offre mondiale de lithium. L'impact significatif est attribué à la grande quantité de batteries requise par les véhicules lourds (incluant leurs remplacements périodiques). Nous suggérons que la mise en place de l'électrification de masse des poids lourds soit traitée avec prudence à la fois par les décideurs politiques et les entrepreneurs.» Un problème parmi tant d'autres de la fameuse «transition»...

    Mais lʼhydro-électrique nʼest pas une solution qui peut être mise en oeuvre partout dans le monde. Reste le nucléaire, qui a ses limites. Voir cette étude qui démontre que le nucléaire NʼEST PAS la solution**. Pour fournir le monde en nucléaire, il faudrait environ 15 000 réacteurs, avec des conséquences potentiellement catastrophiques dues à la construction, à l'exploitation et au déclassement dʼun tel nombre de réacteurs (quantité de terrain requise, déchets radioactifs, accidents, risque de prolifération en armes, extraction d'uranium, métaux exotiques nécessaires). Un autre problème de la «transition»...

    * Impact of transport electrification on critical metal sustainability
    https://www.nature.com/articles/s41467-019-13400-1

    ** https://m.phys.org/news/2011-05-nuclear-power-world-energy.html

    Jean-Marc Gélineau, Montréal

    • Françoise Labelle - Abonnée 17 septembre 2020 18 h 22

      M.Gélineau,
      je suis d'accord avec vous: le fantasme des petites stations nucléaires pour alimenter les grandes villes et les industries est bien un fantasme. C'est l'excuse de Higgs et Ford pour bouder HQ. La France était à l'avant-garde du nécléaire mais l'EDF (électricité de France) a du mal avec ses nouvelles stations nucléaires.

      On pourrait commencer pas appliquer un système bonus-malus selon selon la consommation des véhiciles: le gouvernement décrète un seuil maximal de consommation, relevé à chaque année et les dépassements sont taxés proportionnellement. On pourrait aussi commencer par faire respecter les limites de véhicules. L'hydrogène pour les véhicules lourds est une solution à envisager.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 18 septembre 2020 14 h 50

      Et le nucléaire n'est pas de l'énergie renouvelable, il se fait avec des ressources minérale limités, genre 40 ans!

      Et on parle pas des risques...

      Pour les solutions de transport électrique le meilleur choix environnementale se situe présentement sur les véhicules hydrides munie de batteries qui répondent a un besoins quotidien d'environ 30 à 60 kilomètres, et compte sur l'utilisation du moteur a combustion pour les plus grandes distances qui sont généralement occasionnelles. Il en sera autrement le jour ou les batteries seront fabriqué avec des matériaux plus commun et/ou plus durable.

  • Françoise Labelle - Abonnée 17 septembre 2020 09 h 48

    Laissez braire les ânes

    Il ne s'agit pas seulement d'environnementalistes. À travers les relevés d'opinions scientifiques sur le climat, plus vous avez une expertise en climatologie plus vous êtes convaincu des causes anthropiques du réchauffement.
    https://skepticalscience.com/graphics.php?g=244

    Votre animatrice est une ignorante. Trump est un promoteur immobilier et Poutine, un agent du FSB. Le second reconnaît la réalité du réchauffement mais ignore d'où ça vient. 70% de ses hydro-carbures est exporté et l'état russe en retire 40% de ses revenus. Ce qui n'empêche pas la région la plus froide du monde en Sibérie d'atteindre des records de chaleur en été.

    La fonte de l'immense glacier Thwaites dans l'ouest de l'Antarctique, de la taille de la Floride ou de la GB, est confirmée: les nombreux couloirs sous-marins laissent entrer l'eau de mer qui sape les assises du glacier. Sa fonte entraînera à elle seule une hausse de 50 cm des océans. Trump jouera au golf dans un lac. C'est ça qui est ça dira-t-il, sa réponse devant le grand nombre de décès de la covid qui ramène son pays au rang du Brésil et de l'Inde.
    https://www.bbc.com/news/science-environment-54079587.