Les accords d’Oslo visaient-ils à déposséder les Palestiniens?

«Il est vrai que les Juifs israéliens se sont installés sur une terre habitée par un autre. Or, ils ne se sont pas installés en Palestine pour s’enrichir ou accroître leur puissance, ce qui est normalement le but du colonialisme», écrit l'auteur.
Photo: Thomas Coex Agence France-Presse «Il est vrai que les Juifs israéliens se sont installés sur une terre habitée par un autre. Or, ils ne se sont pas installés en Palestine pour s’enrichir ou accroître leur puissance, ce qui est normalement le but du colonialisme», écrit l'auteur.

Dans une tribune publiée le 9 juillet dernier, Rachad Antonius affirme que les accords d’Oslo furent une ruse visant à déposséder subtilement les Palestiniens. Il en veut pour preuve l’accroissement démographique dans les colonies juives depuis 1993. La colère (justifiée) de Rachad Antonius envers le plan d’annexion de la vallée du Jourdain de Nétanyahou et Trump semble toutefois le mener à formuler des accusations péremptoires et inexactes. En réalité, la croissance fulgurante du nombre de colons juifs en Cisjordanie est attribuable à une série de facteurs qui méritent d’être énumérés — et non à un complot.

Le système électoral israélien. Le mode de scrutin proportionnel qui prévaut en Israël (que plusieurs encensent injustement) donne un pouvoir démesuré aux petits partis religieux qui menacent de faire tomber tout gouvernement qui freinerait la croissance des colonies juives. C’est largement la raison pour laquelle, lorsqu’elle fut au pouvoir, la gauche israélienne n’a pu y mettre fin.

L’effondrement de la gauche israélienne. Les attentats des groupes extrémistes palestiniens (financés secrètement par Arafat pendant la seconde intifada) ont provoqué la chute de tous les gouvernements de gauche ou du centre qui ont dirigé Israël depuis le milieu des années 1990 (celui de Peres en 1996, celui de Barak en 2001 et celui d’Olmert-Livni en 2009). Or, c’est la droite israélienne qui appuie la colonisation en Cisjordanie

La natalité. Depuis le début des années 2000, la croissance démographique dans les colonies juives est essentiellement le fruit de la natalité, et non le résultat d’une migration d’Israéliens vers la Cisjordanie. Au contraire, le nombre d’Israéliens s’installant en Cisjordanie ne cesse de baisser. Cependant, comme les milieux juifs religieux connaissent un taux de fécondité important, le nombre de colons augmente à vue d’œil.

Néanmoins, tout n’est pas perdu. Environ 80 % des colons juifs vivent dans les principaux « blocs » de colonies représentant à peine 4 % de la Cisjordanie. Les différents plans de paix envisagés (y compris celui de la Ligue arabe) prévoient tous des échanges mutuels de territoires permettant à Israël d’annexer ces colonies sans pénaliser les Palestiniens.

De plus, malgré la colonisation, deux gouvernements israéliens ont proposé de rendre la quasi-totalité des territoires occupés aux Palestiniens (Éhoud Barak en janvier 2001 ainsi qu’Éhoud Olmert en septembre 2008). Or, l’Autorité palestinienne a rejeté ces offres. Elle a également rejeté le plan de paix de Kerry-Obama (en mars 2014), qui prévoyait lui aussi un retrait israélien de la quasi-totalité de la Cisjordanie.

Enfin, Rachad Antonius continue d’assimiler l’existence d’Israël à une injustice coloniale. Il y a certes des similitudes entre Israël et les colonies européennes de peuplement — comme le Québec. Mais réduire le sionisme à un phénomène colonial est incroyablement simpliste. Cela revient à assimiler Jean Valjean à Al Capone !

Il est vrai que les Juifs israéliens se sont installés sur une terre habitée par un autre. Or, ils ne se sont pas installés en Palestine pour s’enrichir ou accroître leur puissance, ce qui est normalement le but du colonialisme.

Il y a deux raisons objectives qui justifient le retour des Juifs sur une partie (seulement) de la Palestine : ils étaient un peuple sans patrie, ce qui les privait du droit universel à l’autodétermination ; ils étaient persécutés. Le sionisme était donc une nécessité pour les Juifs en détresse.

Quant aux antisionistes d’extrême gauche (comme Shlomo Sand) qui affirment que l’État d’Israël aurait dû être créé en Allemagne (en raison de la Shoah), ils oublient que près de 500 000 Juifs s’étaient déjà réfugiés en Palestine avant le génocide.

Évidemment, l’opposition des Palestiniens à la création d’Israël était tout à fait compréhensible. Ils considèrent comme injuste le fait d’être privés d’une partie de leur territoire. Mais laisser les Juifs sans patrie et sans défense constitue également une injustice. Le partage du territoire demeure la plus équitable des solutions.

Quant à l’exode des Palestiniens entre 1947 et 1949, les nouveaux historiens israéliens, qui ont déboulonné les mythes fondateurs du pays, ont démontré que la réalité est plus complexe que ce qu’affirme la propagande israélienne (les réfugiés sont tous partis à l’appel des armées arabes) ou palestinienne (ils furent tous chassés). Dans environ 20 % des localités arabes, la population fut réellement expulsée. Ailleurs, ils ont fui les combats sans être autorisés à rentrer chez eux après la guerre.

Bref, pour paraphraser le regretté Amos Oz, figure emblématique du camp de la paix israélien, le conflit qui oppose les deux peuples n’est pas une lutte entre le bien et le mal, mais un affrontement entre deux légitimités, à l’image d’une tragédie grecque. La vision manichéenne de Rachad Antonius ne permet pas de saisir une telle nuance.

21 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 17 juillet 2020 02 h 36

    Pas de paix sans justice.

    Il n'y a pas de nuance qui pourrait justifier la tragédie du peuple palestinien qui a payé le prix du racisme et des atrocités commissent par les européen envers les Juifs.
    Pendant des siècles, Israël a bafoué les lois internationales des Nations-Unies en permettant les colonies interdites sur les terres occupées. Le peuple palestinien a le droit de résister à la colonisation et au système d'apartheid érigé par Israël.
    La seule façon de retrouver la paix dans ce bout du monde est qu'Israël relâche le caractère religieux de l'État pour établir un état laïque où les deux peuples pourraient vivre ensemble, côte à côte, avec les mêmes droits et les mêmes libertés.
    Sans l'appui aveugle des États-Unis, Israël n'aurait pas osé se comporter avec impunité contre le peuple palestinien.

    • Françoise Labelle - Abonnée 17 juillet 2020 08 h 25

      Peut-être pas des siècles, mais depuis 1967, une guerre de conquête. Contrairement à Israël, les alliés se sont retirés progressivement d'Allemagne, coupable d'invasion, sauf pour les points de contacts avec l'URSS.
      M.Bohbot omet commodément l'assassinat en 1995 du général Yitzhak Rabin, pourtant faucon, par l'extrême-droite israélienne alors qu'il s'apprêtait à négocier avec les palestiniens, après une condamnation des négociations par Netanyahu (Cf. Charles Enderlin, franco-israélien, «Le rêve brisé»).
      Il omet commodément la période qui a suivi, pendant laquelle le gouvernement a noyé la gauche en accueillant les réfugiés de l'ex-URSS, majoritairement alignés à droite.
      Je ne peux apprécier votre commentaire. Je boycotte le F des GAFA.

    • Raymond Labelle - Abonné 17 juillet 2020 09 h 52

      Là aussi, de la nuance.

      "Le 16 mai 1967, l'Égypte déclare un état d'alerte, procède à d'importants mouvements de troupes dans le désert du Sinaï et exige le départ des forces de maintien de l'ordre de l'ONU qui s'y trouvent depuis 1957. Elle impose aussi le blocus du détroit de Tiran qui donne accès à la mer Rouge, via le golfe d'Aqaba, aux navires israéliens. Israël considère que le blocus constitue un acte de guerre en violation du droit international5. Face à ce blocus, aux propos bellicistes de dirigeants arabes et à la mobilisation des armées arabes5, Israël décide de lancer une attaque préventive aérienne et terrestre le 5 juin 1967 contre l'Égypte au sud. Israël demande par voie diplomatique à la Jordanie de rester neutre mais celle-ci rejette la demande et attaque Israël6. À la suite du succès éclair dans le Sinaï, Israël lance une contre-attaque contre la Jordanie puis le 9 juin contre la Syrie sur le plateau du Golan." (https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_des_Six_Jours )

      Un peu avant le déclenchement de cette guerre, il y avait des manifestations massives en Égypte, encouragées par le gouvernement, où on pendait des Juifs en effigie et où on appelait à leur élimination, ce qui a rappelé à plusieurs de bien mauvais souvenirs.

      Quant à la guerre de 1973, elle a été déclenchée par une guerre d'agression contre Israël par une coaltion de pays arabes et avait pour objectif rien de moins que de totalement effacer Israël de la carte.

    • Raymond Labelle - Abonné 17 juillet 2020 10 h 03

      Ceci dit, Mme Labelle, vous avez raison de mentionner l'assassinat de Rabin, qui a malheureusement réussi (c'était un des buts, probablement) à avoir pour conséquence de plomber chez les Israéliens la volonté de respecter l'esprit de l'accord de 1993. Les extrémistes des deux côtés n'aimaient pas cet accord, bien entendu - la paix les menaçait.

      Et bien entendu, l'anti-sionisme n'est pas une solution non plus. Anti-sionisme, ça veut dire démanteler l'État d'Israël, ne l'oublions pas - qu'adviendrait-il alors des Israéliens? Ce n'est pas ce que vous proposez, je le mentionne quand même parce que la proposition est souvent faite. Antisionisme ça ne veut pas seulement dire être en désaccord avec telle ou telle politique d'Israël et tout le monde ne semble pas comprendre ça.

    • Bernard Bohbot - Abonné 17 juillet 2020 16 h 27

      Madame Alexan,

      La laïcité n'a rien à voir dans ce conflit qui est national et non religieux. Dans le monde arabe, comme en Israël (ou en Grèce et dans plusieurs autres pays qui ne sont pas des théocraties, la religion n'est qu'une composante culturelle de l'identité nationale). Diriez-vous que Nasser ou Arafat étaient à la tête de mouvements religieux, sous prétexte qu'ils se réclamaient d'un héritage islamique? Visiblement, vous confondez tout.

      De plus, l'État d'Israël a le droit d'exister en tant qu'État juif (au sens national du terme, car les Juifs ne se définissent pas seulement comme une communauté religieuse mais aussi comme un peuple - résolutions 181, 242, 338 pour ne nommer que celles-là). Je trouve ironique que vous reprochiez à Israël de violer les résolutions onusiennes alors que ce que vous réclamez est tout à fait illégal.

      L'extrémisme ne vous va pas. Vous êtes trop intelligente pour ce genre de commentaires.

      Bernard Bohbot

    • Nadia Alexan - Abonnée 17 juillet 2020 20 h 57

      À monsieur Bernard Bohbot: Ce n'est pas moi qui suggère un état laïque pour que les deux peuples puissent vivre ensemble en harmonie comme ils le faisaient avant 1948. Ce sont les Juifs progressistes tels que Ilan Pappé, "One State Solution:" « Comment la Palestine peut-elle échapper à la misère que lui impose l’État israélien ? Ici, l’éminent historien Ilan Pappé plaide pour la solution à la crise dans la résolution d’un seul État : argumentant qu’une nouvelle génération de Palestiniens et leurs partisans soient en train de tenir cet appel pour la seule issue au cycle de l’oppression israélienne. »https://www.larevuedesressources.org/La-solution-d-un-Etat-unique.html

    • Bernard Bohbot - Abonné 17 juillet 2020 23 h 46

      Ilan Pappe est un triste personnage. Il a été démontré à plusieurs reprises qu'il déformait des citations, et selon lui, Israël conduit un génocide dans les territoires palestiniens. C'est ridicule. Le conflit israélo-arabe (pas seulement le conflit israélo-palestinien) a fait environ 100 000 morts en 100 ans (dont un peu plus de 20 000 Israéliens). À titre de comparaison, la guerre civile en Syrie qui a débuté en 2011, a déjà fait 500 000 morts. Ilan Pappe ne connait pas le sens des mots. Par ailleurs, c'est le sionisme qui a sauvé la vie des parents des Pappe. Sans sionisme, il ne serait pas vivant aujourd'hui. Encore une fois, le point de vue palestinien est plus que légitime (j'ai bien dit plus que légitime). Mais interpréter ce conflit de manière manichéenne est une très mauvaise idée.

  • Richard Piper - Abonné 17 juillet 2020 08 h 49

    Très bon article

    Les Zionists étaient assez minoritaires parmi la minorité juive en Europe chrétien. Beaucoup de français (ou allemands, etc.) juifs avaient déjà un pays, la France (l'Allemagne, etc.). Mais après tant de siecles de mauvais traitment, Hertzl et d'autres voulaient un pays a majorité juive.

  • Hermel Cyr - Abonné 17 juillet 2020 13 h 47

    Pire que le colonialisme, un nettoyage ethnique par un État voyou

    « Le partage du territoire demeure la plus équitable des solutions. » (Bernard Bohbot)

    Vraiment ? Une famille à la recherche d’un logis se présente chez vous et décide d’occuper le rez-de-chaussée de votre domicile sans vous en demander la permission vous faisant valoir que le « partage est la solution la plus équitable » à son problème, et il aurait raison ? Ce ne serait pas une violation de domicile et une dépossession ?

    Et le reste de vos arguments sont pour le moins spécieux. On ne peut éthiquement justifier une occupation sur la base que le peuple occupant est « un peuple sans patrie et persécuté » à ce compte, le monde deviendrait une jungle d’occupations où le plus puissant chasserait le plus faible. Le chaos quoi.

    La réalité, c’est que l’État d’Israël pratique un nettoyage ethnique à l’encontre des Palestiniens; qu’il étend ses colonies en triturant les territoires occupés en levant des murs et des guérites en flagrante violation de tous les chartes, règles et principes internationaux.

    • Bernard Bohbot - Abonné 17 juillet 2020 16 h 17

      Bonjour M. Cyr,

      Si je comprends bien, selon vous, certains peuples devraient posséder de vastes étendues de terres, tandis que d'autres devraient demeurer sans patrie. C'est une conception de la justice qui se défend, mais elle n'est pas supérieure à la mienne. Je pense plutôt que tous les peuples ont droit à l'autodétermination (eh oui, il y a des Juifs qui ont de la sympathie pour le nationalisme québécois!).

      Mais pour répondre à votre question, votre exemple concernant l'occupation du rez-de-chaussée n'est pas bon, car il est toujours possible de construire de nouvelles demeures. Cependant, lorsque les paysans sans terre dans les pays en voie de développement, demandent une redistribution des terres au profit des plus nécessiteux, je n'appelle pas cela "une jungle d'occupations".

      Cela-dit, cette discussion est abstraite et sans grand intérêt, car ce n'est pas la théorie sioniste qui a poussé les Juifs à s'installer en Palestine, mais bien les persécutions. Et si je vous comprends bien, les 500 000 Juifs qui se sont réfugiés en Palestine avant 1939 auraient dû demeurer en Europe où les persécutions et la mort les attendaient. Isaac Deutscher, qui ne portait Israël dans son coeur (même s'il était conscient que ce pays avait offert un refuge à sa soeur), aimait comparer le conflit israélo-palestinien à un homme qui saute d'un immeuble en flammes et qui blesse gravement un passant lors de sa chute. Dans ce genre de situation il n'y a pas de bons ou de méchants. Ce sont les circonstances qui sont tragiques. Si vous pensez réellement que les Juifs auraient dû mourir dans les flammes, dites-le clairement. Au moins les choses auront le mérite d'être claires.

      Les Juifs ont la réputation de réagir de mani^re hystérique à la critique d'Israël. J'admets que pour plusieurs d'entre eux c'est le cas, Mais force est de constater que la critique d'Israël peut s'avérer être tout aussi déraisonnable.

      Bien à vous,
      Bernard Bohbot

    • Hermel Cyr - Abonné 17 juillet 2020 20 h 11

      Non vous ne me comprenez pas bien ! pour dire juste, vous ne me comprenez pas du tout.

      Vous évoquez le droit des peuples à l’autodétermination. Soit, mais le droit des Palestiniens lui, qui sont sur leurs terres depuis des générations immémoriales, qu’en faites-vous. ?

      Vous affirmez que ce n’est pas le mouvement sioniste qui a amené des Juifs en Palestine, mais les persécutions. Oui, certes, mais alors pourquoi la Palestine était-elle identifiée alors comme la Terre promise de la Bible ? Plus important, les Juifs de Palestine habitant la région avant 1948 vivaient en grande harmonie avec la population arabe. Ceux-ci les ont accueillis en frères. C’est la création d’Israël qui a brisé cette harmonie … et de façon tragique ! Alors s’installa l’arrogance de l’État sioniste et commencèrent les dépossessions, les lois spoliatrices des biens des Palestiniens, le dynamitage des maisons, l’occupation des terres, le plus souvent justifiés sur les bases d’un « droit » religieux de retour vers la Terre promise, théorie insoutenable en droit international. Bref, l’humiliation du peuple qui avait été accueillant pour les colons juifs avant la guerre.
      Quant à vos allusions à la sympathie de certains Juifs pour le nationalisme québécois, aux paysans sans terre, etc. tout ça n’a rien à voir avec cette histoire.

      Et je ne crois pas que « les Juifs auraient dû mourir dans les flammes ». Je ne me laisse pas embarquer dans les accusations par procuration, même voilées. Je ne suis ni antisémite ni nazi.

      Pour terminer, je dirai ceci. Plusieurs Juifs de bonne volonté, qui recherchent une solution pacifique et le retour à une cohabitation harmonieuse des deux peuples, condamnent la politique d’occupation soutenue par la droite extrême en Israël (et son voyou en chef Netanyahou). Ils affirment que cette politique salit la mémoire des victimes de l’Holocauste et qu’on ne répare pas un crime contre l’humanité par un autre.

    • Nadia Alexan - Abonnée 17 juillet 2020 20 h 36

      Bravo, monsieur Hermel Cyr. Très bien dites. Les juifs de la diaspora essayent de justifier l'injustifiable. Merci pour votre commentaire lucide.

  • Pierre Fortin - Abonné 17 juillet 2020 16 h 10

    Quelques questions simples Monsieur Bohbot


    Quelle responsabilité portent à vos yeux les Palestiniens dans l'Holocauste alors qu'ils vivaient depuis des siècles en harmonie avec les Juifs de Palestine ?

    Comment justifiez-vous qu'un peuple sans terre soit autorisé d'en acquérir une par la force ?

    Le projet de Théodore Herzl prévoyait judicieusement que les rabbins et les militaires resteraient dans leur synagogue et leur caserne Mais qui sont donc ceux qui dirigent Israël aujourd'hui et qui sont responsables de crimes de guerre, d'acquisitions de territoires par la force et de transferts de populations, tous bannis par la Convention de Genève ?

    Les Accords d'Oslo n'ont rien apporté aux Palestiniens, seul Israël en a profité. Mais quand était-ce donc la dernière fois qu'Israël a tendu la main pour proposer une authentique offre de paix digne d'humanité ?

    Comment comprendre qu'un peuple en vienne à élire deux fois des terroristes (Begin et Shamir) comme Premier ministre et d'autres qui affirmaient à la face du monde que le peuple palestinien n'existe pas ?

    Croyez-vous sincèrement qu'Israël n'a rien à voir avec tous les malheurs du Moyen-Orient depuis 1948 ?

    Croyez-vous vraiment que vos lecteurs sont assez naïfs pour avaler vos boniments ?

    • Bernard Bohbot - Abonné 18 juillet 2020 20 h 12

      Monsieur Fortin,

      Il y a des pages sombres dans l'histoire d'Israël comme dans celle de tous les pays. Comme le disait Eric Hoffer, pourquoi les Juifs devraient-ils les seuls à se comporter en bons chrétiens!

      En 1994, Arafat a dit que le processus de paix était une ruse pour détruire Israël. Et alors? Je ne pense pas qu'il était sérieux. De toute façon, la plupart des grands leaders politiques ont dit des énormités (y compris Gandhi au sujet des noirs). Ça n'a aucune importance.

      Voici les autres réponses à vos questions (auxquelles j'ai déjà répondu dans mon papier):

      1) Les plans de paix de 2001, 2008 et 2014 prévoyaient un retour aux frontières de 1967.

      2) L'aile jeunesse du Parti travailliste israélien a pris position contre Golda Meir dès 1970. D'autres sionistes de gauche (comme Lova Eliav, Amos Oz, Shlomo Avineri, etc.) en ont fait autant. En 71, Avineri a même écrit un livre "Israel and The Palestinians" pour répondre à Meir.

      Un détail: Golda Meir ne disait pas que les Palestiniens étaient des sous-hommes mais qu'il n'y avait pas de peuple palestinien distinct du peuple jordanien. Elle utilisait cet argument pour restituer une partie des territoires au Roi de Jordanie (en qui elle avait confiance, et non à l'OLP qui voulait détruire Israël). Mais le Parti travailliste israélien a formellement reconnu le peuple palestinien en 1985.

      3) Les Juifs avaient besoin d'une terre pour survivre (d'où la distinction que je fais entre Jean Valjean et Al Capone). Entre conquérir une terre et mourir, je préfère conquérir une terre. Bien sûr, les Palestiniens avaient raison de résister, mais les Juifs qui ont trouvé refuge en Palestine avaient la légitimité morale de s'y installer. C'est ce que j'appelle un conflit entre deux légitimités. Si vous voulez blâmer quelqu'un, blâmez les Européens!

      Je crois que l'on peut clore cette discussion maintenant. Ma tribune n'est plus d'actualité de toute façon, et l'édition du Devoir de cette fin de semaine est excellente!

  • Hélène Somma - Abonnée 17 juillet 2020 16 h 21

    Moonsieur Labelle parle de Nuance!!!

    Est-ce de la nuance que de mettre en parallèle un peuple Palestinien qui subit une occupation sauvage, aux occupants Israéliens qui ne se soumettent à aucune loi internationale? Aujourd'hui encore, un hôpital que les Palestiniens veulent construire à cause de la situation dramatique causée par le Coronavirus, sur un terrain qui leur appartient, l'armée en interdit la construction. Les maisons des Palestiniens continuent à être démolies, les cultivateurs ne peuvent aller à leurs champs, et j'en passe!!Et je tiens à remercier monsieur Rachad Antonius pour son article du 9 juillet dernier, clair et bien documenté, qui permet aux personnes intéressées au drame Palestinien, d'en saisir certaines causes. Hélène Somma