Les tournages québécois toujours sous le respirateur artificiel

«Le grand désavantage des productions audiovisuelles, par rapport à d’autres secteurs, est le fait que leurs activités sont filmées et visibles aux yeux de tous. Nous devons donc montrer patte blanche», rappellent les auteurs.
Photo: Getty Images «Le grand désavantage des productions audiovisuelles, par rapport à d’autres secteurs, est le fait que leurs activités sont filmées et visibles aux yeux de tous. Nous devons donc montrer patte blanche», rappellent les auteurs.

Malgré les annonces de la ministre de la Culture, Nathalie Roy, concernant la reprise des tournages, est-il possible, avec les règles actuelles, de faire des œuvres cinématographiques ou télévisuelles sans dénaturer l’histoire ? La réponse est NON.

Certains compromis peuvent être faits, mais même la magie du cinéma a ses limites. Alors qu’au début de la pandémie, le gouvernement Legault se targuait de prendre ses décisions en se basant sur des faits scientifiques, les cafouillages des derniers jours concernant la variabilité dans les mesures de distanciation physique nous font douter des raisons qui motivent les choix de nos dirigeants politiques et de la Santé publique.

Et nombreux sont ceux qui font les frais de ce dérapage de moins en moins contrôlé, notamment les artisans du cinéma québécois qui, pour nombre d’entre eux, ne peuvent reprendre leurs activités professionnelles. Alors que sur les plateaux de tournage le respect strict du 2 mètres de distance est exigé, ce qui rend impossible le tournage des dramatiques, force est de constater que les autorités ferment les yeux sur de nombreux cas de laxisme flagrants dans d’autres secteurs d’activité.

Le grand désavantage des productions audiovisuelles, par rapport à d’autres secteurs, est le fait que leurs activités sont filmées et visibles aux yeux de tous. Nous devons donc montrer patte blanche.

Si dans quelques jours les entraînements sans contact des sports d’équipe vont s’assouplir pour permettre quelques contacts, pourquoi ne pas permettre la même chose pour les arts de performance et les tournages ?

Loin de prôner des assouplissements qui mettraient en danger la santé des travailleurs du cinéma et de la télévision, j’interpelle les autorités, particulièrement Mme Nathalie Roy, à faire preuve de conciliation afin de trouver des mesures d’assouplissement qui respectent la santé publique, mais qui permettront une reprise réelle des tournages.

Sans cette ouverture, ce sont des milliers d’emplois qui demeurent dans la précarité et un pan entier de notre culture qui reste sur pause. Le gouvernement a consenti à des assouplissements pour des dizaines de secteurs (camps de jour, tourisme, sports d’équipe, etc.) et ferme les yeux délibérément sur l’application des règles dans d’autres secteurs (certains commerces de détails, garages, chantier de construction, vérification d’adresse pour les personnes assises à la même table au restaurant, etc.).

C’est maintenant au monde du cinéma et de la télévision d’exiger des solutions concrètes, réalistes, et ce, rapidement.

* Cette lettre est signée par 360 artisans du cinéma et de la télévision.