Incertitude et gérants d’estrade

«Ce qui frappe le plus dans ce bruit ambiant de solutions contradictoires — le retour du
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne «Ce qui frappe le plus dans ce bruit ambiant de solutions contradictoires — le retour du "y a qu’à faire ceci, y a qu’à faire cela" — est l’absence totale de prise en compte de la temporalité des prises de décision en situation d’incertitude et même d’ignorance», écrit l'auteur.

Je me souviens qu’adolescent je regardais les parties de hockey du Canadien de Montréal à la télévision avec mon père. Moi-même amateur et jouant alors dans l’équipe des pee-wee de Montmorency, j’étais toujours un peu irrité d’entendre mon père parler au téléviseur en disant : « mais passe la puck ! »… Je lui rappelais que les joueurs ne l’entendaient pas et que ce n’était pas lui l’entraîneur de l’équipe ; que ce dernier faisait de son mieux en parlant directement à ses joueurs, dont il connaissait mieux les forces et les faiblesses. D’autant plus que ses décisions doivent se prendre en une fraction de seconde quand le joueur regarde ses coéquipiers et décide — dans l’instant — s’il doit faire ou non une passe.

Tout cela me revient à l’esprit en écoutant et en lisant les journalistes et les chroniqueurs habitués à parler de tout — et souvent de rien — et qui, avec une curieuse assurance, avancent leurs solutions spontanées de gros bon sens face à une pandémie d’une ampleur absolument imprévue par les meilleurs experts du monde entier.

Ce qui frappe le plus dans ce bruit ambiant de solutions contradictoires — le retour du « y a qu’à faire ceci, y a qu’à faire cela » — est l’absence totale de prise en compte de la temporalité des prises de décision en situation d’incertitude et même d’ignorance. On inverse alors allègrement, et sans s’en rendre compte, la temporalité : sachant maintenant ce qu’on ignorait il a deux semaines, on demande aujourd’hui, de manière inquisitoriale, pourquoi autant de lits d’hôpitaux ont été libérés, alors qu’il n’y en a qu’un peu plus de 1000 qui sont occupés.

C’est là inverser la flèche du temps et oublier qu’au tout début de nombreux experts pensaient même que ce pourrait n’être qu’une « gripette ». Un peu plus tard, voyant les lits d’hôpitaux des autres pays déborder, on a donc réagi rapidement pour en libérer des milliers en envisageant le pire, seule façon éthique de planifier la santé publique. Or, seul le temps permet d’acquérir des connaissances qui dans ce cas ont évolué à la vitesse de l’éclair et ont donc changé au fil des semaines.

Maintenant qu’on voit ce qui arrive dans les CHSLD et autres institutions pour personnes âgées, nos experts improvisés demandent pourquoi on n’a pas concentré plus tôt les actions en ces lieux. Oubliant là encore une fois que personne ne pouvait prévoir la virulence de ce nouveau virus. En somme, comme on le dit bien en anglais : « damned if you do, damned if you don’t ». Le cas des écoles est analogue : si on ouvre et que la COVID repart, on criera qu’il aurait fallu les garder fermer… ; si on les garde fermées par principe de précaution sanitaire, on dira plus tard que finalement on aurait dû les rouvrir plus tôt… Et ne parlons pas des masques…

La temporalité de la science

Ce que la crise mondiale de la COVID-19 montre clairement pourtant — mais que trop de commentateurs s’évertuent à ignorer —, c’est que la situation est totalement inusitée et que les connaissances prennent du temps à se construire. Ainsi, le fameux indice de transmission de l’épidémie, R0, était évalué en janvier à environ 2,5 ou 3, mais il est depuis quelques jours situé plutôt autour de 4 ou 5. Il est donc infiniment plus virulent, exigeant ainsi une révision sérieuse de ses conséquences.

Or, malgré les incertitudes et les ignorances, il faut bien agir « au temps T » avec les connaissances du temps T et non pas celles à venir du temps T + 1. Évidemment, les décisions au temps T + 2 seront revues à la lumière des nouvelles informations obtenues, donnant alors des arguments à nos gérants d’estrade pour dire « ah ! pourquoi ne pas avoir fait cela au temps T » ? Oubliant encore une fois la temporalité des connaissances et que l’avenir n’est pas prévisible, même par les gourous de l’IA avec leurs algorithmes prétendument intelligents.

Ce que d’aucuns appelleront bientôt des « erreurs » — et qu’une flopée d’avocats toujours à la recherche d’une cause « juste » utiliseront pour poursuivre les hôpitaux et responsables des soins de santé — n’est en fait que le reflet d’une incontournable réalité : toute prise de décision se fait sur la base de connaissances limitées et en temps réel, et non pas après la fin de la partie.

Sachant cela, on ne peut que compatir avec ceux et celles qui ont la lourde responsabilité actuelle de prendre de telles décisions en situation d’incertitude et qui doivent au jour le jour réagir aux nouvelles données. Tout comme le joueur sur la glace qui doit décider ici et maintenant s’il doit passer la rondelle ou tenter lui-même de viser le but. Sachant, bien sûr, qu’après la partie, ils devront supporter les discours des gérants d’estrade qui leur diront alors ce qu’ils auraient dû faire.

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60 commentaires
  • Christian Montmarquette - Abonné 27 avril 2020 03 h 36

    Le port du masque

    L'article est intéressant, mais pas sur la question du port du masque.

    C'est une connaissance acquise de savoir que le port d'un masque, même artisanal, protège en cas d'épidémie. Ne serait-ce que parce qu'il empêche la simple projection mécanique des particules dans l'air.

    Pas besoin d'être un génie en médecine pour comprendre ça.

    Et là-dessus, Horacio Arruda demeurera toujours reprochable.

    Et s'il n'y avait eu quelques "gérants d'estrades" pour combattre cette idée fixe du gouvernement, nous en serions peut-être encore au même point aujourd'hui et ce seront peut-être ces "gérants d'estrades" qui auront sauvé des vies.

    Ce n'est donc pas la liberté d'expression qu'il faut remettre en question.

    Mais de savoir se servir de sa tête et distinguer les bonnes idées des mauvaises.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 27 avril 2020 09 h 21

      En lien avec ce que Daniel Huot dit plus bas, en effet, ce ne sont pas les vertus intrinsèques des masques qui sont en cause, mais l'usage qu'on en fait et qui peut, chez des utilisateurs mal avisés, produire l'effet contraire de ce qui en est attendu. Il faut présumer que l'évaluation de l'opportunité de le recommander ou pas avait été soigneusement faite par la DSP, ce qui ne constitue pas une garantie absolue que c'était la meilleure approche mais contredit la très présomptueuse affirmation selon quoi cela relèverait de la simple évidence pourvu que les gens de santé publique fasse preuve de gros bon sens. Laquelle affirmation est d'une malveillance totalement gratuite.

      Monsieur Huot souligne l'importance de bien écouter les points de presse... Malheureusement, cela ne nous est pas toujours d'un grand secours. En effet, il est de plus en plus manifeste que le PM ne partage plus du tout le lead avec les deux autres, au point de se prononcer à la place de « Horacio » sur des questions pour lesquelles il n'a aucune compétence. Nommément, sur la question du déconfinement, qu'il associe d'emblée à un objectif d'acquisition d'immunité communautaire auquel Arruda n'adhère que parce qu'on ne lui laisse pas le choix. Je suggère de regarder attentivement à partir de la 51e minute du point de presse du 23: malaise... Le lendemain, c'est madame McCann qui corrige le tir après le rappel de la pseudo-explication de Legault, dans la partie anglaise de la période de question.

      Ce ne sont que des exemples plus récents d'un manque de coordination dans la stratégie de communication... ou l'indice d'un clash entre le politique et la santé publique et même le MSSS. Or il semble que nous entrions dans une phase de la crise où la cohérence et la justesse du message prendront toute leur importance pour rassurer les gens. Il faudrait à mon avis faire beaucoup plus de place à la DSP et sans doute remplacer monsieur Arruda, compétent pour autre chose, par un meilleurs communicateur.

    • Christian Montmarquette - Abonné 27 avril 2020 10 h 15

      @Richard Maltais Desjardins'

      "Ce ne sont pas les vertus intrinsèques des masques qui sont en cause, mais l'usage qu'on en fait et qui peut, chez des utilisateurs mal avisés, produire l'effet contraire.." - Richard Maltais Desjardins

      Cette théorie ne tient pas la route.

      Si les gens on su respecter les consignes de distances et de lavage des mains, pourquoi seraient-il tout à coup incapables d'en comprendre une autre? Quant aux imbéciles et aux téméraires.. On est pas pour niveler l'ensemble du comportement des gens sur ceux qui de toutes manières ne respectent pas les consigne. Sans compter qu'il est faux du prétendre que les masques ne protègent que les autres.

      Un simple masque de procédure filtre à 89% ou un ligne à vaisselle à 73% ce qui est déjà beaucoup mieux que rien et dont l'efficacité est double quand tout le monde en porte.

      Fabriquer un masque : quel tissu est le plus efficace? - Radio-Canada

      https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1693939/fabriquer-masque-tissu-coronavirus-ontario

  • Cyril Dionne - Abonné 27 avril 2020 07 h 20

    Il y a un observatoire des sciences et des technologies à UQAM? Ah! « Ben caline »

    Premièrement, on est tous surpris d’apprendre qu’il y a un observatoire des sciences et des technologies à UQAM. Disons poliment que celle-ci doit sa réputation au département des sciences sociales ou des sciences molles pour d’autres. Enfin.

    Ceci dit, bien d’accord pour dire bien malin qui aurait pu prédire la suite des choses pour la pandémie au Québec. Même tous les spécialistes sur la planète se contredisent sur les marches à suivre. Pour ajouter, il y a plusieurs pays qui trafiquent leurs données afin de paraître moins pire qu’ils le sont. On pourrait dire cela de la plupart des pays européens puisque la plupart ne comptabilisent pas le nombre de morts dans les centres pour aînés et biende ceux qui décèdent ailleurs. Une petite enquête a posteriori pourrait nous apprendre beaucoup sur ces pays avec la Suède entre autre.

    Enfin, la ligne de conduite en science n’est-elle pas la prudence lorsque nous sommes in terra incognita vis-à-vis un virus long de 157 nm? Pourquoi cet acharnement pour ouvrir les écoles afin que cela nous conduise vers le paradis fictif de l’immunité collective alors qu’on sait éperdument bien que l’immunité personnelle n’est pas un fait acquis? En reposant la question différemment, pourquoi faire des écoles, des étudiants, des enseignants et des chauffeurs d’autobus des cobayes pour libérer les parents pour le travail afin de rendre heureux les dieux de la chambre de commerce? Depuis quand l’école n’est-elle qu’une garderie de luxe puisqu’on sait moindrement bien qu’il n’y aura aucun apprentissage pour les quelques semaines à l’école avec l’été qui arrive et les enfants qui ont la tête ailleurs en ce moment?

    Désolé de contredire notre cher professeur, mais les gérants d’estrade en question ne mettent-ils pas leur santé et leur vie en jeux dans un pari risqué tel que retour à l’école prématuré? Personne ne mourra si on continue en confinement pour quelques semaines le temps de comprendre ce qui nous arrive. Le contraire, oui.

    • Daniel Huot - Abonné 27 avril 2020 08 h 31

      Nous n'avons sûrement pas écouté les mêmes point de presse depuis le début de cette pandémie. Le Dr.Aruda, n'a jamais mis en cause le port du masque, mais son raisonnement très logique d'ailleurs, c'étais la manutention dudit masque pouvant causer plus de tort que de bien et ensuite la fausse sécurité qu'apporterait le port du masque puisque les porteurs pourraient oublié la distanciation social en plus des mesures d'hygiène approprié. De plus il a toujours dit de mémoire que le port de ce masque, sauf le N-95 qui es pratiquement impossible à trouver hors des hôpitaux, donnait une protection aux autres, et minimalement au porteur. Il n'a jamais prétendu qu'il était contre, il a tout simplement indiqué les points négatifs du port du masque. Il n'y a qu'à regarder ceux qui le porte, il n'est pas râre de voir des gens le porter juste sur la bouche, ou l'avoir dans le cou pour parler à leur conjoint et après se le remettre dans le visage, avec leurs mains et ensuite toucher à tout dans le magasins. VRAIMENT FAUT FAIRE PREUVE D'HONNÊTETÉ DANS CE QU'ON VEUT BIEN SE RAPPELER.....

    • Christian Montmarquette - Abonné 27 avril 2020 08 h 40

      "Nous sommes in terra incognita vis-à-vis un virus long de 157 nm?" - Cyril Dionne

      Vous devriez prendre en compte la longueur des crachats et des postillons dans votre savant calcul pour nier l'effet protecteur du port du masque.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 27 avril 2020 08 h 47

      Monsieur Dionne est vraiment « éperdument » savant, ce matin. Non content de deviser derrière le dugout des Expos, d'où il apprend à la fois qu'il y a un observatoire des sciences et technologie à l'UQAM et que celui-ci a une fort mauvaise réputation bien méritée (un peu contradictoire, mais bon...), il nous raconte ses pérégrinations dans tous les stades e la planètes où il a recueilli les « évidences », comme on dit en anglais. Et pour couronner le tout, il nous informe des tourments existentiels que cette connaissance de première main lui inspirent. Irremplaçable : il faut déjouer les complots des chambres de commerces et autres forces occultes.

      Plus sérieusement, bien que l'argument de la temporalité soit très important, en effet, il ne doit pas donner l'impression que rien de ce qui arrive n'était prévisible. Même si la triste situation des CHSLD n'est pas l'inévitable effet de la reconfiguration réseau de la santé québécoise, il est déjà possible de l'existence des privés non conventionnés mettait les clientèles de ces établissements davantage à risque. Et surtout qu'ici comme ailleurs, il y avait une part d'autoaveuglement à laquelle il ne faudrait quand même pas ajouter en disant qu'on ne pouvait pas savoir. Monsieur Gingras ne dit rien de tel, cependant.

    • Françoise Labelle - Abonnée 27 avril 2020 09 h 52

      M.Huot,
      je n'écoute pas les points de presse mais je respecte strictement le confinement et la distanciation. Je lave même tout ce qui entre chez moi.

      Le masque fait maison n'est pas l'arme fatale dont on nous a privé. En tant qu'asthmatique chronique, j'avais depuis longtemps deux paquets de masques chirurgicaux pour le ménage et la tonte de gazon. Je ne les porte pas pendant la pandémie. La distanciation sociale est peut-être plus facile à Québec.

      On a pu voir Bolsonaro nous montrer ce qu'il ne faut pas faire avec un masque. Dans certains pays à succès (Portugal, Nouvelle-Zélande), on ne parle pas de masques mais de confinement rapide et strict. La Corée du sud offre une autre recette: tests abondants, traçabilité sociale et quarantaine. Quel rôle le masque fait maison a-t-il vraiment joué? Le gros de nos décès sont dans les CHSLD. Personnel stable et confinement plus strict auraient été plus utiles qu'un masque fait maison, que les aînés n'auraient probablement pas porté.

      C'est mieux que rien dans un environnement difficile mais «Rien ne prouve que le port d'un couvre-visage/masque non médical dans la communauté protège la personne qui le porte et ne remplace pas l'éloignement physique et le lavage des mains.» Stastiques Canada.

      L'instinct nous dicte en temps normal de nous tenir à distance d'une personne qui tousse, crache et postillonne à plus d'un mètre qu'elle soit infectée ou non. Si une personne m'éclaboussait volontairement ou non, masque pas masque, un lavage immédiat serait de toute façon obligatoire.

    • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 27 avril 2020 09 h 53

      M. Dionne devrait jubiler au lieu de nous faire part de son ignorance: Yves Gingras possède une maîtrise en physique... Enfin un scientifique qui ne provient pas des "sciences molles" qu'abhorre tant le savant Dionne. Pour ma part, je taquinais feu mon frère, physicien diplômé de McGill, en lui disant que s'il étudiait des "systèmes simples" (enfin c'est relatif!), moi je pateaugais dans la multiplicité et l'intrication des systèmes complexes du vivant. À chacun son fardeau!

      Mais peut-être que M. Dionne devrait lire le sommaire (en bon chercheur, il doit savoir qu'on doit au moins en lire les "abstracts" avant de commenter un sujet dont on ignore tout des tenants et aboutissants) des notes biographiques du "professeur" pour reprendre le terme utilisé avec sarcasme par notre docte érudit, car il apprendrait que, par la suite, Yves Gingras « compléta un doctorat en histoire et en sociopolitique des sciences à l’Université de Montréal en 1984. Sa thèse intitulée Les physiciens canadiens : généalogie d’un groupe social, 1850-1950, fut publiée en 1991 simultanément en anglais et en français sous le titre suivant : Les origines de la recherche scientifique au Canada. De 1984 à 1986, il fut chercheur postdoctoral au Department of the History of Science de la Harvard University. Ce séjour aux États-Unis fut suivi d’un autre en 2000 au Dibner Institute for the History of Science and Technology du Massachusetts Institute of Technology (MIT) en tant que Dibner Fellow. »

      Il faut n'avoir jamais écouté les émissions scientifiques de la radio canadienne pour ne pas être capable d'apprécier à sa juste valeur Yves Gingras... c'est d'ailleurs étrange pour quelqu'un qui se drape dans une scientificité inconstestable comme M. Dionne!

    • Hermel Cyr - Abonné 27 avril 2020 11 h 18

      Excellente réplique M. Cotnoir.
      Mais doit-on répondre à ce type de commentaires ? En fait, oui, c’est une occasion pédagogique.
      Employer le terme « sciences molles » pour désigner les sciences sociales et humaines c’est ignorer que ces savoirs sont d’une complexité autrement plus grande que ne le sont les sciences dites « dures » (sauf la physique quantique … qui porte sur l’indétermination et les mathématiques qui sont une forme de langage).
      La prédictibilité des phénomènes humains est à peu près impossible si on compare à la plupart des phénomènes étudiés par les sciences empiriques dites « dures ». Aucun physicien ou mathématicien n’a encore pu prédit l’avenir d’un événement historique à ce que je sache. Pourtant ce sont des « durs de durs » de la science eux.
      En matière humaine, prédire est une prétention, et ceux qui s’y adonnent sont désignés comme : « cartomanciens, astrologues, prophètes, voyants, augures, mages ou divinateurs. »

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 27 avril 2020 12 h 01

      Certains se placent sous l'autorité des sciences dures comme on se mettrait sous un lampadaire pour retrouver les clés qu'on a perdu dans le noir.

    • Marc Therrien - Abonné 27 avril 2020 12 h 48

      Quand vous souhaitez qu’on s’accorde « le temps de comprendre ce qui nous arrive » avant de décider de passer au déconfinement progressif, je suis tenté de conclure que vous n’avez pas saisi l’essentiel du propos de M. Gingras et sa démonstration simple du processus de décision qui s’effectue dans un temps fluide. Je commence à comprendre que la fragilité d’un adepte des sciences exactes peut se situer dans sa prise de conscience que souvent, dans un système hypercomplexe s’approchant du chaos, chaque décision ou solution entraîne de nouveaux problèmes. Résoudre des problèmes, voilà bien une des activités fondamentales qui anime la condition humaine de l'être pensant.

      Marc Therrien

    • Cyril Dionne - Abonné 27 avril 2020 13 h 04

      M. Huot, je pense que vous vous êtes trompé de personne puisque je n’aborde pas le sujet du port du masque.

      Ceci dit, je suis 100% d’accord avec votre commentaire. Vous avez raison de mentionner que la manutention dudit masque maison peut causer plus de tort que de bien et avec cette fausse sécurité qu'il apporte. Avec le port du masque maison, plusieurs porteurs pourraient oublier la distanciation social en plus des mesures d'hygiène appropriées qui sont cruciales. De plus, le docteur Arruda a toujours dit que le port de masque, le N-95, celui qui filtre 95% des particules, est le seul qui est crédible. Les autres, ce sont des placebos visuels. Même le masque chirurgical n’est pas très bon.

    • Cyril Dionne - Abonné 27 avril 2020 13 h 13

      Cher M. Desjardins,

      On pensait tous que comme philosophe, vous étiez pour laisser passer les commentaires de nature scientifique. Ce sont des sciences pures et appliquées et non pas des sciences molles. Enfin, bien bon vous fasse.

      SVP, comme un autre érudit qui ne jure que par les masques maisons puisque le duo Amir Khadir/Nina Machouf de Québec solidaire en recommande l’usage même si scientifiquement, rien ne les justifient, les CHLSD publics mettent autant à risque leur clientèle que ceux privés non conventionnés. Il n’y a aucune différence. Lorsque la COVID_19 s’investit dans de tels établissements, c’est fatal pour les résidents de ces institutions à moins que des normes très élevés soient observées et même encore. La situation est la même en Ontario, mais les responsables manipulent les données pour que cela passe en dessous de la table.

    • Cyril Dionne - Abonné 27 avril 2020 14 h 02

      Certains des sciences molles dont l'UQAM est passé maître dans le domaine, nous dirait qu'on pourrait atterrir sur le soleil sans entrave, sans dommage et survivre; on n'a qu'à y aller lorsqu'il fait nuit. « Boy » que cela nous fait philosopher. Tout doux, tous doux, « ben » oui, « ben » oui, l’immunité collective existe sans vaccin avec la COVID-19. Ah ! Le monde peuplé de licornes de la gauche.

    • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 27 avril 2020 17 h 44

      @ M. Dionne
      Étudiant en sciences pures au CEGEP, ayant créé le "FLP" (Front de libération contre la philosophie), je suis tombé après avoir boycotté successivement deux cours de philo, sur un réfugié mexicain, professeur au CEGP Saint-Laurent, qui m'ouvrit les horizons me montrant les liens intrinsèques existants entre la philosophie et les sciences dont l'épistémologie prescriptive que nous désignons le plus souvent par le terme de méthodologie.

      Alors au lieu de vous moquer des philosophes que vous semblez mépriser abondamment, je vous suggère de faire connaissance avec l'un d'entre eux, philosophe de renom, professeur émérite à McGill, Mario Bunge, PhD en physique et en philosophie, décédé au cours de l'année. Épistémologue, il était de la taille des Karl Popper et Thomas S. Khun.

      Ce dernier, dans un livre autobiographique, a écrit:

      « À l’âge d’environ 16 ans, quand j’ai commencé à prendre la vie au sérieux, je suis soudain tombé amoureux de la philosophie et de la science – dans cet ordre – et depuis je n’ai cessé d’essayer d'intensifier leur interaction [...] j'ai essayé de philosopher scientifiquement et d'approcher la science philosphiquement. L'approche philosophique de la science me conduisit à reformuler certaines théories scientifiques sous forme axiomatique, ce qui oblige à se concentrer sur les concepts et les propositions les plus importants d'un domaine d'étude, ainsi qu'à détecter de possibles sources de problèmes. Axiomatiser pour comprendre, et philosopher pour produire une axiomatique sensée et utile. Et l'approche scientifique des problèmes philosophiques m'a conduit a rechercher à la fois la motivation et le soutien dans la science contemporaine.»

      Vous devriez méditer sur l'apport de la philosophie à la science au lieu de la médire... sans doute alors la consideriez-vous avec moins de suffisance!

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 28 avril 2020 06 h 19

      Tout à fait. D'ailleurs, dans les départements de philo où j'ai travaillé, l'épistémologie occupait une place très importante. Rien sans doute qui eût calmé le mépris de monsieur Dionne, qui pensait que les «philosophes» auraient le bon goût de ne pas venir mettre du bruit dans une conversation sérieuse dont il semble s'instituer modérateur. Cela ne porte pas à conséquence et s'il vaut un peu la peine de lui répondre, ce n'est pas tant que le progrès de la réflexion le commanderait. C'en est d'ailleurs assez quant à moi.

  • Chantal Doré - Abonnée 27 avril 2020 08 h 48

    Il y a plus de gérants d'estrade que l'on pense!

    Les deux commentaires précédents ne tiennent pas compte du message central de l'article - en plus des propos inopportuns et tendancieux sur l'Observatoire des sciences et des technologies, de l'UQAM à part de ça, autre occasion en passant de casser un peu sucre sur cette université. Le message central est celui de la temporalité ou de l'échelle progressive du temps à partir de laquelle, d'une part, des décisions en temps réel doivent être prises de toute urgence et, d'autre part, dans un contexte inusité de méconnaissance du comportement et des caractéristiques propres, dans ce cas-ci, à la COVID-19. Les gérants d'estrade ont de l'avenir devant eux. Mais les décisions se prennent dans un contexte réel avec les informations disponibles au moment même et, souvent, sous une pluie de données parfois contradictoires qui obligent à des choix qui peuvent être contestables. Mais prises de décision il y a en tentant de mesurer le mieux possible les avantages et les conséquences. Qui a le goût d'être à la place des décideurs en ce moment, à part les gérants d'estrade?

    • Hermel Cyr - Abonné 27 avril 2020 10 h 04


      Vous m’enlevez les mots de la bouche. Tant à propos de l’appui aux observations pertinentes du professeur Gingras qu’à propos du dénigrement dont il peut être l’objet.

      L'Observatoire des sciences et des technologies est un centre de recherche crédible dont l’expertise est probablement ce qui se fait de mieux à l’UQAM. Et le professeur Gingras est probablement notre meilleur historien des sciences, en tout cas, celui qui prend le plus position dans la cité.

    • Cyril Dionne - Abonné 27 avril 2020 13 h 54

      « Mais les décisions se prennent dans un contexte réel avec les informations disponibles au moment même et, souvent, sous une pluie de données parfois contradictoires qui obligent à des choix qui peuvent être contestables. »

      Ah! Oui. Nos chers spécialistes se contredisent entre eux présentement. Certains, une petite minorité aux accents de la chambre de commerce, sont pour le déconfinement et les autres plus prudent, affirment le contraire. D’autres parlent d’immunité personnelle et collective alors que ceux qui sont prudents disent le contraire. En fait, ceux qui sont prudents font partis de la majorité. Vous savez, ce sont les gérants d’estrade qui en subissent les contrecoups, pas les « choosen ones » souvent des sciences sociales. Évidemment, le peuple ne peut pas questionner nos élus autoproclamés parce qu’eux ont toutes les réponses et c’est pour cela que le Québec est dans le palmarès des pires pays en ce qui concerne le nombre de morts par million. Misère.

      Ceci dit, les données ne sont pas contradictoires à moins qu’elles soient fausses; c’est l’interprétation de celles-ci qui fait défaut. Et ceux qui sont si persuadés d’avoir raison, pourquoi n’envoient-ils pas leurs enfants à l’école à l’heure du déconfinement? Est-ce que c’est parce qu’il manque de personnel, de tests, de médicaments, de masques, de blouses et même d’organisation pour parler d’ouverture vers une immunité collective comme le disait Boucar Diouf récemment?

  • Denis LeBlanc - Inscrit 27 avril 2020 09 h 05

    Révisionnisme et science

    On attaque le Dr Arruda ici, injustement, sur le port de masques et on oublie le Dr Amir Khadir dans La Presse+ du 28 mars : « Nous sommes devant un risque à la fois sanitaire et économique aujourd’hui hors de contrôle. Et des arguments très sérieux laissent penser que l’hydroxychloroquine pourrait s’avérer efficace.» Or, il n'existait pas d'argument sérieux à cette époque. Rappelons aussi que Caroline Quach-Thanh, microbiologiste-infectiologue et épidémiologiste, était critique sur l'absence de données probantes sur le port de masques dans la population comme approche miracle contre la COVID-19. Comme l'affirme toujours M. Arruda, ce n'est pas la panacée...

  • gaston bergeron - Abonné 27 avril 2020 09 h 20

    Il y a ici un gérant d'estrade

    ... qui se sent visé et qui réagit. Tordant!