Enfin une bonne nouvelle

La plage du parc-nature du Cap-Saint-Jacques
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir La plage du parc-nature du Cap-Saint-Jacques

Dans une lettre publiée dans Le Devoir du 13 août, au titre énergisant « La volonté de faire, le désir d’agir », la mairesse de Montréal, Valérie Plante, met en valeur les avantages que présente la création du grand parc de l’Ouest. Regroupant les parcs-nature de l’Anse-à-l’Orme, du Bois-de-l’Île-Bizard, du Bois-de-la-Roche, du Cap-Saint-Jacques, des Rapides-du-Cheval-Blanc, les campus John-Abbott et McDonald de McGill et quelques autres terrains, ce territoire deviendra le plus grand parc municipal au Canada. Voilà enfin une bonne nouvelle. Un tel parc, sans doute pas aussi complet, était prévu depuis le début des années 1970 dans le schéma d’aménagement de la Communauté urbaine de Montréal. Après un demi-siècle d’attente, on ne peut que se réjouir du résultat.

Il est évident qu’à l’ère des changements climatiques ce projet acquiert maintenant une nouvelle importance. Mais ce qu’il ne faut pas ignorer, c’est qu’il s’inscrit dans une réalité historique : les parcs mettant en valeur la nature sont devenus, depuis la révolution industrielle, des lieux qui comptent parmi les plus précieux dans le monde urbain. En témoignent notamment à Montréal le parc du Mont-Royal, Central Park à New York et, à Londres, Kensington Gardens, Hyde Park, Regent’s Park et plusieurs autres qui constituent l’ADN de cette immense métropole.

Ce projet du grand parc de l’Ouest couronne à sa façon un demi-siècle de lutte pour la conservation et la mise en valeur des milieux naturels. Ainsi, au début des années 1970 fut créé l’organisme Espaces verts qui s’opposa à l’érection de tours domiciliaires dans le domaine Saint-Sulpice et à plusieurs autres projets désastreux sans toujours obtenir victoire malheureusement. D’autres organismes ont suivi, dont Sauvons Montréal et Héritage Montréal. Aujourd’hui, on commence enfin à se rendre compte de la pertinence de leurs apports et efforts pour assurer et ensemencer l’avenir.

Le défi

L’avantage des parcs ne se limite pas à offrir aux citoyens des lieux de nature, de détente et de loisirs. Ils contribuent également à structurer l’espace urbain. Sur cet aspect, le grand parc de l’Ouest présente un certain défi. Car, d’un côté, le territoire de l’Ouest de l’île de Montréal est en développement et, de l’autre, celui de ce grand parc s’avère complexe, multiple et morcelé. Comment assurer une cohérence et un équilibre entre la nature et l’habitat construit? Comment garantir les fonds nécessaires à l’aménagement et à l’entretien d’un si vaste parc? Comment conférer à ce milieu une identité propre qui contribuera à l’image de la métropole? Ça, c’est du domaine de l’urbanisme, et la tâche s’avère imposante.

Montréal est la ville universitaire au Canada. Dans ses quatre universités, elle possède d’excellents programmes d’urbanisme et d’architecture de paysage. Le défi de la planification et de la mise en valeur de ce grand parc de l’Ouest et des territoires environnants présente une occasion exceptionnelle d’intéresser des universitaires à ce projet complexe et plutôt inédit, d’autant plus que des étudiantes et des étudiants seront les premiers à en profiter.

LE COURRIER DES IDÉES

Recevez chaque fin de semaine nos meilleurs textes d’opinion de la semaine par courriel. Inscrivez-vous, c’est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel.

1 commentaire
  • Sylvio Le Blanc - Abonné 19 août 2019 16 h 12

    Si vous voulez ce parc sur une carte :

    https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1182299/grand-parc-ouest-promoteurs-cap-nature

    Ce serait bien que « Le Devoir » nous montre quelque chose de semblable dans le journal, pour avoir une idée de la dimension.