L’épreuve uniforme de français est une punition

Dans son projet de réforme de la loi 101, M. Jolin-Barrette revient sur l’épreuve uniforme de français (EUF), annulée à cause de la pandémie. Or, moi, ancien professeur au collégial, j’avais espéré qu’on mettrait définitivement fin à une vraie punition aux étudiants, qui n’a pas sa raison d’être.

À cause de l’EUF, chaque année, 15 % des finissants des cégeps, qui ont réussi tous leurs cours (y compris les cours de français et de philosophie), n’obtiennent pas leurs diplômes. Les professeurs qui enseignent le français dans les cégeps racontent que les étudiants vivent une angoisse permanente de peur de ne pas la réussir et d’être privés des fruits de deux ou trois années d’études.

Si onze années à l’école n’assurent pas une maîtrise de base de la langue maternelle, deux années d’activités (non obligatoires qui peuvent varier d’un cégep à l’autre) le feront-elles ?

Je ne connais aucun pays au monde qui teste la bonne connaissance de la langue maternelle à la fin des études postsecondaires. Par contre, si certaines facultés ont des exigences linguistiques précises, c’est à elles de les définir et de tester leurs futurs étudiants en conséquence.

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17 commentaires
  • Yvon Montoya - Inscrit 18 mai 2021 05 h 36

    « (...) chaque année, 15 % des finissants des cégeps, qui ont réussi tous leurs cours (y compris les cours de français et de philosophie), n’obtiennent pas leurs diplômes. » c’est considérable ce pourcentage d'échec comme conséquence de l’enseignement de la langue dans les écoles québécoises. Cela n’ira pas en s’améliorant si on se fit à l’article de ce jour dans La presse intitulé « Le nombre d’enseignants non qualifiés en forte hausse ». Dans le fond, c’est de pire en pire pour la cause du francais au Quebec. On comprend mieux la montée de l’anglais parait-il a MTL.

    Voir cet examen de francais comme une « punition » parle très bien de cet échec de l’enseignement du francais surtout que vous écrivez en contradiction de votre intention et je vous cite: « Par contre, si certaines facultés ont des exigences linguistiques précises, c’est à elles de les définir et de tester leurs futurs étudiants en conséquence. »

    • Rose Marquis - Abonnée 18 mai 2021 09 h 15

      À la fin du secondaire, quand j'avais 18 ans (dans le temps il y avait une 7°année à la fin du primaire) un jeune qui avait son diplôme avait une bonne maîtrise du français, pourquoi est-ce différent maintenant? Quand mes filles étaient au primaire leurs enseignanntes n'enlevaient plus de points pour leurs fautes de français, le français c'était l'affaire du cours de françasi, quelle aberration! Après la 2° année du primaire, quelque soit le cours le français devrait toujours être considéré.... L'essentielle maîtrise de la langue ne semble pas faire partie des exigences émanant du Ministère de l'éducation!

  • Simon Grenier - Inscrit 18 mai 2021 07 h 22

    Wow! Personnellement, je rejette l'ensemble de ces non-arguments, de même que l'absence de nuance et de référence au contexte général - au premier chef: le français en Amérique du nord.

    Même que l'opinion présentée ici, en conjonction avec le parcours professionnel mis de l'avant, est un très puissant plaidoyer en faveur de l'épreuve uniforme de français.

    L'angoisse face à ses propres performances, ça relève de la sphère individuelle. Appartient-il aux seuls enseignants de français au collégial de guider leurs étudiants là-dedans? Non, bien sûr. L'institution, les réseaux de la Santé et de l'Éducation, les parents, l'entourage et "la société" doivent y voir aussi. Il faut soutenir ces étudiants. D'autant plus que si cet examen nous stresse, la vie d'adulte va nous achever en deux secondes...

    Mais tout cela n'a aucun - aucun - lien avec l'épreuve uniforme de français.

  • François Beaulne - Abonné 18 mai 2021 08 h 13

    Comparaison boiteuse

    <Je ne connais aucun pays au monde qui teste la bonne connaissance de la langue maternelle à la fin des études postsecondaires>. voilà l'essentiel de votre argumentation. Or, le Québec n'est pas un <pays> au sens juridique du terme. Voilà la grande différence. Et ce n'est pas une mince différence.
    N'étant pas un pays souverain, le Québec a un statut d'État fédéré, de plus en plus minoritaire au sein d'un Canada de plus en plus anglophone, de surcroît assujetti, contre sa volonté, à une constitution fédérale modifiée sans son consentement qui pend sur sa tête comme une épée de Damoclès à chaque fois qu'il s'agit de législations identitaires, comme la Loi 101.

    Non seulement les examens que vous critiquez sont d'autant plus nécessaires que les derniers chiffres sur les transferts linguistiques vers le Français, notamment à Montréal où s'agglutinent la plupart des immigrants non francophones, sont inquiétants.
    Ne pensez-vous pas qu'il est normal que les citoyens d'un pays <juridique> ou en devenir, puissent être fonctionnels dans la langue nationale.
    Ne pas prendre tous les moyens pour que notre langue nationale soit comprise et utilisée par la population comme langue commune et langue de travail relève de l'insouciance et de l'irresponsabilité envers ceux dont ce n'est pas la langue maternelle. C'est là où se trouve la punition, et non, comme vous le prétendez, l'inverse.

  • Cyril Dionne - Abonné 18 mai 2021 08 h 21

    C'est pareil partout

    « Je ne connais aucun pays au monde qui teste la bonne connaissance de la langue maternelle à la fin des études postsecondaires. »

    Bien moi, je connais une province, l’Ontario, qui teste la bonne connaissance de la langue maternelle à la fin des études secondaires que ce soit en anglais ou en français, tests standardisés obligent. Pourquoi sais-je cela, eh bien c’est parce que j’ai enseigné dans les écoles françaises et anglaises. En plus, dans les écoles secondaires, vous vous devez de réussir un cours dans votre langue seconde pour avoir votre diplôme, le tout assortit d’un test final de fin d’année dans votre langue maternelle. Dans la plupart des universités ontariennes, les anglophones et les francophones doivent réussir un test d’entrée dans leur langue maternelle pour pouvoir faire des études postsecondaires.

    Une question se pose : comment se fait-il qu’un étudiant du cégep (école secondaire en Ontario) qui a réussi tous ses cours de français dans son parcours du secondaire ne réussit pas un test final dans sa langue maternelle? Cela, c’est la question qu’on devrait se poser. J’ai regardé le type de questionnement sur l’épreuve uniforme de français au Québec et celui-ci concorde avec les tests finaux que les étudiants ontariens doivent réussir pour accéder à leur diplôme.

    Est-ce qu’on essaie de niveler vers le bas encore une fois?

  • Mathieu Lacoste - Inscrit 18 mai 2021 08 h 35

    « Si onze années à l’école n’assurent pas une maîtrise de base de la langue maternelle…» (Hassan Jamali, ex-prof. au CEGEP)




    … C'est que la langue française n'y est pas enseignée

    C'est que dans la Belle province, la langue française n'est plus enseignée à l'élémentaire depuis près d'une cinquantaine d'années.