Appel aux députés pour Yves Michaud

Le 14 décembre 2000, l’Assemblée nationale adoptait sans préavis, sans débat et sans en vérifier les faits une résolution dénonçant le caractère inacceptable des propos ayant été prononcés la veille par M. Yves Michaud. Or ces propos n’ont pas été vérifiés au préalable et M. Michaud n’a pas eu l’occasion de se faire entendre de l’Assemblée nationale, contrairement aux exigences fondamentales du respect du droit à la justice, créant ainsi une réelle possibilité que M. Michaud en ait subi un préjudice.

Afin de régler cette affaire susceptible d’entacher la réputation et l’honneur de l’Assemblée nationale, nous demandons instamment à ses membres actuels d’adopter aussi rapidement que possible la motion suivante :

« Attendu que, pour respecter les règles fondamentales du droit à la justice, les propos d’un citoyen ne devraient pas être condamnés par l’Assemblée nationale avant d’être vérifiés et que celui-ci ait été entendu, il est résolu :

Que l’Assemblée nationale s’abstienne de condamner les propos d’un citoyen avant qu’ils aient été vérifiés et que celui-ci ait eu l’occasion d’être entendu et que, en conséquence, soit annulée la résolution sans préavis adoptée le 14 décembre 2000 qui ne respecte pas ces critères. »

Ont signé cette lettre ouverte : Pauline Marois, Jean-Pierre Charbonneau, Richard Guay, François Gendron. Jean-Marc Fournier, Louise Harel, Pierre Marois, Michel Audet, Agnès Maltais, Matthias Rioux, Denis Vaugeois, Louise Beaudoin, Paul Bégin, Jean-Guy Parent, Clément Richard, Rita Dionne-Marsolais, Serge Ménard, Jean-Pierre Jolivet, Lucien Lessard, Michel Clair, Jacques Baril, Maxime Arseneau, Roger Bertrand, André Boulerice, Jocelyne Caron, Jacques Côté, Henri-François Gautrin, Serge Geoffrion, Guy Julien, Normand Jutras, Michel Morin, André Pelletier, Claude Pinard, Cécile Vermette.

À voir en vidéo

16 commentaires
  • Bernard LEIFFET - Abonné 13 mai 2021 07 h 22

    Avec la médiocratie qui règne à l'Assemblée nationale, où est la démocratie que désire le peuple!

    Il est impardonnable à l'AN du Québec de laisser aller ainsi les choses! Pas brillants furent nos élus d'antan de condamner un homme qui défendait la langue et la culture françaises! Manque de courage, mais aussi d'intelligence quand on sait qu'ils n'ont pas été vérifier les faits en cause! La mollesse incrustée dans leurs veines n'est malheureusemet pas redressée tout comme déja on a entendu le réprésentant du PLQ déjà se plaindre contre ce qui doit se passer aujourd'hui au même endroit, la Loi 101 qui devrait faire reculer la langue anglaise au Québec! À mon avis il devrait plutôt se pencher sur le sort des francophones hors-Québec et demander à Justin Trudeau de revendiquer pour eux les mêmes droits qu'ils ont eu car des britanniques de sang! Idem pour madame Plante qui déjà a levé le voile quant à son amour des anglais pour tenter de résister à un ancien membre du PLC qui va se représenter à la mairie de Montréal! Foutus politiciens aux abois!
    Monsieur Yves Michaud il est regrettable qu'avec le temps les politiciens n'ont pas encore réalisé quel tord monumental on vous a fait! Pendant qu'on essaie de sauver d'autres humains sur terre, on vous a chassé de l'endroit le plus connu à Québec, sans plus de décorum, la bienséance n'ayant pas sa place parmi nous! La société québécoise elle-aussi a besoin de se faire soigner et peut-être alors verrons-nous les francophones s'unir pour défendre leurs droits, leur langue et leur culture et de rétablir monsieur Michaud comme personne honorable!
    VLQF!

  • Marc Therrien - Abonné 13 mai 2021 07 h 41

    Avant le 13 décembre 2000, il y a eu le 5 décembre 2000


    « Le 14 décembre 2000, l’Assemblée nationale adoptait sans préavis, sans débat et sans en vérifier les faits une résolution dénonçant le caractère inacceptable des propos ayant été prononcés la veille par M. Yves Michaud. » On fait alors référence à sa déclaration du 13 décembre 2000 faite dans le cadre des États généraux sur la situation et l'avenir de la langue française au Québec. Cependant, il semble que la mauvaise humeur des députés de l’Assemblée nationale ait commencé à être ressentie avec le récit de cette anecdote fait le 5 décembre 2000 à l’animateur de radio Paul Arcand alors à CKAC. Ainsi, « L'affaire Michaud aurait débuté avec ce récit d’une anecdote faisant référence à une conversation tenue chez son coiffeur avec un sénateur juif :
    « Bien, je vais vous raconter une anecdote. J'étais... je suis allé chez mon coiffeur il y a à peu près un mois. Il y avait un sénateur libéral que je ne nommerai pas qui ne parle pas... encore qu'il représente une circonscription de langue française et qui me demande : es-tu toujours séparatiste, Yves ?" J'ai dit oui, oui je suis séparatiste comme tu es juif. Ça a pris à ton peuple 2000 ans pour avoir sa patrie en Israël. J'ai dit : moi, que ça prenne 10 ans, 50 ans, 100 ans de plus ça peut attendre. Alors il me dit : ce n'est pas pareil. Ce n'est jamais pareil pour eux. Alors j'ai dit : ce n'est pas pareil ? Les Arméniens n'ont pas souffert, les Palestiniens ne souffrent pas, les Rwandais ne souffrent pas. J'ai dit : c'est toujours vous autres. Vous êtes le seul peuple au monde qui avez souffert dans l'histoire de l'humanité. »

    Évidemment, on lui a fait dire le 13 décembre 2000 ce qu'il n'a pas dit à partir de ce qu'on savait qu'il pensait.

    Marc Therrien

    • François Leduc - Abonné 13 mai 2021 09 h 11

      @ Marc Therrien.
      La motion à l'Assemblée nationale du 14 décembre 2000 :

      « Que l'Assemblée nationale dénonce sans nuance, de façon claire et unanime, les propos inacceptables à l'égard des communautés ethniques et, en particulier, à l'égard de la communauté juive tenus par Yves Michaud à l'occasion des audiences des états généraux sur le français à Montréal le 13 décembre 2000. »

      Ce que Yves Michaud a dit le 13 décembre 2000 ne permettait d'aucune façon d'en inférer des propos inacceptables à l'égard de la communauté juive, bien au contraire, sa déclaration à leur sujet était :

      « Mes propres concitoyens devraient suivre l’exemple de ce que le chanoine Groulx disait à propos du peuple juif. Le chanoine Groulx disait et nous invitait, et je le cite, "à posséder, comme les Juifs, leur âpre volonté de survivance, leur invincible esprit de solidarité, leur impérissable armature morale". Et l’historien donnait alors l’exemple du peuple juif comme modèle à suivre pour que les Québécois affirment leur propre identité nationale et assument, et assument pleinement, l’héritage de leur histoire, ajoutant que l’anti-sémitisme était "une attitude anti-chrétienne et que les chrétiens sont, en un sens, spirituellement des Sémites". Fin de la citation »

      Les propos qu'il a tenus lors de son interview avec Paul Arcand ne pouvaient pas non plus faire l'objet d'une pareille motion de blâme de l'Assemblée nationale. Sinon, combien de motions de ce genre l'Assemblée nationale aurait dû ou devrait adopter à l'égard de propos inacceptables tenus à l'endroit des Québécois francophones.

      Et c'est le même Yves Michaud, parrain d'un garçon juif et son épouse marraine d'une fille juive.

      Il a droit avant de mourir au rétablissement formel et solennel de son honneur et de sa dignité. Point barre !

    • Claude Gélinas - Abonné 13 mai 2021 09 h 46

      Ce rappel des faits démontre à l'évidence que pris hors contexte cette conversation a servi de fondement à l'approbation de cette infâme résolution. Ce qui revient à dire que les députés de l'Assemblée nationale sans même entendre la version de Monsieur Michaud l'on condamné. Ce qui en plus d'être injuste constitue un manquement à l'obligation d'agir équitablement.

  • Pierre Samuel - Abonné 13 mai 2021 08 h 04

    Tartufferie inqualifiable !

    Absolument scandaleux que cet outrage envers M. Yves Michaud commis il y plus de vingt ans n'ait jamais été réparé. Honte à tous ces ministres et député(es) concerné(es) de tous partis confondus dont aucun(e) n'a eu le courage de dénoncer à l'époque cette injustice innomable !

    Plusieurs signataires de cet appel n'étaient-ils et elles pas en fonction lors de cette trahison envers leur ex-collègue ?

  • Alain Chaperon - Abonné 13 mai 2021 09 h 21

    Bravo

    Même après 20 ans et quelque, cette motion doit être adoptée. Tout le monde sera d'accord pour dire qu'il ne faut pas oublier les erreurs du passé afin de ne pas les répéter.

  • Claire Faubert - Abonnée 13 mai 2021 09 h 26

    Honte à Bouchard, Simard,etc...

    Comment ceux qui ont taxé monsieur Michaud d'antisémitisme ont-ils pu être aussi retors? Prenait-il trop de place? Brillait-il trop au firmament des intellectuels éclairés? Gênait-il quelqu'ambitieux qui souhaitait l'écarter d'un poste prestigieux à son profit?
    Quelle gymnastique de l'esprit les a convaincus que cet honorable citoyen avait dérivé de façon aussi tordue?

    Eclairez-nous et surtout rétablissez dans ses droits l'honneur d'un grand homme!