L’avenir du français

Une première remarque sur le texte de Jean-François Lisée, « Le grave danger des demi-mesures ». Les élèves qui sortent du secondaire ne sont pas pleinement opérationnels en français. Tant s’en faut. Ils ne maîtrisent pas la langue, et cette carence pèse beaucoup sur le rapide glissement à l’anglais qui domine les réseaux sociaux des jeunes. Et le Parti québécois a une part de responsabilité énorme dans ce gâchis, car il est à la source des deux réformes des programmes de l’école québécoise. Celle de 1980 avec Jacques-Yvan Morin et celle de 2000 de Pauline Marois-François Legault. Dans lesquelles s’impose la transmission des compétences qui barre le chemin à l’enseignement structuré de la grammaire, de la syntaxe, de la stylistique et de la littérature. Un parfait désastre.

Deuxième remarque. Les jeunes anglophones accédaient autrefois directement à l’université après le secondaire, et dans leur langue, comme il se doit. Par mesure de justice, je maintiendrais ce droit en leur permettant d’accéder à l’université via les collèges. Toutefois, le nombre de places dans les collèges anglophones serait au prorata de leur nombre dans l’ensemble de la population québécoise. Et si des places se libéraient au regard de ce prorata, je les ouvrirais aux francophones et aux allophones. Étant entendu que ces places ne dépasseraient pas le quantum fixé.

Enfin, the last but not the least. Le français joue son avenir en entreprise, et c’est mal parti. Dans ces circonstances, le gouvernement doit décider que les contrats qui sont octroyés par l’État, par les municipalités, les centres de services scolaires, les universités, les hôpitaux, la Caisse de dépôt, la SAQ, Hydro-Québec, en fait tous les organismes publics, seront donnés à des entreprises où la langue de travail est le français. Quelle que soit la taille de l’entreprise. Et c’est à travers ce choc politique, social et linguistique que se poursuivra la lutte pour la domination du français au Québec. On l’enseigne, on l’apprend, on le parle ; on vit et on travaille en français. Ou alors, on abdique, et on créolise notre société jusqu’à l’assimilation à la langue du capital, l’anglais. Speak White !

 
8 commentaires
  • Mathieu Lacoste - Inscrit 13 avril 2021 09 h 06

    « Enfin, ''the last but not the least'' [, le] français joue son avenir et c’est mal parti.» (Pierre Lemaire)


    Vous ne croyez pas si bien dire !

  • Sylvio Le Blanc - Abonné 13 avril 2021 09 h 18

    Lettre originale

    Bravo.

  • Mathieu Lacoste - Inscrit 13 avril 2021 09 h 28

    « Les élèves qui sortent du secondaire ne sont pas opérationnels» (Pierre Lemaire)


    Il faudrait revoir la chaîne de montage ou bien les tenir sous la férule de l'adjudant Kronenbourg

    (L'adjectif «opérationnel» est un anglicisme; l'usine est opérationnelle, les recrues ne sont pas encore opérationnelles, la garnison est opérationnelle, les chars d'assaut sont opérationnels)

    • Constance Pagé - Abonnée 13 avril 2021 23 h 47

      Oui il faut travailler notre français toute notre vie.
      J'ai 76 ans et je fais encore des fautes grammaticales.
      C'est un apprentissage tout au long de notre vie.
      C'est notre destiné face aux 300 millions et plus d'anglophones aux USA ainsi que face à la majorité anglophone du Canada.
      Ça sera toujours un combat.

  • Gilles Théberge - Abonné 13 avril 2021 16 h 03

    Le seul message qui porte, sera de franciser les CÉGEPS...

    Et d'exiger, pas demander, exiger le français dans tous les commerces de Montréal. Parce que c'est à Montréal le problème.

    Quand on est obligé de parler Français, on devient soudainement capable de l'apprendre.

    Toute autre mesure sera insignifiante, nulle et non avenue.

    Et dans ce cas nous continueront notre lent déclin,

    Voyons maintenant de quel bois se chauffe le premier ministre,

    Qui se cache pour le moment derière la pandémie.

    Mais on ne peut pas vivre éternellement en pandémie n'est-ce pas ?

    C'est clair...?

  • Daniel Gagnon - Abonné 13 avril 2021 22 h 13

    L'unilinguisme galopant anglophone

    On ne saisit pas aujourd’hui le danger dans lequel se trouve notre langue française.

    On ne se souvient plus assez de l’ampleur de la déshérence de notre langue française subie par nos parents, jusque sur leur table de cuisine avec les Dills Pickles ou les Animal Cookies.

    L’unilinguisme galopant anglophone va finir par avoir notre peau si nous ne nous mobilisons pas.

    Il ne suffit pas d'être aimablement affable devant le rouleau compresseur de l’anglais. Il faut la fermeté et la force de la loi, c’est une question vitale pour le Québec.

    • Constance Pagé - Abonnée 13 avril 2021 23 h 43

      Tout à fait d'accord !
      Constance Pagé
      Ottawa ON