À un paradoxe près

Le Québec en général s’enorgueillit de sa vertu environnementaliste en faisant le paon devant le gouvernement albertain et ses visées expansionnistes en matière d’exploitation des énergies fossiles. Le peuple québécois n’est pas dans une position enviable pour faire la leçon à quiconque au Canada. Bien sûr, notre belle province peut se targuer de sa réussite sur le plan du développement de son potentiel hydroélectrique, mais son bilan environnemental n’en est pas moins désastreux. Les Québécois consomment près de 400 000 barils de pétrole quotidiennement. Ce n’est pas dans les Prairies ou dans le Grand Nord que se trouve la plus forte proportion de camions légers (pick-up) ou de VUS énergivores, mais bien ici. Le parc automobile québécois ne compte que 1 % de véhicules électriques, et plus de 17 % des ménages québécois chauffent encore au mazout ! C’est bien ici que des motoneiges et des VTT parcourent près de 100 millions de kilomètres annuellement sur plus de 30 000 km de sentiers pour le simple loisir de se déplacer ; c’est bien ici que circulent des motomarines et des jet-boats l’été pour ne faire que des vagues ; et c’est le Québec qui produit le plus de déchets par personne au Canada, pour un triste total de 17 000 tonnes par jour. Le Québec ainsi que le Canada tout entier sont rendus à la croisée des chemins et doivent prendre le taureau par les cornes et réorienter leurs politiques énergétiques en abandonnant les énergies fossiles. Ce recentrage devra aussi se faire en remettant en question nos habitudes globales de consommation, sinon nous fonçons droit dans le mur. Et chez nous, en attendant, comme on le dit si bien : « Gardons-nous une p’tite gêne… »

3 commentaires
  • Mario Jodoin - Abonné 11 février 2021 00 h 39

    Source?

    «Ce n’est pas dans les Prairies ou dans le Grand Nord que se trouve la plus forte proportion de camions légers (pick-up) ou de VUS énergivores, mais bien ici.»

    Il est vrai que le Québec n'a pas à se vanter, mais il est inexact de dire que c'est au Québec qu'on trouve la plus forte proportion de camions légers (pick-up) ou de VUS. Par exemple, selon les données du tableau 20-10-0002-01 de Statistique Canada, en 2019, 67 % des ventes de véhicules neufs taient des camions légers, alors que cette proprotion atteignait 86 % en Saskatchewan, 83 % en Alberta et 80 % au Manitoba (et 73 % dans l'ensemble du Canada). En fait, c'est au Québec que cette proportion est la plus basse au Canada. Et il en est de même chaque ann.e depuis 1981. Cela dit, cette proportion augmente chaque année au Québec et au Canada, ce qui est de fait déplorable.

    Je serais curieux de connaître la source de l'auteur. Je me souviens d'avoir entendu un journaliste dire cela à la télé (il faisait la promotion d'un livre visant à démolir des nythes), mais ce n'était pas exact.

  • Cyril Dionne - Abonné 11 février 2021 10 h 01

    « Oui, gardons-nous une p’tite gêne »

    Bon, on va lâcher les « RAM » et les VUS énergivores pour une seconde et parler de l’incongruité du mouvement écologique à la Greta Thunberg qui sévit au Québec présentement. On aime beaucoup s’autoflageller avec notre mode de vie en occultant que notre voisin, l’Ontario, seulement avec ses centrales au gaz naturel qui produisent 15% de leur électricité, eh bien, produit autant de tonnes de GES par année que la production entière du Québec. Bien sûr, ils ne sont pas intéressés d’acheter notre excédant en énergie hydroélectrique et préfèrent procurer des emplois bien rémunérés dans le secteur énergétique à leur population.

    Ceci dit, le Québec est responsable de seulement 0,17% de l’apport des GES dans le monde et cette production ne s’accroît que par l’augmentation de sa population via l’immigration. La Chine est responsable de 33% des GES mondiaux et ils portent un masque, non pas à cause des virus ambiants ou de raisons culturelles, mais à cause de la pollution atmosphérique qui tuent des millions de Chinois à chaque année. C’est la surpopulation qui tue, point à la ligne.

    Ce qu’on préconise ici, c’est la simplicité volontaire où personne n’adhère volontairement à part des pauvres qui la font involontairement.

    • Christian Roy - Abonné 11 février 2021 11 h 58

      @ M. Dionne,

      Ce qui fait la force du concept de "simplicité volontaire" est son aspect "volontaire", c'est-à-dire choisi et mise en pratique par une conscience adulte. On y trouve là aucun dépit ni sacrifice. Elle est fondamentalement joyeuse et accessible à tous. La simplicité volontaire est un idéal au même titre que la liberté d'expression. Je crois qu'il est important de les conserver toutes deux comme horizon vers lequel se diriger.