La revitalisation de l’Est passe par nos quartiers

Il y a quelque chose qui m’agace quand on parle de la revitalisation de l’est de Montréal. On dirait que nous n’existons pas. Que les quartiers que nous habitons n’existent pas non plus. Que nous n’attendions que la venue du REM pour nous remettre à vivre. Alors que c’est tout le contraire : Tétraultville existe, Viauville aussi, sans parler de Notre-Dame-des-Victoires ou de Mercier-Ouest ; ce sont des ancrages locaux qui témoignent d’une vie démocratique, communautaire.

Pour revitaliser l’Est, il va falloir tenir compte de toutes ces distinctions, de toute cette vie qui fourmille, de toutes les batailles qui ont cours sur ces territoires. Il va falloir tenir compte de la mobilisation citoyenne qui se poursuit en vue de préserver un espace vert dans le secteur Assomption sud–Longue-Pointe. Il va falloir tenir compte de la volonté des citoyens et citoyennes d’humaniser cette zone industrielle qui jouxte les quartiers Haig-Beauclerck, Guybourg et Maisonneuve. Il va falloir tenir compte du désir de ces mêmes citoyens de faire de la rue Notre-Dame une artère à échelle humaine. Sinon, la revitalisation de l’Est ne sera que la répétition à l’identique de ce que nous ne voulons plus.

5 commentaires
  • Jean-François Fisicaro - Abonné 10 février 2021 08 h 52

    Tenir compte ou tenir les comptes ?

    Avant de connaître ma conjointe actuelle, moi qui suis pourtant curieux de ces sujets, je n'avais même jamais entendu parler de Tétraultville ... alors que je l'avais traversé des milliers de fois sans même le savoir en roulant sur la 25 dans un sens ou l'autre ! Merci donc d'évoquer ici les Viauville, Notre-Dame-des-Victoires, Mercier-Ouest ... noms de quartiers dont n'avais jamais entendu parlé avant aujourd'hui.

    Comme vous le dites si bien, c'est comme si tous ces endroits grouillant de vie n'existaient pas pour le reste des Montréalais. Comme si un prolongement imaginaire de l'autoroute 720, au lieu de se terminer au Pont Jacques-Cartier, poursuivait sa course vers l'Est en passant par la rue Sherbrooke. Nous rappelant que tout comme c'est la cas pour sa partie réelle (entre l'échangeur Turcot et la "Molson") il y un clivage indiscutable entre ce qui se trouve au nord (Westmount, Shaugnessy village, Centre-Ville, Quartier des spectacles) et au sud (Saint-Henri, Griffintown, Cité du Multimédia) ... Heureusement, les vingt-cinq dernières années ont vu une certaine évolution, pour ne pas dire une évolution certaine du côté sud, certes avec parfois quelques dérives, mais généralement pour le mieux. Il était temps !

    La revitalisation dans les quartiers de l'Est de l'île est déjà entamée et il est plus que temps. Le potentiel pour en faire des lieux où il fait encore mieux vivre est quasi illimité. Reste à espérer comme vous le souhaitez qu'on "[tienne] compte du désir de [ses] ... citoyens de faire de la rue Notre-Dame une artère à échelle humaine."

  • Patricia Clermont - Abonnée 10 février 2021 09 h 57

    un genre de petit manifeste clair, concis, précis

    À répéter sur toutes les tribunes, instances. Approprions-le-nous, comme on doit aussi s'approprier le développement de nos quartiers habités dans l'Est, trop souvent associé au gris, à l'industriel massif qui destructure trop en invoquant l'économie.

    Car ce texte exprime que ce territoire est ha-bi-té, et les gens qui l'habitent veulent se faire entendre, de longue date. Dans le passé récent, il y eu les batailles du BAPE de 2002 contre le projet d'autoroute sur Notre-Dame, qui a résulté dans l'idée d'un boulevard urbain; il y a celles qui durent depuis 2016 avec Mobilisation 6600 pour MHM et Les AmiEs du parc nature Ruisseau de la Grande Prairie, qui ont réussi à mener ces débats jusqu'à l'OCPM; et il y a celles qui s'amorcent au sujet d'un éventuel REM de l'Est, et qui amènent la création de nouveaux groupes comme le Regroupement des riverains de la rue Notre-Dame (RRNDHM).

    Ce texte exprime aussi ce que nous portons dans le cadre de nos luttes pour un environnement sain, un vrai potentiel pour innover de meilleur concert avec la nature, dans un contexte de lutte et d'adaptation aux changements climatiques. Ça doit devenir ça, l'Est, enfin. On continue.

  • Daniel Chartier - Abonné 10 février 2021 12 h 46

    Le REM aérien, une cerise négative sur un immense gâteau de désagréments

    Longue-Pointe est l'un des plus anciens lieux de colonisation de l'île de Montréal. Le cœur patrimonial de ce village a été pulvérisé peu avant Expo 67 pour créer le pont-tunnel Louis-H-LaFontaine et le spaghetti d'autoroutes y menant. Quelques décennies plus tard, on rase une autre partie du quartier pour empiler des conteneurs. Le Port augmente continuellement ses activités, ce qui induit toujours plus de camionnage sur Notre-Dame.

    Depuis des décennies, les gouvernements et sociétés d'État multiplient les promesses d'actions significatives qui amélioreraient la qualité de vie dans Longue-Pointe et Tétreaultville (Mercier-Est). Malheureusement, les actions positives ne suivent jamais. Par exemple, récemment, le ministère des Transports du Québec et la Ville de Montréal ont modifié la configuration de l'autoroute A-25 et des rues qui la croisent en oubliant d'amoindrir la cicatrice géante infligée un demi-siècle plus tôt.

    Le pire se profile à l'horizon avec un REM aérien qui défigurerait une rue Sherbrooke bordée de centaines de logements dont les fenêtres seraient à douze ou quatorze mètres d'une infrastructure géante projetant ombre, vibration, bruits, laideur.

    Les transports collectifs sont exceptionnels dans cette partie de Mercier-Est bénéficiant d'une station de métro et d'une multitude de circuits d'autobus très fréquents. À l'opposé, la partie sud de Mercier-Est est assez mal desservie par les transports collectifs. Au final, le projet actuel du REM réduirait significativement la qualité de la desserte en transport collectif dans Mercier-Est.

    Le projet du REM doit être modifié de façon substantielle afin de réduire ses impacts et maximiser ses bénéfices pour les populations traversées. Le REM doit traverser Mercier-Est en souterrain, dans le prolongement de l'axe de la voie rapide Souligny et de l'emprise ferroviaire existante pour remonter ensuite sur George-V jusqu'à Sherbrooke et filer ensuite vers Pointe-aux-Trembles et le Train de l'Est.

    • Jean-François Fisicaro - Abonné 10 février 2021 15 h 14

      "The smart guy" !

      M. Chartier, si au moins on pouvait trouver une "potion" magique pour que nos "décideurs" et les "spécialistes" qu'ils désignent pour de tels projets puissent se mettre les yeux vis-à-vis des trous de temps en temps et qu'ils "voient", tels les super-héros aux yeux perçants des bandes dessinés ...

      Constat: Je ne suis pas un "grand spécialiste" du transport en commun, mais en lisant votre proposition, je suis sidéré de comprendre que ce n'est actuellement même pas une option considérée par nos "décideurs" et les "spécialistes" qui sont "responsables" de "réfléchir" aux projets de développements des transports collectifs. Et compte tenu des faits très concrets que vous avez l'obligeance de porter à notre attention, je vous lève mon chapeau. Bien bas !!

      Comme je le mentionne en tout début de ce fil de Lettre, ma conjointe a grandi et vécu dans les quartiers que vous énumérez dans votre présentation. "Faque" ça adonne que je vois exactement en trois dimension le tracé que vous suggérez. Pour vous dire à quel point vous me convainquez d'emblée de jeu du bienfondé de votre proposition : Si je suis le "décideur", je vous engage SUR-LE-CHAMP, et quelle que soient (ou pas) vos qualifications et votre expérience, vous êtes en charge de l'aspect conceptuel du projet. Simple. Précis. Coupé au couteau. Relativement économique. Et prenant en compte l'environnement, les services de qualité présents (et à maintenir) sans pour autant se passer de l'apport indéniable d'un REM du Sud-Est de l'Île.

      Je suis prêt à mobiliser avec et pour vous tous ceux assez allumés pour faire réaliser au plus grand nombre tous les avantages et le peu d'inconvénients (à priori) du parcours suggéré. En langage de hockey, on pourrait parler de "votre projet", voire du "projet collectif" comme d'un but style "tic-tac-toe" !

      Et j'ai même titré mon commentaire en anglais !!! Ce qui, pour ceux qui me connaissent un peu, n'est pas peu faire ...

      Ouèsse-qu'on signe ?

  • Natalie Tessier - Abonnée 10 février 2021 14 h 16

    Pourquoi chercher à développer le Port ?

    J'ai moi aussi découvert ce Tétreaultville quand j'y ai aménagé il y a 22 ans. Manque de lieux culturels oui. Manque de connexions vertes entre ces quartiers de l'Est aussi. Ce qui m'attriste beaucoup également, c'est la place prépondérante du Port qui occupe tout de même 27 km des berges d'une île qui en fait 50 km. Cette partie de l'île donne très peu d'accès au fleuve. Qui plus est,. les activités du Port débordent sur tous ces quartiers environnant, par l'installation d'entreprises de logistique, de camionnage, de transport, d'entreposage, d'industries qui dépendent de matières premières transportées par bateau: sucre,sel, pétrole, gypse...Les nuisances sont nombreuses. Ce sont les riverains qui subissent pour une majorité de marchandises destinées ailleurs au Canada et aux USA.