Être une femme en 2021

En 2020, on a beaucoup appris. On a abordé plusieurs sujets difficiles et vécu de nombreuses prises de conscience collectives. Un des sujets auxquels on a décidé de s’attarder en tant que société fut celui de la culture du viol, ce sujet tabou et polarisant.

En 2020, on a remarqué que de nombreux noms sont sortis dans les médias et sur Internet. Des artistes que l’on admirait, mais parfois même des gens de notre entourage et des connaissances. Ce fut difficile à lire pour tous, mais très difficile à lire en tant que femme.

En 2020, on a dit « On vous croit » à la suite de milliers de témoignages touchants. On a offert notre soutien. Parfois, on a même écrit à des amis pour les soutenir dans leurs démarches difficiles. On a essayé de travailler sur nos biais. On a réalisé notre prédisposition à ne pas croire, plutôt qu’à croire.

En 2020, on a également commencé à développer notre jugement critique. On a commencé à comprendre que ce n’est pas toujours évident de dénoncer son agresseur, ou même de le poursuivre, que la peur des représailles est bel et bien présente et que prouver hors de tout doute raisonnable le fait d’avoir subi une agression sexuelle n’est pas une chose facile.

Toutefois, en 2020, nous avons aussi un peu perdu l’essence du problème. Nous avons tourné la problématique de la culture du viol en une question de diffamation. Nous nous sommes davantage inquiétés de la réputation des présumés agresseurs que du nombre effroyable de victimes de violence sexuelle qui nous entourent et dont nous prenons peu à peu conscience.

Il est indispensable de ne pas oublier qu’en 2020, mais encore en 2021, le simple fait d’être une femme peut provoquer une peur constante, un sentiment que le danger est plus proche que l’on pense, cette idée que ça pourrait être nous aussi, pour la première ou la cinquième fois.

Être une femme en 2021, c’est aussi être tanné, c’est attendre un véritable changement qui ne semble jamais arriver, c’est demander qu’on aille plus loin dans nos réflexions pour une fois et qu’on arrête de normaliser des actions discriminatoires et violentes envers les femmes que nous connaissons de près ou de loin.

Être une femme en 2021, c’est espérer qu’aux problèmes de 2020, on trouve enfin une solution.

7 commentaires
  • Louise Melançon - Abonnée 15 janvier 2021 07 h 58

    Une ou plusieurs solutions?

    Ce qu'on appelle la culture du viol, si je comprends bien, c'est le fait que des hommes trop souvent imposent leur désir aux femmes dans les relations amoureuses?intimes?amicales? et même professionnelles. Pour arriver à changer cette réalité, il n'y a pas qu'une solution.... c'est trop complexe! Même si la dénonciation peut en être une, et l'accusation aussi, à condition de pouvoir répondre aux exigences du modèle juridique, on devrait peut-être prioriser d'autres manières de poursuivre le changement nécessaire dans le domaine de la sexualité. D'abord, l'éducation affective , sexuelle, des garçons et des filles. C'est la solution primordiale qui exige la collaboration des parents d'abord, et des cours solides à l'école. Il ne faut pas oublier l'impact majeur de la pornographie, qui ne correspond pas au changement souhaité sur cette question. En tant que femme, je pense que l'éducation des filles, en particulier, doit promouvoir leur capacité à connaître et gérer leur propre désir, à ne pas se voir comme des victimes, à défendre leur dignité et volonté personnelle, pour ne pas se prêter au fait d'être des "objets". C'est, pour moi, la solution première. C'est exigeant, mais c'est une des tâches, peut-être oubliée du mouvement féministe.

    • Cyril Dionne - Abonné 15 janvier 2021 09 h 47

      Une très belle réflexion Mme Melançon.

    • Kim Murray - Abonnée 16 janvier 2021 10 h 59

      Oui, belle réflexion. Celan étant dit, en tant que femme, je pense plutôt que d'abord et avant tout, l'éducation des garçons, en particulier, doit promouvoir leurs capacités à reconnaître et à gérer leurs émotions et surtout, à respecter la fillette, la jeune fille, l'adolescente, la jeune adulte, la femme adulte et la femme agée qu'il rencontre sur son passage. Les filles sont déjà et depuis longtemps sensibilisées au fait de s'affirmer, de défendre leur dignitié et leur volonté personnelle. C'est bien notre société qui traîne encore des poussières de traditions catholiques patriarcales et misogynes qui a dicté depuis des milliers d'années le comportement des hommes envers les femmes et qui a eu des conséquences graves sur trop de femmes déjà dans l'histoire de l'humanité.

  • Denis Drapeau - Abonné 15 janvier 2021 09 h 07

    Examen de conscience

    «Nous avons tourné la problématique de la culture du viol en une question de diffamation. »

    Lorsqu'on approuve ou ne dénonce pas la culture de la dénonciation sans faits voir anonyme, sans se soucier de la diffamation possible, n'est-on pas un peu responsable du problème que vous soulevez ? La nature à horreur du vide et aussi des excès. Si vous faite fi des droits de l'accusé, d'autre sans chargerons.

  • Michel Thuot - Inscrit 15 janvier 2021 12 h 16

    Culture?

    À vous entendre c'est toute les femmes qui vivent sur le gros nerf d'être agressée. Culture du viol? J'ai bien des problèmes avec ce terme. J'ai beaucoup d'amies et aucune n'emploie ce terme et surtout aucune ne me parle de la peur de se faire violer à tous les coins de rue. Vous propagez surtout la peur du viol à vos lectrices.

  • André Nickell - Inscrit 15 janvier 2021 14 h 32

    Clips sonores importés

    "Rape Culture", expression importée directement des Étas-Unis, le pays du capitalisme sauvage et du mensonge psychopathique. Ensuite, nous avons eu droit aux mouvement "#metoo" et "BLM", ce dernier prônant l'élimination de la police. C,est quoi la prochaine lubie? Le droit de porter des armes?

  • Loyola Leroux - Abonné 15 janvier 2021 20 h 04

    Facile, facile d’etre une femme en 2021… au Québec !

    Madame Lebel, dans votre diatribe vous oubliates de mentionner que le ‘’Québec est le paradis des féministes’’ selon Josée Boileau dans Le Devoir (10-9-2002), qui rapportait les déclarations de Florence Montreynaud «Qu'il est doux d'être féministe au Québec et «Le Québec, c'est ce qu'il y a de plus proche du paradis féministe!»

    Simone Weil, ancienne ministre de la Santé en France, et survivante de l’holocauste, en visite au Québec pour recevoir un doctorat Honoris causa, a déclaré, suite à une discussion sur l’avortement, ‘’envier la place des femmes d’ici, jugées extraordinairement émancipées’’.

    Reconnaissons qu’il est de bon ton de toujours se plaindre, même le ventre plein, a la longue le peuple se tanne et dit au gouvernement ‘’donnez leur donc ce qu’ils exigent’’.

    Le Québec est le pays du monde qui a le plus donné à ses femmes.