Une institution dépassée

En ces temps difficiles pour beaucoup de gens, le discours du Trône fera l’actualité mercredi.

À l’instar de plusieurs députés, journalistes et personnes ordinaires, je m’interroge sérieusement sur l’incongruité de la fonction de lieutenant ou gouverneur de la reine. D’autant que, à la suite de la lecture de journaux, j’apprends que les plaintes pour harcèlement faites par les employés de Son Excellence la très honorable Julie Payette, 29e gouverneur général du Canada, soulèvent des questions sur le degré de surveillance et de responsabilité à Rideau Hall. Le bureau bénéficie des privilèges de la Couronne et est exempté des lois sur l’accès à l’information.

Est-ce cela, l’équité, la transparence, la reddition de comptes que prônait Ottawa en octobre 2018 ?

Qui aura le courage de demander la dissolution de cette administration obsolète (depuis 1869), très coûteuse (en 2017, 290 600 $ par an), aux relents de colonialisme anglais. Et que dire des dépenses éhontées révélées depuis des années faites par — entre autres — des lieutenantes-gouverneures et des gouverneures générales ? S’il faut retravailler la Constitution, eh bien, travaillez mesdames et messieurs les députés et monsieur le premier ministre.

C’est indécent de lire le montant de toutes ces dépenses quand nombre d‘organismes caritatifs et d’OBNL sont en déficit.

Le discours du Trône, la sanction royale, des habitudes inutiles « toxiques ». Le Canada va-t-il enfin grandir ?

7 commentaires
  • Mario Jodoin - Abonné 23 septembre 2020 00 h 23

    En 2017, 290 600$ par an?

    J'ai plutôt lu 53 millions $ en 2017, pour la seule gouverneure du Canada.

    • Sylvio Le Blanc - Abonné 23 septembre 2020 20 h 40

      Près de 300 000 $, c'est le seul salaire de la gouverneure générale. Mais la patente coûte beaucoup plus cher.

      Extrait d'un article sur le Web :

      « BUDGET ANNUEL DE PLUS DE 35 M$

      Dans les derniers états financiers du Bureau du gouverneur général (2015-2016), on peut lire que le gouvernement fédéral consacre 22 millions de dollars à son fonctionnement.

      Mais ce n'est pas tout: les ministères et agences fournissent aussi des services gratuits, pour l'équivalent de 13 millions de dollars. Au total, cela représente 35 millions de dollars. À cela, il faut ajouter les frais pour maintenir les lieutenants-gouverneurs, qui représentent la Reine dans les provinces.

      Tant et si bien que la Ligue monarchiste du Canada estime qu'en 2015, le pays avait déboursé près de 55 millions pour maintenir la monarchie constitutionnelle, soit l'équivalent de 1,53 $ par Canadien. »

      https://www.tvanouvelles.ca/2017/07/13/combien-coute-la-gouverneure-generale



      Au moins, si Michaëlle Jean avait permis à l'opposition de renverser Stephen Harper en 2008. Mais non.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_politique_canadienne_de_2008

  • Jean-Paul Carrier - Abonné 23 septembre 2020 08 h 34

    Indépendance

    Ce poste symbolique est une honte nationale en nos temps modernes. Le Canada devint indépendant il y a belle lurette. Nous avons rapatrié notre constitution, avec son lot de dégoûts; tout de même. Quand est-ce que nous aurons un gouvernement responsable qui sortira le Canada du carcan britannique et de ce stupide système qui n'apporte rien aux Canadiens, sauf des scandales à répétition. Peut-être que la solution pour le Québec est une vraie indépendance.Ce n'est pas une question d'argent, mais de fierté.

  • Marcel Vachon - Abonné 23 septembre 2020 08 h 38

    Je suis entièrement d'accord avec votre texte Fabienne Roitel. Bravo.

  • Cyril Dionne - Abonné 23 septembre 2020 09 h 21

    Un pays dépassé

    Bon, la Barbabe va se délaisser complètement de son passé colonial parce qu'elle veut un chef d'État barbadien d’ici un an et c’est terminer pour la reine Élizabeth II. Les Barbadiens veulent un chef d’État bien à eux. Nous, en tout cas pour le ROC, le chef suprême politique et religieux demeure encore une reine d’un autre continent. Maudit qu’ils font « durs » au Canada.

    Ceci dit, le 29e gouverneur général du Canada est empêtrée dans des scandales par-dessus scandales, elle qui a été choisie pour sa notoriété et son parcours professionnel et n’a certainement pas été élue. Raison de plus de se séparer de cette constitution monarchique, de son roi élu avec les pleins pouvoirs législatifs, exécutifs et certains diront mêmes judiciaires à tous les quatre et de son gouvernement des juges avec une cour pas si Suprême qui penche toujours sur le même côté.

    Ce pays, le Canada, qui est devenue partiellement autonome de l’impérialisme britannique avec le statut de Westminster en 1931, entretient encore une relation proche avec la monarchie britannique. Personne n’a voté pour cela. Mais à vrai dire, personne n’a voté pour cette constitution de 1982, son gouvernement des juges et sa charte des droits et libertés multiculturaliste.

  • Mathieu Lacoste - Inscrit 23 septembre 2020 10 h 54

    Le Canada entretient onze représentants Sa Gracieuse Majesté...

    ... soit une Potiche royale à Ottawa ainsi que dix sous-Potiches, i.e. une sous-Potiche par province.

    Donc, multiplions les petits fours par onze

    • Jacques Patenaude - Abonné 23 septembre 2020 12 h 21

      Bien d'accord avec vous pour les petits fours. C'est en général à quoi servent le GG et les LT mais malheureusement ces potiches ont encore un certain pouvoir:
      « Tous les gestes qu'il pose sont conformes à l'avis reçu du gouvernement. Ce n'est que de façon exceptionnelle qu'il pourra poser des gestes d'importance politique et juridique sans l'approbation du gouvernement. »source http://www.assnat.qc.ca/fr/patrimoine/lexique/lieu

      Ces pouvoirs exceptionnels ont été utilisés au Canada récemment dans le cas de la Colombie Britannique en 2015 et au Nouveau-Brunswick en 2017 entre autre. Évidemment la solution serait d'abolir cette fonction mais on risque d'attendre longtemps avant de réaliser cela et de toute façon il faudrait trouver un moyens d'arbitrer les situations lors d'élection très serrées dans le cadre du multipartisme actuel. Pourquoi ne pas procéder accordant au président de l'assemblée nationale ce rôle mais celui-ci ne pouvant être choisit parmi les députés. Il faudrait l'unanimité de l'assemblée nationale pour qu'il soit nommé. Le président de l'assemblée devant aussi le seul interlocuteur du Lieutenant-gouverneur. Un tel changement n'est pas incompatible avec le système actuel car il a déjà existé par le passé. Une telle formule pourrait nous permettre d'agir en attendant qu'on se débarrasse de cette fonction devenue totalement obsolète.