Comment repenser l’éducation après la pandémie?

Depuis des décennies, le Mouvement pour une école moderne et ouverte (MEMO) est à l’écoute des familles montréalaises concernant les enjeux en éducation. Bien que les organisations environnementales et le milieu économique réfléchissent aux manières de faire pour le futur en développement durable et en économie, il semble que l’école publique passe à côté d’une occasion inouïe de se rassembler, de revoir ses pratiques et de se projeter dans l’avenir au-delà de la nouvelle normalité en milieu scolaire.

La grande majorité des parents vous le diront, la vie a changé depuis six mois, notamment sur le plan de l’intégration des technologies, de l’engagement parental, de la gouvernance locale inexistante dans nos quartiers, de la mixité sociale et de l’égalité des chances. Nous n’en mesurons pas encore toutes les conséquences. En fait, c’est comme si, collectivement pris dans cette pandémie, nous étions incapables de prendre un pas de recul pour voir le portrait dans son ensemble, mettre en lumière les effets négatifs et, à travers ce déséquilibre, faire ressurgir des effets positifs. Rappelons que plusieurs parties prenantes en éducation demandent depuis des années des états généraux. Plus de 50 ans après le rapport Parent, il est plus que temps de faire le point. Le gouvernement du Québec et l’actuel ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, refusent ce moment de réflexion collective nécessaire pour l’avenir de notre réseau d’éducation.

L’adoption de la loi 40, en février dernier, non seulement a donné plus de pouvoir au ministre, mais elle a surtout fait disparaître la nécessaire concertation locale avec des élus, qui permettrait d’humaniser l’océan bureaucratique. À part le parent qui défend l’intérêt individuel de son enfant, qui défend l’intérêt collectif des élèves ? Qui assure la transparence, la reddition de comptes et la saine gouvernance publique des fameux nouveaux centres de services scolaires ? Qui prend la parole publiquement pour dire qu’une situation n’a aucun sens sans avoir les intérêts de ses membres à défendre ? Et si cette loi qui restructure notre réseau éducatif était une erreur ? Et si cette nouvelle gouvernance en éducation nous éloignait des familles, des élèves, plutôt que de nous en rapprocher ?

Cette pandémie aura fait ressortir les conséquences de la réforme en santé qui nous a malheureusement éloignés des patients, et plus particulièrement de nos personnes âgées dans leurs milieux de vie en CHSLD. Comme membres du MEMO, un organisme qui existe depuis 1987, nous sommes inquiets. Nous nous sommes mobilisés pour un partage équitable (pas égal) des ressources à travers les écoles, nous avons défendu l’importance de la concertation locale comme pilier du changement et de l’amélioration des façons de faire, nous avons maintenu des liens étroits dans nos communautés sachant que l’école seule ne peut pas répondre à tous les besoins des élèves. Nous avons le sentiment que, pour sortir de cette crise, il faut une meilleure cohésion sociale. C’est pourquoi, afin de préserver notre système d’éducation en ces temps de crise, nous réitérons le besoin de faire le point collectivement.

8 commentaires
  • Cyril Dionne - Abonné 18 septembre 2020 07 h 41

    Vous êtes qui vous?

    On a toujours un problème avec une lettre non signée. Vous êtes qui vous? C'est qui les membres? En fait, une lettre de ce genre, c’est juste une coche au-dessus de trolls qui hantent les réseaux sociaux.

    Ceci dit, il n’y a rien de moderne et ouvert lorsqu’on se cache. Il faut le dire, la présidente du Mouvement pour une école moderne et ouverte est Catherine Harel-Bourdon l’ex-présidente de la CSDM qui n’a pas encore digéré la loi 40 qui mettait fin aux commissions scolaires et à son emploi dernièrement. Il ne faut pas être gêné d’affirmer que la disparition nécessaire des commissions scolaires, qui ne recueillaient même pas 5% de participation aux élections scolaires, que celles-ci étaient encore viable. En fait, ces commissions scolaires n’étaient qu’une couche bureaucratique de plus avec qui les parents devaient se battre pour l’éducation de leurs enfants.

    Enfin, si les gens de l’ex commission scolaire de Montréal étaient si préoccupés de l’intégration des technologies, de la mixité sociale et de l’égalité des chances, ils auraient tout fait pour essayer de garder le 50% des enseignants de leur commission scolaire qui planifiaient de la quitter d’ici 5 ans. La CSDM n’a pas rassemblé personne et n’a certainement pas revue ses pratiques dépassées pour une école du 21e siècle. En fait, elle faisait partie du problème.

    Il faut le redire, ceux qui ont le vrai pouvoir dans les écoles et en éducation, ce sont les parents. Les commissions scolaires qui dataient de l’époque de lord Durham et du 19e siècle ne faisaient absolument rien pour préserver la qualité du système d’éducation. Qu'auraient-elles fait de mieux en temps de crise? Les commissaires des anciennes commissions scolaires manquent plutôt leur salaire et les bénéfices marginaux qui venaient avec. C’est fini l’époque où les commissaires participaient à des colloques de formation de toutes sortes comme un certain qui avait pour but d'amener les cadres à « faire sortir le clown » en eux. Misère.

    • Christian Roy - Abonné 18 septembre 2020 12 h 02

      Cher M. Dionne,

      Vous êtes direct dans ce commentaire: "C’est fini l’époque où les commissaires participaient à des colloques de formation de toutes sortes comme un certain qui avait pour but d'amener les cadres à « faire sortir le clown » en eux."

      Convenez avec moi que cette formation fut fort utile pour préparer les cadres à ce qui allait leur arriver à partir du mois de mars dernier... ils ont dû, aux yeux de tous, faire les clowns sur le terrain alors que les hautes instances ministérielles émettaient des demandes et consignes contradictoires et sans cesse révisées. Et qui dit que cela n'arrivera pas de nouveau.

      Admettons que les commissions scolaires d’alors n’ont pas manquées de flair.

      Pour paraphraser M. Rioux dans sa chronique d’aujourd’hui : Drôle de gouvernement qui n’hésite pas à passer le bulldozer dans des habitudes et des traditions culturelles plusieurs fois centenaires – lesquelles, dans ce cas-ci, remontent comme vous le dites à Lord Durham. "Les commissions scolaires qui dataient de l’époque de lord Durham et du 19e siècle, écrivez-vous, ne faisaient absolument rien pour préserver la qualité du système d’éducation." Le mot "absolument" est suprêmement léger... il va sans dire.

      Drôle de posture que celle d'accepter de payer des taxes sans être représenté par qui que ce soit.

    • Cyril Dionne - Abonné 18 septembre 2020 12 h 29

      Cher M. « King »,

      « Drôle de posture que celle d'accepter de payer des taxes sans être représenté par qui que ce soit. »

      Depuis quand êtes-vous représentés même si vous payez taxes, impôts et cotisations de toutes sortes? Regardez à Ottawa, on emprunte de l’argent sans vous le demander pour payer des charités comme WE Charity et les frères Kielburger qui sont aujourd’hui des millionnaires de l’immobilier?

      Eh oui, on est tous persuadé que le 95% et plus qui ne votaient pas aux élections scolaires doivent s’en mordre les doigts aujourd’hui. Enfin, est-ce qu’ils savent qu’il y avait des commissions scolaires avec des commissaires dans un passé pas si lointain?

    • Pierre Grandchamp - Abonné 19 septembre 2020 16 h 55

      M. Roy,

      La CAQ, sans faire de débats publics adéquats, a fait disparaître des commissaires élus. Cela a été dit et redit: il était très facile d'améliorer la participation aux élections.

      L'indépendantiste, que je suis, applaudit au jugement de la Cour redonnant la gestion de leurs écoles aux Anglo Québécois et des élections.

      Chez les Francophones, la CAQ a remis la gestion des écoles entre les mains des fonctionnaires COMME EN SANTÉ! Actuelement, si vous voulez savoir ce qui se passe dans les écoles, appelez le/la DG, soit un employé, seule personne autorisée à aler sur la place publique.

      Je suis absolument en désaccord à ce que des employés du Centre de services scolaire siègent sur le conseil d’administration du dit Centre. Auquel cas, il faudrait faire disparaître les élections municipales, s’assurer que seulement le /la DG puisse aller sur la place publique et voir à ce que des représentants des cols blancs, des cols bleus et autres employés siègent à la municipalité, à la place des édiles, élus par la population.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 19 septembre 2020 18 h 08

      M. Roy écrit:"Drôle de posture que celle d'accepter de payer des taxes sans être représenté par qui que ce soit."

      Absolument d'accord! Je préfère quelqu'un qui a l'audace de mettre son nom sur la place publique, pendant une période de mise en nomination, et accepte le défi d'avoir de l'opposition et de se soumettre à une élection. Pas quelqu'un qui va être nommé par une poignée de parents quand arrive les élections au Conseil d'établissement. Ceux qui sont au courant savent que très peu de parents se présentent à cette réunion.

      Oui, il était possible d'améliorer le taux de votation. Notamment en plaçant les élections scolaires en même temps que les municipales ou les provinciales.

      La CAQ a remis la gestion de nos écoles dans les mains des fonctionnaires. Comme en santé! Essayez de savoir ce qui se passe, dans votre région, dans les écoles. Avec un Conseil de commissaires élus, il y avait un président élu par la population. Cette personne n’était pas un employé. Comme le maire de ma municipalité. Il y avait un commissaire par secteur, comme un conseiller municipal de quartier. Dans la situation actuelle, dans chaque région, nous aurions été en mesure de connaître ce qui se passe dans nos écoles; par des gens élus par la population. Pas par des employés!

  • Daphnee Geoffrion - Abonnée 18 septembre 2020 14 h 20

    Les employés des commissions scolaires ont manquées de rigueur et de professionnalisme en plus de leur dépense extravagante sur le dos des contribuables.
    Merci au Journal de Montréal qui à fait une très bonne job avec des démonstrations régulières.
    Alors évidemment que tout ces gens veulent retrouver leur camp de jour, travailler c'est pas facile.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 19 septembre 2020 17 h 20

      "Les employés des commissions scolaires ont manquées de rigueur et de professionnalisme". Franchement! "Des employés", peut-être?

      C'est comme si je disais:"Les parents ne s'occupent pas de leurs enfants." Certains parents, oui!


      Quant aux dépenses extravagantes, vous vous rappelez de la Commission Charbonneau en lien avec les municipalités? Les villes de Montréal, Laval, Terrebonne, Mascouche...notamment. Le Journal de Montréal a , surtout, fait des reportages SUR DES MUNICIPALITÉS!!

      De plus, il est prouvé que les frais d'administration sont plus élevés au municipal qu'au scolaire.J'ai fait carrière en éducation, au Québec, et j'ai un expérience en affaires municipales.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 19 septembre 2020 19 h 12

      En complément à Mme Geoffrion.

      Des élus municipaux ont été poursuivis en justice. De mémoire, je n'ai jamais vu cela avec les commissions scolaires, on me corrigera, s'il y a lieu. Actuellement, il y a une commission scolaire en tutelle. Or, la tutelle, au niveau municipal, cela fait partie de la routine.

      "Les enveloppes brunes", c'est de beaucoup plus possible au municipal qu'au scolaire.Re:notamment contrats de voirie, règlements de zonage, notamment. Mais, suite aux révélations de la Commission Charbonneau, ce serait plus difficile.

      Je ne dis pas qu'il n'y a pas eu de "manques de rigueur" au scolaire. Au contraire! Mais c'est de la petite bière, à cöté de ce qui s'est passé au municipal, et de très loin.