Le français, langue de prestige

L’historien et candidat à la chefferie du Parti québécois (PQ) Frédéric Bastien est catégorique : s’il est élu chef du PQ, il est hors de question qu’il participe à un débat des chefs en anglais, a-t-il dit, arguant que se plier à un tel exercice « dédouane » les anglophones et les allophones d’avoir à apprendre le français « parce qu’il y a un débat en anglais de toute façon ».

Dans l’éventualité où le PQ prendrait le pouvoir, un gouvernement dirigé par Frédéric Bastien étendrait la portée de la loi 101 aux entreprises qui comptent entre 25 et 50 employés, l’actuelle Charte de la langue française assujettissant les entreprises qui emploient plus de 50 travailleurs.

Toujours dans ses propositions relatives à la loi 101, le candidat Bastien interdirait l’accès aux cégeps anglophones à ceux qui ont fait leurs études précédentes dans la langue de Shakespeare, anglophones comme francophones. Ces établissements seraient fermés, entre autres, aux anglophones et aux francophones qui ont suivi une partie de leur parcours scolaire en anglais ou, encore, en français à l’extérieur du Québec. De plus, en lien avec ce dernier engagement, il souhaite accorder plus de ressources financières aux commissions scolaires anglophones pour financer des programmes d’immersion française. Enfin, l’historien propose par ailleurs d’imposer un moratoire sur tout nouveau programme offert en anglais dans les universités francophones québécoises.

Au dire de Frédéric Bastien, « il faut une attraction, un prestige, un besoin de parler français. Si le français n’est pas une langue de prestige, les gens ne l’apprendront pas ». Je ne peux que souscrire entièrement aux arguments du candidat Bastien, le laxisme des précédents gouvernements eu égard à l’application de la loi 101 ayant conduit à des dérives inacceptables, notamment à l’anglicisation progressive de l’île de Montréal.


 
16 commentaires
  • Léonce Naud - Abonné 13 août 2020 06 h 14

    Langues et rapports de force

    Aussi longtemps que l’Assemblée Nationale ne disposera pas d’une armée, d’une marine et d’une aviation, la langue française ne restera qu’un reliquat poussiéreux d'une époque révolue en Amérique. L'expansion des langues procède de la force des tribus ou des nations dont elles sont le moyen d'expression et leur délitement résulte de leur faiblesse.

  • Yvon Montoya - Inscrit 13 août 2020 06 h 25

    Espérons alors que ce monsieur ne soit jamais élu parce qu’il changerait le Quebec en Hongrie/Pologne vite fait bien fait. Et pfuitt la liberté d'être et de penser. Quel perspective atroce. Toutes les langues du monde sont prestigieuses, toutes. Pour le reste laissons l’os nationalistes se faire sucer mais la soupe ne sera toujours pas meilleure.

    • Bernard Dupuis - Abonné 13 août 2020 10 h 36

      Dire que toutes les langues du monde sont prestigieuses est faux. Le Canada en est la preuve la plus frappante. Le français subit une discrimination « systémique » un peu partout au Canada. Dans la LNH, à Toronto, même dans plusieurs arrondissements de Montréal, toutes les raisons sont bonnes pour boycotter le français. Chez les artistes canadiens, même francophones, le français est pratiquement considéré comme une langue sans envergure et sans prestige.

      J’ai hâte que la prochaine génération redonne au français le respect qui lui était dû il n’y a pas si longtemps. Finalement, évitez-nous le genre de propos scatologiques dont vous vous faites maintenant une spécialité. Tenez-vous en plutôt aux faits que vous aurez pris le temps de vérifier.

    • Marc Therrien - Abonné 13 août 2020 12 h 29

      « Si le français n’est pas une langue de prestige, les gens ne l’apprendront pas ». On se demande bien pourquoi il n'aurait pas atteint ce statut prestigieux après 400 ans d'existence en terre anglophone et pourquoi c'est par la répression plutôt que par la promotion active qu'on pourrait espérer qu'il l'acquiert.

      Marc Therrien

    • Nadia Alexan - Abonnée 13 août 2020 23 h 38

      Le fait que les immigrants viennent ici et refusent d'apprendre la langue de la majorité constitue un mépris total pour la société d'accueil.
      Plus important encore, selon Wickipédia, «l'influence du français sur l'anglais s'est exercée non seulement sur la syntaxe et la grammaire, mais aussi sur le lexique, l'orthographe et la prononciation. Après la conquête normande de l'Angleterre, en 1066, et la mise en place d'une administration francophone, le français est devenu la langue de la cour, de l'administration et des élites. L'anglais n’a cessé d’être nourri du français depuis cette époque. Les mots d'origine française représentent plus des deux tiers du vocabulaire anglais!»

  • Francois Ricard - Abonné 13 août 2020 07 h 04

    La souveraineté, c'est une guerre faite de nombreux combats.Qu'il faut gagner.

    .Devant l’état de déliquescence de la nation québécoise, il est plus que temps que ceux qui aiment le Québec français choississent résolument de se donner un parti et un chef qui veulent déjà et maintenant tout mettre en oeuvre pour conquérir la souveraineté économique, politique, culturelle et sociale qui nous est indispensable. Un parti et un chef qui oseront mettre en branle ce train de la souveraineté.Par des actions bien concrètes : en nous dotant d’une citoyenneté québécoise ; en étendant la loi 101 à toutes les entreprises, grandes et petites ;en étendant la loi 21 à tous les fonctionnaires et tous les enseignants ; en nous donnant une constitution républicaine.
    Des quatre candidats, M. Bastien semble celui qui correspond le mieux à cette vision politique.

  • Gilles Théberge - Abonné 13 août 2020 08 h 49

    Tout à fait d'accord avec cette option. D'autant que le gouvernement actuel ne cesse de tergiverser sur la question de la langue. Il faut que ce soit impérieux de savoir parler fançais au Québec, et il faut que ce soit compris par tous les habitants.

    Le bilinguisme qui nous est présenté comme un plus sur le plan individuel, est en réalité un moins sur le plan collectif, étant donné la prépondérance du nombre en Amérique du Nord.

  • Michel Dumont - Inscrit 13 août 2020 10 h 00

    Tout à fait normal.

    Je commence à croire que M Bastien aura une chance de finir chef du PQ.
    Qu'avons-nous à perdre à nous affirmer comme une nation francophone? Il y a sûrement encore 90% des québécois pouvant s'exprimer en français et Montréal, malgré que l'anglais et les autres langues y prennent beaucoup de place, demeure la 2e ville francophone au monde!
    Laissons les gens parler la langue de leur choix entre eux mais arrêtons d'investir dans les institutions anglophones. Et ne tolérons plus de nous faire acceuillir en anglais dans les commerces montréalais et lavallois. C'est rendu que les jeunes nouveaux arrivants travaillant dans les commerces trouvent tout à fait normal d'acceuillir la clientèle en anglais car ça fonctionne et c'est bien plus facile..