Le Québec et les tarifs américains sur l’aluminium

Le gouvernement du Québec demande au gouvernement fédéral d'exercer des représailles à la suite de l’imposition de la part du gouvernement américain d’un tarif de 10 % sur l’aluminium canadien.

Tout en étant d’accord avec cette demande, je pense que le gouvernement québécois devrait prendre une position plus ferme dans ce dossier.

Voici les pistes d’intervention que je propose.

Le gouvernement du Québec dispose d’un levier important sur le marché des vins et des spiritueux avec la Société des alcools du Québec. Le gouvernement du Québec devrait demander à la SAQ de remplacer les produits américains par des produits québécois dans les magasins de la SAQ.

Cette mesure serait favorable aux entreprises québécoises dans ce secteur et aurait peu d’impact sur les prix pour les consommateurs québécois, qui approuveraient sans doute cette mesure favorable à l’achat local.

Comme le Québec exporte 72 % de l’aluminium canadien sur le marché américain, que l’économie et les travailleurs québécois, et plus particulièrement ceux de la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean, seront touchés davantage, le gouvernement québécois devrait exiger de participer aux décisions du gouvernement fédéral qui détermineront les produits américains qui feront l’objet de nouveaux tarifs.

Le gouvernement du Québec serait alors en mesure de mieux cibler les entreprises du Québec qui seraient susceptibles d’en profiter avec un effet minimum sur les prix au consommateur. Le gouvernement du Québec devrait également exiger que 72 % des revenus du gouvernement fédéral provenant de ces augmentatifs des tarifs douaniers lui soient transférés pour aider plus particulièrement les entreprises et les travailleurs du secteur de l’aluminium qui auront à subir les impacts négatifs des tarifs américains.


 
7 commentaires
  • Francois Ricard - Abonné 8 août 2020 06 h 31

    Pourquoi ne pas utiliser l'OTAN?

    Pourquoi le Canada, tout simplement, ne cesse-t-il sa contribution à l'OTAN?
    Cette contribution se chiffre , depuis quelques années, à 1,5% de son PIB. Selon le traité, elle est de 2% de son PIB.
    Le PIB du Canada en 2018 fut de près de 1 800 milliards de dollars.1,5% de cette somme couvrirait plusieurs fois les pertes encourues et,en plus, causerait un tort considérable à l'image de Trump. Il ne faut pas oublier que d'autres pays, dont la France, remettre en question leur participation à cette alliance.

  • André Leclerc - Abonné 8 août 2020 07 h 50

    Quelle sera la prochaine étape pour Trump? Acier? Automobile?...

    M. Bergeron,
    Je ne suis pas certain qu’une approche parallèle de la part du Québec soit souhaitable dans ce dossier qui risque bien d’être le premier d’une série d’ici le 3 novembre. Les droits de 10% étaient prévus depuis la fin juin et même les mesures de la part d’Ottawa en réponse à ce premier écart à l’ACEUM n’auront que peu d’effet sur un candidat mafieux traînant dans les sondages. C’est un coup politique qui reprend les promesses de 2016 faites par Trump aux états du Midwest de permettre la remise en opération des vieilles aciéries, des vielles alumineries et, cela allait de soi, certaines unités des vielles centrales au charbon. Au net, les États-Unis ont probablement gagné mille emplois avec la réouverture de ces dinosaures mais perdu des milliers d’autres dû aux coûts additionnels à la transformation. Mais les faits n’ont pas beaucoup d’importance pour Trump.
    Ce qui choque dans le dossier, c’est aussi la position partisane de Sylvain Maltais qui jette la responsabilité de la situation sur les alumineries canadiennes. A-t-il fait le calcul des augmentations ponctuelles exportées aux États-Unis, à leur demande d’ailleurs, pour s’aligner sur la position Trump à l’effet que le Canada a « inondé » le marché américain? Faut-il aussi lui rappeler que l’un des principaux propriétaires des alumineries canadiennes (ALCOA) est justement américain? Et surtout, les droits de douane imposés par Washington au Canada ne règlent en rien le problème de fond sur lequel tous les producteurs d’aluminium primaire et les transformateurs dans le monde s’accordent : le surplus de capacité créé par la Chine principalement. Ce qui rend évidente la source du mal : Trump n’a que faire de trouver une solution à ce problème ou à moderniser l'industrie américaine. Son seul souci est de reprendre l’avance dans les états du Midwest tout en taisant l’occasion ainsi offerte au Mexique de vendre aux américains de l’aluminium refondu (possiblement chinois).

  • Sylvio Le Blanc - Abonné 8 août 2020 10 h 22

    Que voilà une excellente lettre

    Espérons que François Legault la lira.

    Les Québécois devraient, dès aujourd'hui, acheter le moins possible « amaricain ».

  • Hermel Cyr - Abonné 9 août 2020 08 h 54

    Le Québec encore floué par le Canada !

    La question qui se pose : pour qui et par qui ce traité de libre-échange a-t-il été négocié ? En termes clairs. Pour quels intérêts ?

    Si le traité de « libre-échange » avec les États-Unis ne fait qu’attaquer les produits québécois (fromages, produits laitiers, agricoles, aluminium, etc.) alors pour qui a-t-il été négocié ? Pour les États-Unis ? Pour le Canada « sauf le Québec » ? Trump se vante que le nouvel accord de libre-échange nord-américain a fait « reculer le gouvernement canadien sur les produits laitiers ». Qui étaient les représentants du Québec lors de ces négociations ? Qu’ont-ils fait et quel poids avaient-ils lors de ces négociations ?

    Il est très clair maintenant que les négociateurs canadiens ont lâché « uniquement » sur les produits québécois et que cet accord est un leurre pour nous. Alors, si ce traité ne nous est pas avantageux, pourquoi le soutenons-nous ? L’économie est affaire d’intérêt … comme la politique d’ailleurs. Si le traité de libre-échange ne répond pas à notre intérêt, violons-le ! Et copieusement ! Boycottons les produits canadiens hors Québec et américains.

  • Claude Gélinas - Abonné 9 août 2020 09 h 23

    Ne pas se laisser abattre par une soumission moite. Mais comment ?

    En imposant Imposer des tarifs commerciaux là où cela fait mal ! C'est à dire sur les produits provenant des États favorables à la réélection de ce Président voyou semeur de déstabilisation et de chaos. Car, si le Canada ne rend pas la monnaie de la pièce, à l'approche de l'élection Trump n'hésitera pas à récidiver.

    Avec son vocabulaire limité à 77 morts, plus proche de la débilité que de l'anglais, incapable d'exprimer subtilité ou nuance, il faut l'entendre en revêtant le costume qui lui sied bien de grand intimidateur, se plaindre du Canada qui aurait profité des États-Unis.