#JeM’excuse

Incroyable le nombre de fois où l’agresseur s’est excusé auprès de sa victime à la suite de la vague de dénonciations pour harcèlement et agression sexuelle qui sévit au Québec depuis quelque temps. À tel point qu’on pourrait qualifier ce mouvement de #JeM’excuse.

À cet effet, un vieil adage dit que « faute avouée est à moitié pardonnée ». Dans les cas qui nous concernent, je suis prêt à parier que les excuses de leurs agresseurs n’ont pas contribué à obtenir l’absolution de leurs victimes de facto. Messieurs, si votre comportement envers les femmes était digne du respect auquel elles ont droit, vous ne seriez pas tenus de vous plier à de « plates » excuses qui risquent de couler comme de l’eau sur le dos d’un canard. Les excuses sont toujours la conséquence d’une attitude ou d’un geste réprobateur qui ont l’effet d’un cataplasme sur la blessure infligée à la victime… Elles ne guérissent pas, elles ne font que procurer un semblant de libération à l’agresseur. La morale de cette histoire : pensez aux conséquences de vos gestes « avant » d’agir, messieurs. De cette façon, vos excuses seront inutiles… et la dignité des femmes ne s’en portera que mieux !


 
4 commentaires
  • Daphnee Geoffrion - Abonnée 6 août 2020 07 h 46

    Ils regrettent surtout d'avoir perdu leur carrière...

  • Stéphanie Leduc - Abonnée 6 août 2020 08 h 44

    L'excuse reçue n'est pas inutile

    Monsieur Marineau,
    Vous avez tout à fait raison en disant qu'il faut réfléchir avant d'agir. Toutefois là où je ne suis pas d'accord avec vous c'est lorsque vous dites que les excuses ne sont pas utiles. L'une des plus grandes utilités de l'excuse est la validation des comportements répréhensibles. Lorsque l'auteur de comportements violents ou abusifs s'excuse, il valide les causes qui ont provoqué l'inconfort et la souffrance de la victime. L'une des raisons qui retarde le dévoilement des agressions subies est la peur de ne pas être crue. L'excuse vient confirmer à la victime qu'elle avait raison de se libérer de ce secret.

    • Hélène Carle - Abonné 6 août 2020 20 h 08

      Merci pour ce commentaire qui traduit parfaitement mon opinion et ma compréhension des choses. Il se peut que les excuses des agresseurs ne soient que tentatives tordues pour réchapper leur carrière et leur image, mais pour grand nombre de victimes, le fait que l'agresseur reconnaisse ses gestes est d'une importance capitale et en cela, excuses bidon ou excuses senties ont le même impact. Surtout dans le cas de dénonciations/admissions qui se passent sur la place publique où reconnaissance de la "faute" et "punition" vont de pair.

  • Loraine King - Abonnée 6 août 2020 16 h 33

    Une victime

    Une victime n'a pas à pardonner ou absoudre quiconque. Les excuses ne guérissent jamais l'agresseur, et les victimes ne guériront pas de certaines blessures. Quand le cerveau se concentre pour évacuer un évènement traumatisant, il apprend à fermer les yeux sur des situations qui devraient ouvrir les yeux, ce qui fait d'une personne une victime pour la vie. J'ai été victimeil y a 45 ans d'une agression sexuelle armée causant des sévices corporels. Personne n'a douté du fait, j'ai subi une fracture à la mâchoire, mais à ma sortie de l'hôpital, au poste de police, je n'ai pu identifier un agresseur. Le cerveau veut vraiment oublier mais le mien voulait surtout que le mal cesse, que l'agresseur soit arrêté et puni afin qu'il ne fasse mal à personne d'autre. J'ai longtemps craint que cet étranger saurait qui je suis et me retrouverait.

    Je remercie ces mouvements #truc de m'avoir donné le vocabulaire pour dire des choses difficiles sans avor peur de donner des cauchemars au monde.