Trudeau doit faire comme Bush

Le déficit du Canada atteindra 343 milliards de dollars d’ici la fin de l’année. Un rapport de l’OCDE nous apprend au même moment que le taux d’imposition des multinationales s’est érodé depuis 20 ans, passant de 28 % en 2000 à 20,6 % cette année. Il y a quelque chose de pourri au royaume de Danemark. En 2005, le président états-unien d’alors, George W. Bush, se vantait d’avoir convaincu les plus grandes entreprises de son pays de rapatrier 400 milliards de dollars mis à l’abri du fisc. Si le premier ministre Justin Trudeau refuse de hausser le taux d’imposition des entreprises et de lutter efficacement contre l’évasion fiscale, pourrait-il au moins faire comme Bush et essayer de convaincre, en versant une larme s’il le faut, nos plus grandes entreprises d’aider à la relance de l’économie en rapatriant au pays leurs millions placés dans les paradis fiscaux ?

5 commentaires
  • Jean-François Trottier - Abonné 11 juillet 2020 08 h 05

    Pas mauvais du tout...

    On pourait aussi étager les dépenses de publicité, qui sont pour le moment réduites totalement du calcul du revenu.

    De totale pour un organisme dont les profits sont moindre que ___ (je ne sais pas combien)
    À zéro pour un organisme dont le profit dépasse ___ (idem).

    On peut aussi tenir compte du montant global de publicité, qui est souvent, doit-on encore le dire, une boursouflure de beaux sentiments sans aucun rapport avec le produit. Voyez McDo, Coke, les "annonces de char"... Quand une compagnie ne vit que par la publicité, les promesses de plaisir infini, les familles si pleinement heureuses qu'elles vivent au ralenti, euh...

    Peut-être fera-t-on exception pour la partie de la publicité qui sert au parrainage? J'ai des doutes.
    Il faudra aussi prendre des moyens contre le morcellement des compagnies qui permet d'afficher des revenus moindres en découpant la chaîne.
    Si la division de publicité devient une compagnie qui sous-contracte la compagnie-mère, faudra pouvoir remonter à celle-ci et toutes les autres qui appartiennent à icelle. Bin quin.

    Les dons de charité devraient être revus aussi. Le seul organisme qui a le devoir de faire la charité en même temps que devoir de reddition de comptes est l'État. Je n'aime pas l'idée qu'un milliardaire puisse donner de l'argent comme il veut, forçant ainsi la main de l'État et la mienne par la même occasion.
    La liberté, cest donner à qui on veut. Pas forcer les autres à en faire autant. D'autre part, je ne veux priver personne de revenus et surtout pas les orgasnismes de charité. Alors, une déduction étagée selon le revenu ? Aucune idée.

    Et faudra se pencher sérieusement sur ces étrangetés qu'on appelle influenceurs et leurs "exemplaires" donnés.

    En retour, on devra reconnaitre la contribution des plus riches, par exemple en... rendant publiques toutes les déclarations d'impôt, sous une forme simplifiée pour ne pas violer la vie privée.

  • Louise-Julie Bertrand - Abonné 11 juillet 2020 12 h 30

    Fausse bonne idée

    C'est ca, on va demander aux multinationales de rapatrier leur argent pour qu'ils puissent racheter leurs dettes, octroyer de grosses dividentes à leurs actionnaires, de faramineux bonus à leurs gestionnaires et investir une bonne partie de leurs profits dans des produits financiers pourris qui rapportent beaucoup d'argent. Croyez-vous sincèrement que les financiers vont investir massivement dans l'économie réel? Êtes-vous honnêtement convaincu qu'ils vont rapatrier leur argent sans demander des baisses d'impôts en retour?

    Jean-Pierre Parent

    • Sylvio Le Blanc - Abonné 11 juillet 2020 19 h 25

      Si je vous suis bien, M. J.-P. Parent, il vaut mieux laisser les choses en état. Riche idée ! Vous me donnez l'impression d'avoir de l'oseille bien placée.

    • Sylvio Le Blanc - Abonné 12 juillet 2020 07 h 29

      ... en l'état.

  • Françoise Labelle - Abonnée 12 juillet 2020 07 h 11

    Un problème aggravé par la Covid

    Il faudra inévitablement une solution au problème de l'évasion fiscale. Le système de redistribution fiscale doit compenser pour les délocalisations qu’entraîne la mondialisation mais Trump a abaissé le taux d’imposition des entreprises.
    La FATCA (Foreign Account Tax Compliance Act) sous Obama a obligé 80,000 institutions bancaires à livrer leurs secrets. Le Canada restait coi.

    L'OCDE travaille sur une réforme de la fiscalité. Si réélu, Trump s'y opposera sans doute
    https://www.oecd.org/fr/ctp/beps/l-ocde-livre-une-analyse-qui-revele-que-les-reformes-proposees-de-la-fiscalite-internationale-auraient-un-impact-considerable.htm

    En ce qui concerne les GAFA qui pratiquent une forme d'évasion fiscale légale, le transfert de bénéfices leur permettant de toucher leurs gains dans des bureaux vides au Liechtenstein ou ailleurs, l'OCDE a confessé le peu de progrès à cause de l'intervention des pays qui protègent leurs multinationales, en particulier les USA où siègent les GAFA. Et Trudeau temporise en attendant l'OCDE.

    L'association Échec aux paradis fiscaux propose six mesures concrètes.
    http://www.echecparadisfiscaux.ca/solutions/revoir